Chapitre 32 : Note chaude dans l'air froid

Chapitre 32 : Note chaude dans l'air froid
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Chapitre 32 : Note chaude dans l'air froid



Depuis ce matin je n'arrête pas de réviser ma biologie. On devrait bientôt avoir un contrôle, avant les vacances de Noël. Alors j'étudie déjà. Je ne suis même pas descendu pour aller manger. Je commence enfin à bien comprendre le fonctionnement des synapses quand une personne toque à ma porte.
Je marmonne une autorisation de rentrer, pensant que c'est ma s½ur.

- Coucou Tom !!! S'exclame l'intrus.

Je me tourne vers le propriétaire de la voix et écarquille les yeux. Devant moi se trouve Bill, tout souriant, qui referme la porte derrière lui.

- Comment tu vas ? Me demande t'il en m'embrassant doucement, un magnifique sourire sur ses lèvres douces.
- Bien, je réponds en lui rendant son geste.

Il attrape la chaise qui traîne dans ma chambre et s'assoit à côté de moi, alors que je replonge dans mes cours sur les nerfs.
Il se penche un peu au dessus de mes cours pour mieux voir et me demande :

- Tu fais quoi ?
- Révise la bio.
- Déjà ? Elle a même pas encore donné les dates.
- J'aime pas m'y prendre à la dernière minute.
- Euh ... je te dérange là. Je savais pas. Je ...
- Non c'est bon
, dis je en relevant la tête.

Bill est en train de se mordre les lèvres et hésite à rester.

- T'es sûr ?
- Je voulais faire une pose de toute façon.


Je penche un peu ma tête sur le côté et sourit timidement. En fait ce n'est pas vrai mais maintenant que Bill est là j'ai envie de passer du temps avec lui.

- Ooooh !

Il se jette sur moi et m'embrasse de partout. Mais dans sa brusquerie, ma chaise qui est sur roulette part en arrière et il est obligé de mettre un genou sur l'assise pour ne pas tomber. Un peu plus et il est assis sur moi. Ses lèvres viennent caresser les miennes et y font pression. J'entrouvre la bouche pour approfondir notre baiser et je pose mes mains dans son dos pour le maintenir. Au dessus de moi, Bill bouge un peu, sûrement mal positionné. Son bassin frôle mes cuisses et j'ai peur que si il remonte un peu il découvre mon état. Je me décolle alors de lui, le souffle court et tout embarrassé.
Il me sourit tendrement tout en caressant ma joue du revers de sa main.

- Tu es si beau, murmure t'il avant de me ré-embrasser lentement.

Je crois que j'aime de plus en plus ses baisers. Doux, sucré et épicé. Une empreinte noire dans ses yeux brillant qui me donne envie d'être avec lui. Et puis il est gentil, calme et ne me brusque pas. J'ai parfois l'impression qu'il lit en moi. Il me comprend si bien et je crois que c'est pour ça que sa présence m'est agréable. D'ailleurs même mon corps n'est absolument pas contre.
Son visage va se nicher dans mon cou où il soupire de bien être. Il y dépose de légers baisers aériens qui me font frissonner. Puis il se relève complètement. Il a les cheveux ébouriffés et rougis. Je ne l'avais jamais vu ainsi mais je le trouve très attirant.
Son regard se balade dans ma chambre, cherchant apparemment quelque chose.

- Dis, je me demandais ... enfin tu sais, la mélodie que tu m'a donné y a quelques jours. Ben mon père qui sait jouer un peu de la guitare ... on a essayé ensemble. Lui à la gratte et moi au chant et ... j'aimerais beaucoup. Mais t'es pas obligé ! Enfin si t'es d'accord ... qu'on la joue ensemble.

Il se tord les doigts et me fixe, attendant ma réponse. C'est la première fois qu'une personne me demande de jouer avec elle. Même pas pour elle mais avec. Je suis assez surpris, j'avoue.

- C'est que je ... n'ai jamais joué mes compositions devant un autre que Klaus
, je lui explique. Mais ... je veux bien voir.
- C'est vrai !?
- Oui.
- Merci Tom, merci, merci.
- Euh par contre ... je veux pas ici. Je suis ... pas à l'aise.
- Où tu veux. Moi tant que je peux chanter et que tu joues en même temps je me fous de l'endroit.


Je me lève, attrape ma guitare et sort de ma chambre. Bill est sur mes talons et je sens toute sa gaieté. Nous sortons sous les yeux brillants et le sourire de ma mère.
Quelques minutes plus tard, nous arrivons enfin à mon parc. Bill attrape ma main et se penche à mon oreille.

- Je savais que tu irais là, me souffle t'il.

Là, je pose ma guitare contre le portique de la balançoire et me dirige vers ma perfection. Comme à chaque fois, Bill me laisse seul.

- Coucou toi, je murmure à ma confidente. Tu n'as pas trop froid ? Tu sais, il va se passer quelque chose de spécial aujourd'hui. Faudra bien écouter. D'accord ? Et puis Bill il est là mais c'est normal. On est ensemble maintenant et tu sais, ne t'inquiète pas, il est très gentil avec moi.

Une douce brise vient souffler parmi les branches d'arbres. Je relève un peu la tête pour observer le mouvement des feuilles.

- Oui, toi aussi. ... J'espère être à la hauteur de tes espérances. ... Merci.

Je me retourne vers Bill et lui sourit. J'attrape mon instrument de musique et m'assois sur un énorme rocher, en face de la balançoire. D'ailleurs Bill est assis sur cette dernière. Je commence à accorder la guitare. Je tremble et j'ai beaucoup de mal. Lorsque c'est enfin correct, d'un coup d'½il le départ est donné. Je prends une grande inspiration et laisse mes doigts aller d'eux-mêmes. Mais ils tremblent encore et les fausses notes n'arrêtent pas de résonner. Je m'énerve et c'est pire. Mes yeux se ferment tout seul, j'essaye de faire le vide en moi. Je suis tellement anxieux que je fais n'importe quoi.
Soudain je sens deux mains se poser sur mon ventre et un torse se coller à mon dos.

- C'est rien Tom, chuchote Bill. Ça va aller. Calme toi. C'est rien. D'accord. Ce n'est pas grave.

Sa présence autour de moi me rassure et je sens mon corps se détendre. Je prends légèrement appui sur lui et calme ma respiration. Puis mes doigts reprennent leur lente course sur les cordes et semblent d'un seul coup trouver leurs places exactes. Je joue et c'est juste. Mais ce n'est pas pour ça que Bill s'en va. Il reste dans la même position et je sens ses poumons se gonfler. Sa voix sort, douce, enivrante, belle et magique. Les paroles glissent dans l'air sur des nuages de coton. A chaque mot qu'il prononce je tremble mais ne joue jamais faux. Ses mains caressent par moments mon ventre et je frissonne. Un parfum épicé mélangé à celui de ma fleur m'entoure. Illusion de paradis, mon ange rit. Saveur douce et piquante sur la langue, comme un bonbon que l'on déguste en étant enfant, je me noie dans des sens que je n'imaginais même pas. Une larme de bonheur coule en silence sur ma joue alors que nous entamons le refrain. Douce mélodie, voix enchanteresse, on s'accorde parfaitement. Lentement j'ouvre les yeux et le plus beau des spectacles s'offre à moi. Le vent souffle allègrement, faisant bouger avec grâce les branches et les dernières feuilles présentes. Les herbes hautes ondulent dans un bruissement divin et parmi elles, ma perfection danse en rythme. Lenteur et saveur, douceur et bonheur, tout ce mêle et s'emmêle. Une danse, une valse qui s'agence avec volupté à notre mélodie. Et puis ce fond noir qui s'ajoute, rendant le tout encore plus beau. Une teinte parfaite, ébène avec des petits points de couleurs à certains endroits. Ces derniers se multiplient au rythme des notes qui s'écoulent de mes doigts. Et petit à petit il forme des taches sur la toile gigantesque du monde au fond noir. Des taches comme dans les ½uvres de Monet ou Manet, un impressionnisme parfait se fondant avec le reste. Il y en a peu et ça me fait bizarre de les voir pour la première fois mais je les trouve magnifiques. Je voudrais tant pouvoir les toucher, juste les frôler pour connaître leur texture.
Une note plus grave, une caresse fluide et tremblante, ses mains descendent plus bas et se séparent pour venir se poser sur mes cuisses. Il se rapproche de moi et son souffle vient caresser la peau de mon cou. Air chaud dans l'air froid, note chaude dans le vent glacial, corps chauds sur la pierre froide, les dernières notes résonnent et s'évanouissent.

Je suis comme en transe. Mon c½ur bat la chamade et je sens la sueur couler sur ma peau. Mes mains tremblent tellement que je me demande comment j'ai pu jouer aussi bien. L'air que j'expire par saccade devient gouttelette microscopique. Lentement je pose la guitare à mes pieds. Derrière moi Bill semble dans le même état. Je sens son corps parcouru de soubresauts et ses bras enlacent ma taille pour me serrer contre lui. Je me laisse aller à son étreinte, ne désirant que ça en cet instant. Nos corps se réchauffent, se transmettent la chaleur dans une étreinte sentimentale. Je m'accroche à ses bras croisés devant moi et me tourne un peu vers lui. Il a les yeux fermés et la bouche entrouverte. Un faible sourire se dessine sur ses lèvres qui me semblent si tentantes d'un coup. Je me rapproche un peu plus, m'appuyant totalement contre lui, dans une confiance absolue et lèche du bout de la langue ses lèvres.

- Tu chantes magnifiquement bien, je murmure.

Ses yeux s'ouvrent en grands et il me fixe, presque comme paniqué. Je lui sourit mais il se retire de contre moi, un affolement lisible dans ses iris. Malheureusement je bascule dans le vide et n'ai pas le temps de me rattraper. Alors que je pense toucher le sol dur et me cogner violemment, deux mains me rattrapent in extremis et me redresse sur le rocher. Là, je me stabilise en position assise.

- Pardon, oh pardon. Je suis désolé Tom. Je sais pas ce qui m'a prit. Désolé, vraiment. Et en plus tu as failli te faire mal à cause de moi. Ça va tu n'as rien ?


Il est face à moi, tenant mon visage entre ses mains. Mais moi je suis perdu. Je ne comprends pas ce qui vient de se passer. Pourquoi a-t-il réagit ainsi quand je lui ai parlé ?
J'hoche simplement de la tête. Bill va s'asseoir sur la balançoire à quelques mètres de moi. Il fixe le sol et semble perdu dans ses pensées. Je cherche une réponse à ma question et le destinataire de cette chanson s'impose en moi. Ces paroles destinées à un être cher et perdu. Ces mots écrits pour lui et donc cette mélodie écrite pour lui. Son frère qu'il essaye de retrouver doit hanter ses pensées. Peut-être pensait il à lui en chantant et lorsqu'il m'a vu, il a comprit que je n'étais pas lui.

- C'est ton frère ? Je demande faiblement.

Il relève la tête et fronce les sourcils.

- Comment ça ?
- Cette chanson, elle est pour ton frère non ?
- Si.
- Tu pensais à lui là hein ?
- ... Un peu.
- Je ... est-ce que tu l'as retrouvé ?
- Pas encore. Je suis en train mais ce n'est pas facile.


Tout en disant cela, son visage commence à rayonner de cet air heureux que je vois si souvent quand il me regarde. Mais des doutes naissent en moi. Doutes de perte et de vide.

- Et ... quand tu le retrouveras ... tu partiras. Tu n'auras plus de raisons de rester ici, vu que c'est pour ça que tu es venu.


Je baisse la tête pour qu'il ne voie pas les larmes qui menacent de couler.
Deux doigts posés sur mon menton me force à relever le regarder.

- Si, toi. Il y a toi. Je t'ai trouvé, je te garde. Tom je ne veux pas te quitter et je ne le ferais jamais. Je tiens trop à toi pour te laisser. Tu comptes tellement pour moi. Tu as une place énorme dans mon c½ur, la plus grosse. Et si c'est toi qui pars je te suivrais. Je t'aime Tom. Je t'aime tant.

J'éclate en sanglots ne sachant pas quoi répondre. Je me sens si nul de n'être que moi. J'aimerais être cet être qu'il idéalise mais c'est impossible. J'essaye, vraiment, mais ça ne vient pas. Comment fait on pour aimer une personne ? Je n'y arrive pas.
Il me prend dans ses bras et me console en me berçant.

LA SUITE

Le froid finit par me rattraper. Je tremble dans ses bras le moins possible, ne voulant pas quitter le cocon qu'il crée lorsqu'il m'enlace. Mais c'est peine perdue, il l'a remarqué. Ses mains tentent de me réchauffer en me frottant les bras et le dos mais c'est encore pire. A chaque caresse un peu plus appuyée je sens mes cicatrices ressortirent et j'ai peur qu'il les sens, remarque ce que je cache. Alors je me recule, ravale mes sanglots et sourit. Un faux sourire dans mon c½ur mais qui j'espère sonne vrai. Il va croire que je le repousse, rejette une fois de plus alors que ce n'est pas le cas. Seulement cela ne marche pas. Bill se rapproche et secoue la tête. Pourquoi ça ? Est il déçu ... encore ? L'ais-je une fois de plus blessé ? J'ai envie de fuir car je ne comprends pas son comportement et j'ai peur qu'il m'en veuille. Mes jambes refusent de m'obéir et je ferme les yeux si forts que j'en vois des points noirs.
Une main chaude attrape la mienne et enlace ses doigts aux miens, tandis qu'un souffle me demande de le suivre. Je rouvre les yeux, surpris et croise un regard rempli d'amour. Il n'y a aucune colère, pas de méchanceté, pas de rancune. Je suis un monstre avec lui et lui est un ange avec moi. Je voudrais tant lui rendre la pareille. Je ne sais pas trop ce qui me prend à ce moment là. La folie, l'envie, la peur ou le courage naissant ... mais j'enroule mes bras autour de ses épaules et colle nos deux corps pour une étreinte.

- To ... Tom.

Je niche mon visage dans son cou et le sers aussi fort que je peux. Ses bras qui étaient restés le long de son corps viennent enrouler ma taille. Mais pour une fois c'est moi qui mène le jeu. Je l'ai décidé, voulu peut-être même. Et je ne regrette absolument pas. J'ai l'impression que ça lui fait du bien, que même si mes sentiments ne sont pas identiques, ce geste le rend heureux. Des images apparaissent devant mes yeux. Images de rêves, d'illusions, images ressemblantes ... un miroir ? Passé ? Je ne sais pas vraiment. Une bise sur la joue, un sourire heureux, une chaleur grandissante, une place dans ce monde ... une vraie place où l'on se sent bien. J'aurais envie de rester dans ce berceau qui m'émeut par la tendresse qui s'en dégage mais en fait ... même si c'est un passé, le mien, pour l'instant je veux du présent. Et ... du futur ? Doucement, je lui murmure :

- On rentre ?
- Viens.


Nous quittons le paradis qui venait de naître sous mes yeux. Je ne sais pas si lui l'a vu ou a vu autre chose mais je n'oublierais jamais ce moment. Nos pas sont lents, je crois que je n'ai pas envie de rentrer. Peut-être que j'ai peur que ce ne soit pas pareil une fois à l'intérieur. C'est vrai que j'ai froid mais dehors est si magique. Je vois encore scintiller les couleurs dansantes sur la toile noire de l'horizon. Je ressers ma main dans la sienne et ferme les yeux. Ce n'était qu'une illusion au fond, mais si magique que j'ai l'espoir de ne pas rêver tout ce qui se passe. Lui, moi, sa main dans la mienne, mon c½ur qui s'emballe en sa présence, ses mots doux, ses baisers chaleureux ... faites que je ne rêve pas, que tout ne s'envole pas dans un souffle d'hiver glacial.

- Tu veux bien chez moi ? Me demande Bill doucement dans un murmure.

Je sors de ma prière muette à un dieu inexistant et auquel je ne crois pas. Je ne suis allé qu'une fois chez lui mais c'était une erreur en fait. Il est toujours venu chez moi et ne m'a jamais vraiment montré sa maison.
On est sur le trottoir, entre nos deux maisons qui se font faces mais sans rivalité. Je tourne la tête vers la mienne où je sais que ma mère se trouve, puis vers la sienne. A ce moment là, un frisson d'angoisse me prend. Et la sienne, que fait elle en ce moment même ? Est elle chez elle ?
Je tremble et hésite. Cette femme me fait trop peur. Je m'accroche à Bill et retient les larmes qui tentent de s'échapper. Je dois apprendre à être fort et ne plus me laisser aller à mes peurs de petit enfant. Seulement je crois que je ne suis pas encore prêt car je tire Bill à l'opposé même de chez lui.

- Tom. Ça va pas ?

- Aaaaaaahhhhhh !!!!!!!!
- Je vous aime mes anges.[
/g]

Et elle c'est le monstre qui veut manger les anges ? La méchante sorcière du conte pour enfant qui joue la gentille mais est en réalité très laide.

- Tom attend, me stoppe Bill. Je ... il n'y a personne chez moi. Ni mon père, ni ma ... mère.

Je scrute son regard, cherchant des mensonges, mais n'y vois que de la sincérité.

- Je te le promets. Personne n'est chez moi. Il n'y aura que toi et moi.

Lentement il me ramène vers le portillon de son jardin. Je suis toujours tremblant mais ai confiance en lui et le suis. Devant la porte, il fouille dans sa poche et en sort une petite clef orpheline. C'est vrai qu'un énorme trousseau ne rentrerait pas dans ses minuscules poches de pantalon. Il ouvre la porte et je tends l'oreille pour essayer de surprendre n'importe quel bruit suspect. Mais rien, le silence total règne dans la maison.
Avec douceur, Bill me tire dans le hall et referme la porte derrière nous. Moi, je n'arrive pas à le lâcher, j'ai besoin de le sentir à mes côtés. Mais il ne se retourne pas tout de suite vers moi. Pendant quelques secondes il reste face à la porte, la tête basse et j'entends un reniflement. Puis il finit par faire demi tour et me sourit. Seule l'humidité de ses prunelles trahie ses sanglots. Je ne comprends pas pourquoi il semble si triste mais j'ai envie de le voir heureux.
Encore un peu hésitant, je pose ma main sur sa joue et frôle du pouce ses lèvres. Ce geste si simple est un exploit pour moi et je sens mon c½ur battre la chamade. Je me demande même si parfois il s'arrête de cogner dans ma poitrine lorsque Bill est avec moi.

Je me rapproche de lui et colle nos fronts l'un contre l'autre. Du bout de mon nez je caresse le sien et j'embrasse chastement ses lèvres. Mes yeux se ferment d'eux même dès ce contact que j'aime de plus en plus. Je sais que je ne peux m'empêcher de fixer sa bouche et de la désirer. Parfois je me surprends à vouloir l'embrasser sauvagement. Je voudrais toucher sa langue avec la mienne, caresser ses dents, son palais et lui faire voir des étoiles rien que dans un baiser. Mais je suis bien trop peureux pour oser. J'avance doucement et peut-être qu'un jour j'y arriverais, mais pour l'instant nous devrons nous contenter de baisers et gestes un peu enfantins.
Après ce petit échange de tendresse, Bill me propose de manger quelque chose. Il me dit de monter dans sa chambre et de l'attendre pendant qu'il ramène de quoi grignoter. Je m'exécute et retrouve plutôt facilement la pièce noire et blanche. Elle n'a pas changé. Une nouvelle fois je détaille les meubles, la décoration, son univers. Mes doigts frôlent le bois, le fer, s'attardent sur des angles ou un poster. Ils sont maintenant sur son bureau et retracent les contours de sa lampe. Mon regard dérive sur les feuilles, livres et cahiers éparpillés.
Je suis attiré par une simple feuille blanche avec un texte dessus. Ma main s'en rapproche. Je ne devrais pas mais c'est plus fort que moi. C'est sa rédaction sur la peur. C'est personnel et impoli de faire ce que je commence à faire mais je sens que je dois lire. Rapidement j'observe qu'il ne rentre pas et attrape la copie.
Son écriture se dessine parfaitement dessus, un peu tremblante je pense par endroit. Rapide et lente, plaquée à vif sur le papier. Des pensées intimes peut-être.

- La peur ... un sentiment, un des plus horrible je dirais. J'en ris presque en sachant que la peur m'effraie. Ironie de la vie j'ai peur de la peur. Un passé difficile, douloureux même. Un passé avec de la peur qui m'a fait perdre ce que j'aimais le plus au monde. On m'a dit que c'était courageux d'avoir peur de ce sentiment, que c'était une preuve de maturité. Moi je ne trouve pas. Je crois que pour avancer je ne devrais plus être effrayé par la peur. Mais pourquoi tout ? Une histoire, un passé. Il y avait une personne, un être que j'aimais et que j'ai perdu. Un être cher à mon c½ur et à mon âme. Une moitié, comme une âme soeur même. Je n'ai jamais comprit pourquoi ce sentiment s'est infiltré dans ses veines et dans son corps pour me bannir de sa vie. J'espère un jour comprendre. Oui, cette personne a eu peur de moi sans raison apparente. Je n'avais rien fait ... enfin je pense. Peut-être que mon innocence de cette époque m'empêche de voir la cause de cet effroi naissant en elle. Est-ce moi ou autre chose qui a provoquée tout ça ?

Des larmes coulent sur mes joues. Ce qu'il a écrit est si douloureux.

- J'aimais cette personne et elle en est venue à me haïr par peur. Une peur incommensurable, inimaginable. Une peur effrayante. Je sais que c'est puéril de penser une telle chose d'un sentiment assez idiot mais je n'arrive pas à m'en défaire. Je vois encore ses injures et son regard effrayé posé sur moi. Un retour horrible dans mon monde, un retour qui me hante et me donne des frissons. Un film d'horreur est un conte de fée à côté de ça. Avoir peur de la peur, ça me fait peur. En fait je crois que je me perds dans la peur. Je me noie dans une immensité ...
- To ... Tom !!!


Je me tourne brusquement vers le propriétaire de la voix qui vient de lâcher ce qu'il tenait en main. Il semble affolé et alors que je vais pour m'excuser, il se jette sur moi et m'arrache la feuille des mains. Il serre le papier contre lui et commence à me crier dessus.

- Tu n'avais pas le doit ! Pas le droit. Pourquoi tu l'as lu. Non, je veux pas. Pas de nouveau. Pas ce regard sur moi !! Pitié, faites que ça cesse. Je ne veux pas revivre ce cauchemar ... encore ...

Il se recroqueville dans un coin et se met à pleurer. Je savais que je n'aurais pas dû lire ça. Je m'en veux tellement de sa réaction. Je m'approche de lui, une main en avant. Mais en me voyant il recule le plus possible. Si il pouvait disparaître, il le ferait. Je m'accroupis devant lui, à une distance raisonnable et tente de capter son regard. Lorsque je croise ce dernier, c'est celui d'un enfant perdu et malheureux que je vois. Des larmes de petit garçon effrayé, triste et remplies de détresse. Lentement je me rapproche de lui et le prends dans mes bras. Il se laisse faire, docile comme un petit garçon.

- Peur, peur, peur. Pas de peur, s'il te plait, n'ai pas peur. Gentil, je suis gentil. Pourquoi je te fais peur ? C'est moi. S'il te plait pas les vilains mots. Pas encore eux. Non, pas le regard noir qui me fait peur qui a peur
, marmonne t'il.

Son corps tremble de partout et il serre entre ses doigts fins la cause de cette scène. Par ma faute je le fais souffrir, lui fais revivre un passé dur. Je ne suis qu'un idiot, un boulet. Je le berce et me met à chantonner un air doux. Je ne sais plus où je l'ai entendu. Pas par mes parents, ni ma s½ur et encore moins Klaus. J'ai l'impression que c'est d'avant, avant le début de ma seconde presque vie.
Petit à petit, il se calme. Son corps se colle au mien et ses mains s'agrippent à mon t-shirt.

- Tu pars pas hein ? Me demande t'il timidement.
- Non.
- T'as pas peur de moi.
- Non.
- Vrai ?
- Vrai.


Apparemment rassuré, il pose ses lèvres sur les miennes et m'embrasse comme un désespéré. Je le laisse faire, lui laissant le choix de faire ce qu'il veut. Si ça peut juste l'aider à aller mieux alors tant mieux. Mais il écourte sa caresse et se place entre mes jambes pour venir se caller dans mes bras, enfouissant son visage dans mes dreads.
Je crois avoir comprit d'où lui viennent ses éternelles questions sur une peur éventuelle à son égard. Si j'ai bien comprit, la personne dont il parle dans sa rédaction l'a quitté par peur et revivre ça l'effraie au plus au point.
Je me rends compte alors qu'il n'est pas le garçon si fort et sûr de lui qu'il montre. Son passé est lourd et dur à porter. Il tente de paraître bien, heureux, épanoui mais il cache au plus profond de lui de terribles secrets qui le hantent encore après des années. Finalement on n'est pas si différent l'un de l'autre.

Nous restons très longtemps ainsi, dans un silence religieux. Seuls nos souffles se perdant sur la peau de l'autre indiquent notre présence. Je me sens si bien dans ses bras et j'ai l'impression pour la première fois de protéger quelqu'un, de lui être véritablement utile. Je ressers ma prise sur lui et il fait de même. De petits baisers mouillés effleurent mon cou, caressent mon oreille, frôlent ma clavicule. Un gémissement sort de ma bouche sans que je ne le contrôle. Les mains de Bill descendent sur mes hanches et tentent de s'infiltrer sous mes habits. J'aime ses caresses presque aériennes, remplies de tendresse, de sentiments, d'amour en fait.
Soudain j'ouvre les yeux et m'écarte de lui.
Non, pas encore, pas de nouveau. Je me hais pour ça, cette chose qui à chaque fois vient tout gâcher.

- Tom ?

Sa voix tremble. Il croit que je le rejette encore. Je lui tourne le dos pour me cacher, tout cacher et essaye de me calmer. Une main tremblante et hésitante se pose sur mon épaule et le corps de Bill me fait face.

- To ... Tom ... Tommm.

Je lève la tête et vois qu'il a peur. L'imbécile que je suis ne cesse de gâcher nos moments un peu intimes. Dès que j'ai chaud je gèle tout d'un simple mot, regard ou geste. Je dois avoir un c½ur de glace.

- Pardon, je murmure.
- Tu ... pourquoi j'ai l'impression que tu me caches quelque chose.
- Pardon
, je répète.
- J'ai fait quelque chose que je n'aurais pas dû ? Je suis allé trop vite ? Tu ... ce qui vient de se passer ... tu me prends pour un fou ?
- Pardon.
- Tom répond moi s'il te plait.
- Pardon.
- Tom !!!


Nous pleurons tous les deux dans une incompréhension commune mais différente. Moi pour ce qui m'arrive et lui car il ne me comprend pas. Il entoure mes épaules de ses bras et me sert dans ses bras. Dans son mouvement un peu brusque et de désespoir il me fait tomber en arrière. Son corps est complètement plaqué au mien et mes pleurs redoublent. Tout est finit entre nous ...



OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO


Ce passage si pense depuis un moment et normalement il aurait dû se trouver dans le chapitre d'avant. Mais bon, il est arrivé quand même.
J'ai
essayé de faire passer beaucoup de chose mais je ne sais pas si ça a marché. Certains me reprochaient gentiment de ne plus voir le côté lyrique de ma fic vu que Tom ne se scarifie plus.
Alors est ce qu'o
n le retrouve là ?
Le
moment entre Bill et Tom est comment ? Trop guimauve ? (parce que j'aime pas la guimauve en excès)
D
ans la suite, je parlerais de quelques chose dont j'ai déjà parlé dans le chapitre d'avant et qui a sucité de nombreuses questions.

Par contre
, je m'absente pendant une semaine, sans ordi, sans internet. C'est à peine si je vais avoir le portable. Si, si ces lieux existent encore. Ca s'appelle la nature. Donc pas de suite avant lundi 29, voire même plus. En fait ça dépendra de mon avancement avant mon départ. De toute façon je vous tiens au courant.

De même, je
viens de créer un blog qui regroupe toutes mes fics et Os car beaucoup veulent lire mes anciens écrits (qui sont nuls je préviens).
Donc désorm
ais, lorsque j'écris un nouvel Os ou une nouvelle fic (j'ai un projet de mini fics avec ma princess), se sera posté sur ce nouveau blog. Ici, il n'y aura que SdP. Mais je vous préviendrais des nouveaux posts du blog ici quand même.
Il vous suffi
t donc d'aller là => Fic et Os by Sinièn

EDIT du 28/04 : Hello les gens. Voilà je suis enfin rentrée. Je n'ai pas encore eu le temps de lire tous vos coms c'est pour ça qu'ils ne sont pas validés.
Pour
ce qui est de la suite, je n'ai rien pu écrire. Je viens de passer une semaine de ouf et je n'ai pas eu une minute pour écrire. Mais je m'y remets le plus vite possible et poste dès que c'est écrit.
Sinon
, je suis contente de voir que j'ai de nouvelles lectrices. Merci à tous.
De même
je vous conseille fortement de vous rendre sur mon blog où j'ai regroupé toutes mes fics : Fic et Os by Sinièn à partir de cet après midi. Surprise ... dernier article page 8 et page 9.


EDIT de la 2nd partie : Avec beaucoup de retard voila la seconde partie. A la base elle ne devait pas être si triste mais je me suis laissée emportée par les sentiments de Bill.
Maintenant vous savez ce qu'a écrit Bill sur la peur et je pense que ça vous aide pour l'intrigue. Vous en pensez quoi ?
Co
mment on voit Bill dans cette partie ? Vous le voyez comme ça vous ?
Les réaction
s de Tom vous font penser à quoi ?
Et la
fin ... très méchante et sadique je l'avoue (retour en force !!!!!), ça vous fait flipper ? Il va se passer quoi ? Pourquoi Tom pense ça ?

Biy
ouxxxx

Pour Noter ma fic, 3ième article





Sinièn



Pix : Imaginez les avec des vêtements et c'est exactement comme dans la fic
Musique en écoutance : Beaucoup trop pour les lister ^^
# Posté le mercredi 16 avril 2008 13:35
Modifié le mercredi 30 avril 2008 18:05

Chapitre 33 : Le cri de la sorcière

Chapitre 33 : Le cri de la sorcière
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Chapitre 33 : Le cri de la sorcière



Je le repousse avec mes mains, tente de me débattre, de l'écarter de moi, en vain. Je pleure comme un désespéré et le supplie de partir. Seulement il attrape mes mains et les plaque au sol, puis fait pression avec son corps pour m'immobiliser. Je ne peux plus bouger et je suis terrifié. Les larmes salées continuent de couler comme des torrents sur mes joues.

- S'il te plait, pars, pars, je sanglote. Laisse moi, va t'en.

Mais Bill reste au dessus de moi et je sens son regard me scruter.

- Tom qu'est ce qui se passe ? Je te comprends pas. Pourquoi tu pleures ?
- Tu me détestes maintenant, alors pars.
- Tom je t'aime ! Je ne te déteste pas. Comment tu peux dire ça ? Qu'est ce qui te le fait croire ?
- Parce que je ne t'ai jamais dit que je t'aimais ... que je n'ai pas les mêmes sentiments que toi.


Il relâche mes mains, voyant que j'ai arrêté de lutter et me suis résigné. Ses doigts se posent sur mes joues et essuient les gouttes. Chastement il m'embrasse avant de prendre appui sur ses coudes et de plonger son regard dans le mien. Aussitôt je détourne la tête sur la gauche. Je ne veux pas voir sa pitié ou son regret, voire même sa colère.
D'une voix calme et posée, presque réconfortante, il reprend la parole.

- Je sais très bien que tu n'as pas les mêmes sentiments que moi mais je ne comprends toujours pas pourquoi tu viens de réagir de la chose. On dirait que j'ai fait quelque chose de mal.
- Non.
- Alors pourquoi ? Pourquoi tu t'excuses de je ne sais quoi ? Tu pleures pour quoi ?


Il ne me lâchera pas, je le sens. Tant que je ne lui aurais pas donné une réponse correcte il insistera. Mais lui dire la vérité est si horrible. Je tourne légèrement la tête et croise ses iris rassurants, attendant une réponse. Il y a tant d'amour dedans ... pourquoi tout ça m'est destiné ? Je ne le mérite pas.

- Tu as ta cuisse appuyée dessus, je marmonne faiblement en évitant son regard.

Tout de suite il baisse la tête vers le lieu dit.

- Oh ! dit il simplement.

Il se relève et reste accroupi entre mes jambes. Moi, je suis rouge de honte et voudrais disparaître d'ici. Il me tend sa main pour m'aider à m'asseoir mais je ne l'utilise pas et me débrouille tout seul. Dès que je suis en position assise, je ramène mes jambes contre mon torse pour cacher mon érection. Je n'ose même pas le regarder, ayant trop peur de ce que je pourrais voir.

- Tom c'est ... je ne vois pas pourquoi tu t'es mis dans tous tes états parce que tu bandes.

Je relève la tête brusquement et espère lire de la moquerie sur son visage ou de la déception, mais rien. Juste un air attendri, amoureux. Je pensais que c'était logique, mais apparemment non.

- Tu ... je ne t'aime pas ... enfin pas comme toi tu le voudrais. C'est pas normal d'avoir ... ça, dis je en reniflant.
- Bien sûr que si. C'est humain. Et puis moi aussi ...
- Mais toi tu m'aimes !!
Je le coupe en m'énervant un peu.

C'est lui qui devrait me crier dessus, pas moi.

- Tu as des sentiments pour moi et c'est normal ... alors que moi ... non. Je n'ai rien, rien pour toi. Et ... j'ai quand même une putain d'érection entre les jambes ! Je ne devrais pas ... je veux pas.
- Tu ne veux pas ? Comment ça ? Moi, ça me fait plaisir que t'en ais une. Ça veut dire que je te plais un minimum
, répond il, un petit sourire en coin.
- Non, non, non. Je veux pas de ça. Toi tu m'aimes c'est normal. Klaus est un pervers c'est normal. Mais moi ... moi c'est pas normal. Je ne devrais pas en avoir. Tu ... tu vas croire ...

Je n'arrive pas à finir ma phrase et repars dans une nouvelle crise de larmes.
Bill s'avance vers moi et me fait relever le visage.

- Je vais croire quoi ? demande t'il doucement, de la tendresse dans ses pupilles marron.
- Que ... que ... que je ... je veux que ... que ... que du ... sexe.

Mon dernier mot est à peine prononcé et parmi mes sanglots je doute qu'il l'ait entendu.

- Du sexe !? Tom si j'avais voulu un gars pour uniquement du cul je serais allé trouvé Klaus, pas toi. Je m'en moque ... enfin non, je ne m'en moque pas, mais ce n'est pas ce qui compte le plus pour moi. C'est vrai que je ne suis pas contre cet éventuel bonus mais jamais je n'ai pensé que tu étais avec moi, uniquement pour du sexe.
- Et si c'était pour tester l'homosexualité ?


Il s'assoit en tailleur devant moi mais ne lâche toujours pas mon regard.

- Je ... C'est vrai que j'y ai pensé au début. Je me suis dit que peut-être tu sortais avec moi pour voir ce que c'était d'être avec un mec. Mais ... quand je te vois sourire, rire. Quand je te sens m'enlacer ou simplement me donner la main dans un geste tendre, je sais que non. C'est plus qu'une simple expérience. Et puis quand je me noie dans tes yeux, j'en suis définitivement sûr. Oui, tu n'es peut-être pas amoureux de moi, mais ne nie pas que tu ressens un tout petit quelque chose, même infime. Une petite étincelle dans tes prunelles quand tu sais que je te regarde, que je suis prêt de toi. Un sourire en coin quand je te parle et te touche. Le c½ur qui bat quand je t'embrasse et que tu y réponds. Tu n'as pas besoin d'être amoureux pour désirer une personne sans contrôler ton corps.
- Mais Klaus ...
- Klaus est un ... nymphomane. Non ça c'est pour les filles. C'est un pervers on va dire. Il n'est pas comme toi. Lui, le sexe c'est comme si il mangeait. Il ... pff, c'est dur de t'expliquer. Moi, je t'aime et bander est normal dans le sens où une personne amoureuse désire l'autre hein ?


J'acquiesce.

- Klaus n'éprouve pas de sentiments. C'est du sexe pour du sexe et en plus c'est quasi quotidien. Donc c'est normal ?

Je réitère mon geste.

- Par contre toi, c'est pas normal parce que tu ne m'aimes pas. Mais tu n'es pas comme Klaus non plus. Tom, tu as le droit de bander !

Je souris un peu à son exclamation. Je crois avoir comprit ce qu'il essaye de me dire. Eprouver du désir est normal, même si je ne l'aime pas. Et ça ne veut pas forcément dire que j'ai envie de coucher avec lui. Et lui ça ne le gêne pas. Il a compris que ce n'est pas ce que je recherche avec lui.

- Qu'est ce qui te fait marrer ?
- Quand tu as dit que j'avais le droit de bander.
- Je faisais pitié hein ?
- Non ... t'étais mignon.


Je me mets à genoux pour mieux lui faire face et l'embrasse doucement alors qu'il rougit sous mes yeux. Il est si adorable avec moi.
Son corps se colle au mien et fait pression. Une main sur mon torse me pousse doucement, tandis que l'autre dans me dos me retient légèrement. Je me laisse aller et bascule en arrière, l'entraînant avec moi. Maintenant je suis complètement allongé par terre, Bill sur moi. J'ai toujours mon érection et je sens la sienne contre ma hanche. Je n'arrive toujours pas à m'y faire et suis gêné. Mais j'ai peur de le vexer si je le repousse, alors je tente de m'écarter un peu en gesticulant. Bill arrête de m'embrasser et me sourit. Son corps se relève un peu et je ne sens plus sa cuisse contre mon entrejambe. Parfois j'ai l'impression qu'il lit mes pensées ; s'en ai effrayant même de temps en temps.
Mes mains se posent sur ses joues et je me remets à l'embrasser. Nos langues se touchent, se caressent, se montrent les sentiments qu'on éprouvent, même si ils sont confus et différents. Rapidement, un monde noir parsemé de taches de couleurs m'enveloppe et je me sens enfin épanoui.

- Bill, mon ange ! C'est maman, je suis rentrée ! s'exclame une voix féminine dans la maison.

Nous nous décollons rapidement et les mots prononcés font leur chemin dans ma tête. Elle est là ...

- Aaaaaaaaaaahhhhhhh !!!!!!!!

- Bill !! T'es là ? Mon ange répond !


Il se relève et m'aide à faire de même. Je tremble de tous mes membres et lance un regard apeuré à Bill.
Deux coups sur la porte me font sursauter et je me cache derrière lui. La porte s'ouvre et je sens la présence de sa mère. Cette dernière rentre dans la chambre et referme la porte derrière elle. Je suis pris au piège. Elle est sur mon chemin pour fuir. J'ai peur ...

- Aaaaaaaaahhhh !!!!!!

- Pourquoi tu répondais pas ?
demande t'elle.

Je crois qu'elle ne m'a pas vu. Et c'est tant mieux. Je ne veux surtout pas qu'elle me parle ou même me regarde.

- Euh ... ben ... c'est que ...
- Ah. Pardon. Je vous laisse. Vous descendez rapidement.


Elle repart et je soupire de soulagement. Je n'ai pas comprit comment elle a su que j'étais là mais je m'en moque. Le principal c'est de l'éviter.
Bill se tourne vers moi et me prend dans ses bras en me berçant lentement.

- Ça va aller ?

J'hoche de la tête et la niche dans son cou. Ses cheveux frôlent mon visage et j'hume son odeur épicée. Peut-être qu'à force de rester contre lui elle ne me quittera pas. Ainsi j'aurais l'impression d'avoir toujours Bill avec moi.

- On descend ?

À ses mots je me crispe. Pourquoi c'est une torture de voir sa mère ?

- Je suis là, me murmure t'il en déposant un baiser sur une de mes tempes.

Ce geste m'apaise aussitôt. J'ignorais que cette zone me calmait quand on l'embrassait. Mais j'aime bien. Il recommence encore quelques fois et à chaque effleurement avec ses lèvres je gémis de bien être.

- Hihihihi !!!! Je suis un ange !!! To ... mi ... han ... tu, je ... je ... ah ! ... je t'aime. Tu m'aimes ?


Puis ses lèvres descendent vers mes lèvres et les embrasses. Mais je romps brusquement le baiser, me sentant mal à l'aise.

- Promis plus jamais ... promis.


Et les images de mon rêve me reviennent. Ce petit garçon, mon ange qui m'embrasse aussi. Puis le regard de cette femme, pas ma mère, qui est heureuse de nous voir ensemble.
Une larme s'échappe de mes yeux et je ne comprends pas sa réelle signification. J'ai le c½ur qui se serre et qui en même temps demande encore un baiser de cet ange, un sourire de cette femme ... une étreinte de Bill.

- Tom ?

Je décèle de l'inquiétude dans sa voix.

- Pardon, dis je en essuyant la traîtresse sur ma joue. On y va ?

Je n'en ai pas envie mais il le faut. Bill enlace nos doigts et nous rejoignons sa mère dans le salon. Je reste derrière Bill, espérant être invisible à ses yeux.
Et lorsqu'elle se met à parler je me bouche les oreilles mentalement en priant pour ne pas entendre sa voix. Je pourrais le faire avec mes mains, mais celles-ci sont accrochées au t-shirt de Bill et ne peuvent s'en détacher.

- Oh vous êtes là mes ... mon ange.

- Je vous aime mes anges.


Je la vois se lever et s'approcher de nous. Non ...
Son visage se rapproche et je ferme les yeux très forts. Je suis comme un enfant qui espère quand fermant les yeux ses cauchemars s'envoleront. Mais lorsque je les rouvre elle est toujours devant nous et sourit. Si je n'en avais pas autant peur, je dirais qu'elle est belle. Mais ce n'est pas le cas et pour moi ce n'est qu'un déguisement pour cacher sa laideur de sorcière.

- Ben restez pas planté là ! On a qu'à aller s'asseoir sur le canapé.

Bill se met à la suivre et je suis donc obligé de faire de même. Lorsqu'il s'assoit, je me colle à lui et le tire pour être le plus loin possible d'elle. Sa mère sourit toujours mais en croisant brièvement ses prunelles j'y décèle de la tristesse, une grande tristesse.

- Comment tu vas Tom ?

Je sursaute en entendant mon prénom. Je dois répondre mais je n'y arrive pas. Un silence s'installe et je fixe la main de Bill posée sur ses jambes. Je l'attrape et la sert fort. De son pouce il me caresse le poignet.

- Je ... Tu es au courant que nous passons Noël ensemble ?

Je me tends encore plus. Je n'en peux plus. J'ai essayé de faire un effort ; vraiment. Mais c'est bien trop dur.

- Aaaaaaaaahhhhh !!!!!!!
- Hihihihihi !!!!
- Je vous aime mes anges.
- Hihihihi !!! Je suis un ange Tomi !!


Tout se mélange en moi. Le paradis et l'enfer. Mon ange et cette sorcière amie de l'enfant démon.
Ce dernier m'a oublié mais a envoyé sa mère à sa place. Je me bouche les oreilles, espérant ne plus entendre les voix du passé me hanter et me torturer. Seulement elles continuent de se mélanger et je n'arrive même plus à faire la distinction entre les deux personnes qui parlent dans ma tête. Et puis j'entends des voix à côté de moi. Bill ? Sa mère ? Tout se mélange ... ce mélange assourdissant.
Je sens le sang battre dans mes tempes, cogner dans ma tête. Des mains se posent sur moi mais je les repousse violemment. Je me débats contre un monstre invisible mais qui me vrille les tympans. C'est horrible. Puis plus rien. Le vide, le noir, le froid, le silence ... mais tout ça est effrayant.

LA SUITE

Je me sens lourd, comme si je pesais des tonnes. Mon corps se réveille douloureusement mais je n'arrive pas à le bouger. Les derniers évènements me reviennent. J'étais chez Bill et puis il y a eu sa mère et ce cri horrible. Je crois que je suis tombé dans les pommes.
J'essaye d'ouvrir les yeux mais mes paupière semblent soudées. Je tente bouger un doigt maus n'y arrive pas. Je suis trop faible.
Je sens un linge humide se poser sur mon front. Ça me fait du bien. Puis des voix me parviennent. Je les reconnais immédiatement. Ma mère, mon père et ... sa mère, celle de Bill. Une odeur épicée me parvient, me rassurant sur la présence de Bill. D'ailleurs c'est lui qui est à mes côtés et me caresse doucement la joue.

- Arrête de pleurer Simone. C'est finit, il va mieux.
- Mais ... j'ai eu si peur. Encore, toujours
, pleure t'elle.
- Simone, calme toi, reprend mon père. Tom va bien, il n'est plus en danger.

Ses mots me parviennent comme une bombe. En danger ? De quoi ?
J'entends toujours les sanglots de Simone et je comprends pas pourquoi elle a cette réaction.

- Viens t'asseoir, t'es pas en état de rester debout là, dit ma mère.
- Tu crois qu'un jour le cauchemar va cesser ? Est ce qu'un jour tout redeviendra comme avant ? demande la mère de Bill. J'ai eu si peur en le voyant tomber ... comme ... comme ... Et puis le reste ... j'en peux plus, j'en peux plus.

La personne à côté de moi se lève et les rejoint.

- Maman, c'est rien. Il ne faut pas t'en faire. Il va peut-être changer avec le temps. Il ... avec moi il est déjà bien. Il a besoin de plus de temps pour toi.
- Mais quand Bill !!? Quand ?
S'énerve sa mère. Je ne veux pas qu'il ait peur de moi, me déteste. Je ne le supporterais pas.

Je ne comprends pas tout à leur conversation et aimerais bien poser quelques questions. A force d'essayer de faire réagir mon corps, je parviens à ouvrir les yeux. Je sais enfin où je me trouve. Et ce n'est plus chez Bill mais dans mon salon, allongé sur mon canapé. Je pousse un espèce de grognement et quelques secondes après, je vois Bill au dessus de moi. Il me sourit et ses yeux brillent. Il semble rassuré.

- Comment tu te sens ?


Je voudrais lui répondre mais c'est encore trop pour mon corps alors je souris faiblement.
Il dépose un baiser sur mon front et sur mes tempes. Puis il commence à monter sur le canapé. Je ne comprends pas trop ce qu'il veut faire mais après quelques contorsions, il se retrouve allongé à côté de moi, me collant complètement.
Sa main vient se poser sur mon visage et ses doigts frôlent ma peau.

- Tu nous as fait peur. T'es tombé dans les vapes et t'as commencé à avoir des difficultés à respirer. On a cru qu'on allait devoir t'emmener à l'hosto. Mais on a appelé tes parents avant et ils ont réussi à te calmer. Je sais pas ce qui s'est passé mais j'ai eu une de ces frousses.

Je cligne des yeux et souris poir essayer de le rassurer. Moi non plus je ne sais pas ce qu'il s'est passé et j'aimerais bien comprendre.
Bill se penche vers moi et pose ses lèvres sur les miennes. J'aimerais tant répondre à son baiser mais c'est à peine si j'arrive à entrouvrir la bouche. Ses mains se posent sur mes hanches tandis que ses jambes s'entremêlent aux miennes. Son corps roule un peu au desuus du mien et je me retrouve dans un cocon de chaleur. Je fermes les yeux et me laisse envahir par les sensations qui naissent en moi. Son monde m'entoure une nouvelle fois. Joie de volupté, musique douce et entraînante, voix délicieuse ... c'est un délice que de me retrouver là.
Péniblement je lève un bras et entoure la taille de Bill. Je n'ai pas envie qu'il s'en aille. Il dépose un baiser sur mon nez et colle son front au mien. Je rouvre les yeux pour me noyer dans les siens. Deux océans marron qui me détaillent avec amour. Maintenant que je comprends cette lueur dans ses iris, je la trouve magnifique.

- Ne me fais plus jamais ça, me murmure t'il, son souffle caressant ma peau. J'ai eu trop peur. Je t'aime tant. Ne me fais plus ça. Si tu savais comment j'ai eu peur de te perdre.

Ma main dans son dos remonte et se pose sur sa joue où coule une larme noire et solitaire. Je l'efface d'une caresse et lui sourit. Il me répond de la même manière et m'embrasse chastement.
Je sens mon corps faible vouloir se rendormir mais je refuse, voulant rester encore avec Bill. Seulement il s'en rend compte.

- Repose toi mon c½ur. Tu es encore faible.


Je ressers ma prise sur son t-shirt et tente de l'attirer encore plus contre moi.

- Je reste avec toi, ne t'en fais pas.


Je me laisse alors emporter dans un sommeil paisible. Durant celui-ci, je ressens à un moment un frisson suivi rapidement par une douce chaleur. Rêves en noir puis en couleurs, encore et toujours ce souvenir avec cet enfant et cette femme. Et je l'aime tant. J'ai l'air si heureux à cette époque.
Lorsque je me réveille, je suis dans mon lit, sous ma couette. Le réveil m'indique 2h37. Je me frotte les yeux et m'assois. Je suis toujours habillé et couvert de sueur. Mes vêtements me collent à la peau et je me sens mal à l'aise. Je me lève et me rend dans ma salle de bain. A tâtons j'appuie sur le bouton et allume la lumière. Cette dernière m'aveugle sur le coup. Je referme la porte derrière moi et commence à me déshabiller. Comme à chaque fois j'évite mon reflet, ne voulant pas voir les horreurs sur ma peau. Lentement je me glisse sous un jet d'eau tiède. J'attrape mon shampoing et en verse une noisette dans ma main. Mes doigts se mettent à masser mon cuir chevelu et je soupire d'aise. Les évènements de la journée me reviennent et je souris en repensant au surnom que m'a dit Bill. Je me souviens alors de mon comportement les premiers jours et je me trouve alors horrible. Bill doit vraiment beaucoup m'aimer pour endurer tout ça. Je n'ai pas arrêté d'être méchant avec lui, et lui, n'a fait que m'attendre, m'aider et m'aimer. Je ne sais toujours pas ce qui lui a plut en moi mais au final je ne regrette pas d'avoir fait sa rencontre. Je l'apprécie un peu plus chaque jour et je me suis attaché à lui. Oui, j'ai besoin de lui je crois.
Sentiments de bien-être, c½ur qui bat la chamade, sueur sur le front, perles sur le corps qui luisent à la lumière, une envie, un désir ... un gémissement. Ma main descend sur mon ventre qui se contracte. Je m'attarde sur mon nombril, retraçant ses contours avant de continuer ma descente. Une chaire tendre, rouge et chaude ... je ne peux m'empêcher de la toucher. Je caresse mon gland de mon pouce et gémis. Je me suis déjà masturbé après des rêves érotiques très flous mais là, ça faisait un moment et la tension est trop forte. Je fais plusieurs vas et vient sur mon sexe, le faisant gonfler un peu plus à chaque coup. Tumulte en moi, mes yeux se ferment pour me plonger dans le noir. Ma tête se penche en arrière et les gouttes d'eau viennent s'écraser contre mon visage. La bouche entrouverte, je cherche mon air. J'ai l'impression que je vais défaillir. Chaleur grimpante, encore et toujours, plus haut, je m'embrase. Je me mords les lèvres pour me retenir de crier lorsque l'image de Bill nu s'impose dans mon esprit. Il est si beau, si parfait, tout l'inverse de moi. Ses yeux brillent d'amour pour moi et il me souffle les quelques mots qu'il me destinent. Mes yeux se révulsent alors que je tente de tarder la fin. Je veux encore de ce brasier ardent en moi, de ce plaisir naissant dans mon c½ur. Je veux encore ressentir ce regard amoureux sur mon corps nu, sans honte ni horreur. Juste ça ... Mon corps entier tremble de le jouissance imminente. Bientôt c'est insupportable et je joui contre le carrelage de la douche.

- To ... mi ... han ... tu, je ... je ... ah ! ... je t'aime.


Mes joues s'empourprent en réalisant le côté érotique que peuvent avoir ses mots, surtout après s'être masturbé. Je me repose un peu contre la paroi de la cabine, me laissant le temps de reprendre mon souffle.
Après m'être lavé, séché et mis en pyjama, je retourne me coucher. Mais je n'arrive pas à trouver le sommeil. Les minutes passent et mes yeux n'arrivent même pas à se fermer. Je grogne un peu et décide de sortir.
J'ouvre ma fenêtre et saute dans le jardin. Il fait terriblement froid et je claque des dents. Mais j'ai envie d'aller la voir, alors je me moque bien de finir comme un esquimau. Tout en me frottant les bras, j'avance dans les rues désertes. Enfin presque ... non loin de moi se dessine une silhouette qui me semble familière. Cette dernière s'avance vers moi, un paquet dans les mains. Rapidement je reconnais Klaus qui danse en sautillant. Arrivé à ma hauteur, il s'arrête et me sourit.

- C'est pas une heure ni un temps pour les anges.
- Ni pour les princesses.


Si je dis ça c'est qu'il a sur la tête un diadème digne d'une personne royale. Ça faisait très longtemps qu'il ne l'avait pas sorti. En fait il ne le fait que lors de grandes occasions sexuelles.

- Mais je vais retrouver mes princes charmants ! s'exclame t'il.

Je rigole un peu. Mais j'ai toujours froid et grelotte encore. Je le vois alors retirer son manteau et me le tendre. Sans réfléchir je l'attrape et l'enfile. Sa chaleur m'enveloppe immédiatement et je vais bien mieux.
Klaus commence à partir, se dirigeant vers sa maison. Mais avant de dispaitre à un coin de rue, il me crie :

- Attention, finit pas en citrouille !!!

Là, j'éclate carrément de rire. Heureusement qu'il est là. Je crois que je ne serais rien sans lui.
Puis je continue ma route sur quelques mètres, jusqu'à arriver à mon parc. Comme à chaque fois je sens une vague de bonheur m'envahir. Mais cette nuit, elle est encore plus forte et plus belle, surtout avec les taches de couleurs. Je m'allonge à côté de mon orchis et hume son parfum.

- Tu n'as pas froid ? Je lui demande. Moi je sais pas trop. C'est vrai qu'il fait très froid mais dans mon c½ur ... je sens tout plein de chaleur, comme si un brasier s'y était logé. C'est bizarre mais tellement agréable. Tu sais, je crois que c'est grâce à Bill. Je ... je crois que je commence à l'aimer ... beaucoup, je murmure tout bas. Je ne sais pas si c'est vraiment ça mais j'ai besoin de lui et tout ce que je veux c'est le faire sourire. Je veux que grâce à moi il soit heureux. Et puis il est si gentil avec moi, tellement ... amoureux ? Oui, il l'est. Et j'aime ça. Si tu savais comment ses petites attentions me touchent tant. Et puis quand il m'a appelé “mon c½ur”, ha, j'en suis tout retourné. J'ai le c½ur qui bat à cent à l'heure.

Une douce brise vient souffler entre nous deux et je lève les yeux au ciel.

- Tu es jaloux ? Je demande au vent. ...

Je souris et dépose un léger baiser sur ma perfection avant de me coucher sur le dos et d'admirer le ciel.

- ... Mouai. Et si ça continue je vais finir dans une tour en haut d'un château. ... Je crois bien qu'il déteint sur moi. Mais bon tant que je ne me mets pas à porter de diadème sur la tête. ... C'est pas une robe, c'est un t-shirt très large. ... Oui mais elle y connaît rien en t-shirt le bouledogue. ... Tout à fait d'accord. ... Mieux. Et toi ? ... Moi aussi il me manque. ... Euh ... ben oui, un peu. Tu sais c'est Bill. ... Peut-être, j'espère. ... Voilà. ... Je sais. Mais ... sa mère ... . ... Oui la sorcière. Enfin c'est une métaphore. ... Trop. Je ne comprends pas pourquoi. ...

- Aaaaaaaahhhhhhh !!!!!

- Evite de le mentionner. ... C'est pas grave. Mais oui, j'ai l'impression que c'est à cause de ça. ... Je l'ignore. ... Peut-être. Comme parfois j'ai l'impression que Bill me rappelle quelqu'un de mon passé. ... Oui lui. ... Non. Pas elles. Une autre personne. Elle ressemble peut-être à une autre personne. ... Tu peux pas lui demander ? ... Ouai il a trop de choses à faire celui là. Et puis de toute façon j'y crois pas. ... Ouai et il est moche aussi.

Le vent arrête de souffler et je vois les nuages bouger un peu pour laisser entrevoir un bout de la lune. Il est partit rejoindre sa blancheur céleste. Grelottant à nouveau, je me lève et m'assoie sur la balançoire où je commence à me balancer. Tendre les jambes, les plier, tendre les bras, les plier, le corps en avant et puis en arrière ... après quelques mouvements d'élans, je laisse ma tête en arrière et fixe le ciel. J'aime me balancer ainsi, on dirait que je vole. De temps en temps je refais la petite danse de la balançoire pour continuer à voler encore et toujours.

- Hihihihi !!!! Plouf Tomi, plouf. Dis on plouf ?

Le vibreur de mon portable dans mon pantalon me fait sursauter et je lâche les chaînes. Mon corps heurte lourdement le sol et je grimace. J'espère que “ploufer” n'est pas aussi douloureux. Enfin j'ai l'impression que ça peut l'être mais que c'est également très amusant.
Je glisse ma main dans ma poche et en ressort l'objet de mon dérangement. Ellana vient de m'envoyer un texto, me demandant de rentrer immédiatement. Je me relève, frotte mes fesses douloureuses et souhaite bonne nuit au vent et à ma fleur. Devant la maison, ma s½ur m'attend, un air grave sur le visage.

- Il est à qui ce manteau ? me demande t'elle alors que nous rentrons au chaud.
- Klaus.
- Tu l'as croisé dehors ?
- Oui.
- Ben heureusement qu'il était là. Quelle idée de sortir en pyjama par ce temps !


J'hausse les épaules. Je n'ai pas réfléchit sur le moment.

- De toute façon la sorcière m'a pas transformé en citrouille, dis je en lui déposant un bisou sur sa joue, avant de monter à ma chambre.

Je jette un dernier coup d'½il en sa direction. Ellana se tient la joue et a des yeux ronds comme des soucoupes. Je crois qu'elle n'a rien comprit.



OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Je vous rassure quand même avec le début du chapitre. Tout n'est pas finit !!!!!
Bon sinon
, vous comprenez plus de choses maintenant ou pas ? Et avec les voix et cri, vous vous en sortez comment ?
Po
ur vous aider, la fin de cette première partie est un gros indice.
Des
suppositions sur ce qui s'est passé y a 10 ans ? Ou c'est toujours flou ?
Quand
au chapitre, la réaction de Tom face à Simone, vous l'expliquez comment ? Pourquoi tout ça ? Et pourquoi qu'avec elle ?


EDIT : Suite demain !!!
Et
voilà la suite de ce chapitre. Alors verdict ?
On
voit Tom commencer à bien changer ?
La
petite branlette dans la douche, ça fait pas bizarre ? Vous la trouvez comment ?
Le passag
e éclair de Klaus, fidèle à lui même hein ?
Et sin
on ce que Tom a eu, l'évanouissement, ça vous aide pour la compréhension du passé ou pas du tout ?

Par contre je ne comprends pas un truc. J'ai de plus en plus de lecteurs et ça se soit à mes visites mais j'ai de moins en moins de com. POURQUOI !!!????

Ah au
ssi, j'ai eu un soucis avec MSN et les derniers qui l'ont rentré (genre de y a 2/3 jours à aujourd'hui) ont été effacés.
Faudrait
me rentrer à nouveau, désolée.

Prochai
n chapitre : Sexe, sexe (non il n'y a pas encore de grosses scènes de sexe)

Biy
ouxxxx

Pour Noter ma fic, 3ième article





Sinièn


Pix : Bouche horrible qui crie
Musique en écoutance : Broken Wings - Flyleaf
# Posté le dimanche 04 mai 2008 05:28
Modifié le mercredi 07 mai 2008 05:35

Chapitre 34 : Sexe, sexe

Chapitre 34 : Sexe, sexe
*`¯) *`¯)
.`¯ .`¯) .*`¯)
(_.` (_. . ..`
. . . . . . . .(_.*`¯`*.->
Chapitre 34 : Sexe, sexe



- Bonjour !! Nous sommes le dimanche 21 novembre. Qu'est ce qu'il fait froid aujourd'hui. Ça sent l'hiver et noël. Mais pour vous réchauffer nous allons vous passer le dernier tube qui fait fureur chez les jeunes.


Je tape violemment sur mon réveil. J'ai oublié de l'éteindre hier et me voilà réveillé à sept heures du matin. Je grogne et me cache sous ma couette. Mais maintenant que je suis réveillé, je sais que je n'arriverais à me rendormir.
Ma main droite tâtonne sur ma table de nuit et trouve mon mp3. Je l'allume et me réveille doucement avec de la bonne musique, pas celle de la radio, nulle et horrible. Pendant près d'une heure je somnole ainsi. Puis, me sentant enfin d'attaque, je me lève. Petites habitudes du matin, direction la salle de bain. J'en ressors vingt minutes plus tard.
Dans la cuisine, ma mère est en train de préparer du café.

- Déjà levé Tom ? S'étonne t'elle. T'as oublié d'éteindre ton réveil hein ?
- Bonjour maman
, dis je en l'embrassant sur la joue. Ouai et en plus il passait un truc nul à la radio.

J'attrape un verre, le rempli de lait et m'assois sur une chaise. Je commence à me faire des tartines lorsque je remarque que ma mère me fixe étrangement. Je l'interroge du regard mais reçois pour toute réponse un immense sourire. J'aime la voir ainsi, heureuse.

- Coucou tout le monde ! s'exclame une voix à la porte de la cuisine.

Mon père vient de nous rejoindre. Il embrasse ma mère sur la joue et me salue de la tête avant de s'asseoir en face de moi.

- Levé tôt fiston. T'as rendez vous avec ta dulcinée ? Enfin ton plutôt.

Je m'étouffe à moitié en croisant son regard taquin.

- D'ailleurs ça se dit pas pour un garçon. Pourquoi y a pas de terme mignon pour un garçon ?
- Parce que un homme avec un autre c'est pas normal à la base chéri. Et on ne faisait pas la cour aux garçons.
- Oui mais maintenant, c'est plus pareil. C'est mignon quand un garçon drague amoureusement un autre. Et puis moi aussi j'aimerais bien des fois qu'on me fasse la cour.


J'ai arrêté de manger depuis que mon père à parler de dulcinée. Je ne peux plus rien avaler.

- Ben voyons ! Tant que t'y es, détaille nos nuits à ton fils !!

J'écarquille les yeux sous les dires de ma mère. Je n'en peux plus. Je sors précipitamment de table, essayant de sauver mes pauvres oreilles. Dans le salon je croise ma s½ur qui vient tout juste de se réveiller, les cheveux en bataille.

- Attention, y a du rut dans la cuisine, je lui dis avant d'attraper mon manteau et de sortir de la maison.

Une fois dehors j'inspire une grande bouffée d'air dans la nuit environnante. Le froid me pique les yeux mais c'est toujours mieux que la conversation dans la maison. Je n'ai pas compris ce qui leur est arrivé d'un seul coup. Mon regard se porte sur la maison en face de moi, plus particulière à la fenêtre de Bill. Il doit encore dormir à cette heure là. Mais je sais qui je peux aller voir.
Quelques minutes plus tard je pousse la porte d'une maison voisine. C'est tellement rare quand elle est fermée à clef. Sur le canapé, une masse, toujours la même, est avachie et ronfle bruyamment. Je l'ignore complètement et monte à l'étage. Doucement j'entrouvre la porte de la chambre de Klaus et me faufile dans la pièce. Mes yeux se posent immédiatement sur le lit où je vois une masse, sous les draps, bouger. Dans un silence religieux je m'avance vers elle, un sourire goguenard sur les lèvres. Ma main se pose sur un coin du drap et d'un seul coup je le soulève. Et ce n'est pas non, une, ni, deux, ni trois, mais quatre personnes que je trouve en pleine activité sexuelle. Et il s'avère que je les connais toutes.

- Tom !!!! S'exclament deux d'entre elles.

Elias, qui en fait parti, remonte le drap sur eux pour cacher leur nudité.

- Bonjour Tom, me dit Klaus. T'es matinal. T'es tombé de ton lit en rêvant de Bill ?
- Non, j'avais une citrouille qui me courrait après.


Aussitôt il se lève et ferme sa porte à clef, puis vérifie que la fenêtre est bien close et qu'il n'y ait rien sous son lit ni dans ses placards.

- C'est bon la citrouille n'est pas ici, souffle t'il.

Les trois nus et moi-même éclatons de rire. Il a pris une dose il y a peu, c'est sûr.

- Euh ... Tom, qu'est ce que tu fais là ?
- C'est rien Elias
, intervient Moritz qui sort sa tête de sous le drap. C'est normal. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Et dans ce cas, faut qu'on se casse.
- Mais j'ai une putain d'érection moi !!!!
Crie le dernier.
- Pas grave mon c½ur, je vais m'en occuper, lui susurre l'ex de Klaus à l'oreille.

Quelques minutes plus tard, je me retrouve seul avec Klaus. Il est toujours à poil et ne semble pas vouloir s'habiller.

- Tom !!! Hurle t'il en me regardant.

Je m'avance vers lui et dépose un léger bisou sur sa joue avant de m'asseoir sur une chaise.
Klaus écarquille les yeux et hurle mon nom en sautant partout dans sa chambre. Voir son sexe se balancer est assez étrange comme vue de bon matin. Puis soudain il s'arrête et se fige. Il semble chercher quelque chose.

- Sont où ?
- Partit.
- Pas grave je t'ai toi. Oh ! Je suis encore à poil.


Il attrape un boxer et l'enfile.

- T'as vu y avait Moritz et Elias !! Dit il tout joyeux. En fait au début y devait y avoir qu'Elias mais j'ai croisé Moritz et sa pute à La Villa Rouge. Et bon, faut avouer que ça nous manqué à tous les deux nos séances de baises. Alors on a fait un truc à quatre. Parce que je pouvais pas laisser Elias et lui pareil pour son machin.
- C'était pour ça le diadème ?
- Ouiiii !!!! J'étais allé voir si un autre, un voisin, si il voulait venir mais il dormait. En tout cas ça a été orgasmique. Moritz c'est le meilleur. Elias aussi est pas mal. Mais bon l'autre débile il laisse à désirer. En plus il en avait que pour Moritz. Moritz par ci, Moritz par là. Alors que nous on allait sur les uns et les autres. Mais je crois que le meilleur moment c'était quand je prenais Elias sauvagement, tu vois comme ça
, me montre t'il en me mimant. Et Moritz il s'enfonçait en moi. Putain quand j'ai joui j'en pouvais plus. Oh et Moritz il a dit qu'il aimait beaucoup mon diadème, surtout la petite boule vibrante sur le dessus. Tu sais celle qu'on peut enlever et mettre partout.

Oui, parce qu'il faut savoir que cet objet est un sex-toy en fait.

- Et il n'y a pas eu de citrouille en plus. Une baise parfaite !!!

Je n'ai pas compris son histoire avec la citrouille mais je ne m'en fais pas. Ça doit sûrement être un de ses délires quand il est drogué. Klaus se jette sur son lit et enfoui son nez dans les draps qui doivent sentir le sexe à plein nez.

- J'aime l'odeur du sperme de Moritz, murmure t'il.

Puis il se retourne et plonge son regard dans le mien. On reste ainsi pendant un long moment, juste à se fixer. On parle avec nos yeux, comme on est les seuls à savoir le faire. En fait il est en train de redescendre doucement sur terre, et me savoir juste à côté l'aide beaucoup.

- Merci Tom, dit il au bout d'un certain moment.

Je lui souris et le rejoins sur son lit. Mais il m'empêche de m'asseoir.

- Attend, c'est sale. Y a du sperme de partout.

Il m'attrape alors par la taille et me pose sur ses genoux.

- Parce que tu crois que c'est plus propre là ?

Rien qu'à l'allure de son torse où on séché diverses substances, je n'ose même pas imaginer celui de ses cuisses.

- Non mais j'avais envie de t'avoir sur mes genoux.

Ce comportement m'étonne un peu et je détaille ses prunelles. Je m'aperçois qu'elles sont encore un peu dilatées.

- Tu pars pas hein ? Me demande t'il d'une toute petite voix.

J'ai compris. Le retour est un peu dur et il a besoin de plus. Ça arrive de temps en temps et cette fois il a besoin de m'avoir contre lui.
Je souris et secoue la tête. Il pose sa tête sur mon épaule et soupire.

- Dans un mois, marmonne t'il.
- Klaus j'ai oublié de te dire que ... enfin, tu voudras peut-être pas mais ... t'es invité à noël.
- Vous partez pas ?
- Non, pas cette année. Mes parents ont décidé de passer noël avec la famille de Bill. Et du coup j'ai demandé à ce que tu viennes. Mais si tu veux pas.
- Bien sûr que je veux !!! En plus je m'étais bien amusé la dernière fois que j'ai vu les parents de Bill.
- Euh d'ailleurs ... c'est à une condition. Pas de folies comme la dernière fois. Faudrait donc que tu prennes une dose pas trop forte pour être lucide mais suffisamment pour tenir toute la soirée, et ce avant de venir.
- D'accord.
- T'es sûr ?
- Oui petit ange blond. En plus j'ai déjà le cadeau idéal.
- Merci.


Une heure plus tard, Klaus a rangé sa chambre et pris une douche. C'est quand même mieux ainsi. On est en train de refaire son lit quand son père ouvre violemment la porte.

- Putain de gosse à la merde !! Hurle t'il.

Je sursaute alors que Klaus n'y prête même pas attention.

- T'avais besoin de ramener toutes tes putes ici ? J'espère au moins qu'elles te paient bien pour la baise que tu leur fais. Espèce de merde ! T'es qu'une merde. Vivement que tu sois majeur que je te vire d'ici et ne te vois plus jamais. Ta face de pédale me dégoûte !
- Moi celle d'un ivrogne
, marmonne mon ami entre ses dents.

Ses mains sont crispées sur les draps. Il tente de se contrôler.
Son père sort de sa chambre. Je me retourne vers Klaus qui est en train de taper sur son oreiller. Je lui attrape les mains et plonge mon regard dans le sien. Ses yeux sont prêts à exploser des larmes contenues. Mais il se retient encore. Je décide alors de sortir, un peu d'air lui fera du bien. Il me suit sans broncher et une fois dehors il hurle à s'en casser la voix. C'est tellement fort que je me bouche les oreilles. Lorsque son cri s'estompe dans la nature, des larmes silencieuses coulent sur ses joues. D'une main il fouille dans sa veste et en sort une cigarette qu'il s'empresse d'allumer. Il esquisse un faible sourire après sa première bouffée, signe que ça va déjà un peu mieux.

- Aller on va marcher, je me gèle le cul là.

Je le suis sans me poser de questions. Marcher tout droit, sans savoir où l'on va vraiment, sans réfléchir. Le vent fouette nos visages et nous glace mais c'est agréable. Faire un pas puis un autre aux côtés de la personne qui compte pour nous. Sentir son odeur, sa présence, son regard sur soi et se sentir comblé par cet être si spécial à nos yeux.
Klaus se stoppe d'un coup sans prévenir. Il regarde une maison, et pas n'importe laquelle. Il jette son mégot et l'écrase avec son talon.

- On va le voir ?

Je fixe aussi la maison, voisine à la mienne, juste en face. Et inconsciemment mon regard se porte sur une fenêtre, celle de la chambre de Bill.

- On va le voir.

Quand Klaus prend une décision c'est définitif. Et je n'ai pas mon mot à dire dans ce cas là. Il passe le portillon et sonne. Quelques secondes plus tard le père de Bill nous ouvre.

LA SUITE

Il semble assez surpris de nous voir.

- Euh ... bonjour.
- Bonjour Monsieur Kaulitz. J'espère qu'on ne vous réveille pas.
- Non.
- On voulait savoir si Bill était réveillé.

- ...

Mais depuis un petit moment le père de Bill me fixe et me détaille. Ses yeux pétillent de tendresse et il nous invite à rentrer sans même avoir regardé Klaus, donc l'avoir écouté.
Une fois au chaud, nous enlevons nos manteaux, toujours sous le regard de monsieur Kaulitz.

- Monsieur, commence Klaus.
- Gordon, appelez moi Gordon.
- Gordon, est ce que je pourrais utiliser vos toilettes ?
- Bien sûr. C'est ...
- Je sais merci.


Mon ami disparaît dans le couloir, me laissant seul face à Gordon. Mais je ne suis pas rassuré. J'entends du bruit dans ce qui semble être le salon et j'ai peur que se soit sa femme. Le bruit s'arrête et j'attends, tout crispé, l'arrivée de la maîtresse de maison. Mais elle ne vient pas et j'en suis étonné.
Gordon regarde lui aussi vers le salon et attend. Mais comme rien ne semble venir, il se retourne vers moi et me sourit.

- Euh ... ben ... Bill est encore dans sa chambre. Je ... tu sais où elle est non ?

J'hoche de la tête.

- Je dirais à ton ami que tu es monté le voir.

Je réitère mon geste et monte à toute vitesse à l'étage pour fuir le rez-de-chaussée. C'est silencieux et je n'ose pas ouvrir la porte de la chambre de Bill, de peur de le réveiller. Puis j'entends un bruit étouffé à l'intérieur et je me dis que peut-être il est réveillé ou en train de le faire.
J'appuie sur la poignée et pousse doucement la porte. La pièce est plongée dans une faible pénombre et je peux facilement distinguer les meubles que je connais déjà. Je vois une masse bouger sur le lit et me mets à la fixer. Elle bouge doucement et je devine que c'est Bill. Il est allongé sur le dos mais il se meut étrangement. En plus de ça il pousse de drôles de petits cris. Je fronce les sourcils et essaye de comprendre ce qui se passe. Est-ce qu'il est en train de rêver ? Je vais pour refermer la porte quand je l'entends gémir mon nom.
Immédiatement je stoppe mon geste et écarquille les yeux. Je reporte mon attention sur lui et vois alors sa main caresser son ventre et descendre encore plus bas. Je ne vois pas tout mais devine largement. Surtout avec Klaus pour meilleur ami ce n'est pas difficile. Son souffle devient plus fort et est chargé de soupirs de plaisir. Je cligne des yeux à diverses reprises, n'en revenant pas. Son bassin se soulève et sa main s'active de plus en plus vite sur ce que je devine être son sexe. Mes joues s'empourprent et je baisse le regard. Mais je regarde Bill tout de suite après. En fait je suis assez gêné et je n'arrive pas à me détacher de ce que je vois.
Un autre cri rauque sort de sa gorge et c'est à ce moment là que je réalise ce que je suis en train de faire. Rapidement, mais en silence, je referme la porte.
J'appuie mon dos contre le mur et me laisse glisser le long. Je n'arrête pas de revoir les images de Bill se masturbant.

- Tom !

- To ... mi ... han ... tu, je ... je ... ah ! ... je t'aime.


Je déglutis en entendant mon nom être crié et je devine qu'il vient d'éjaculer. C'est à ce moment là qu'arrive Klaus. Je lui intime de se taire et de ne pas faire de bruit. Il me dévisage et me montre de la tête la porte de la chambre. Je me relève et secoue la tête avant de redescendre. En bas, j'enfile mon manteau et sors sans saluer les parents de Bill. Klaus est sur mes talons et une fois dehors il me force à parler.

- Tom qu'est ce qui y a ? Pourquoi tu ne veux rien me dire ? Qu'est ce qui s'est passé en haut ? Bill a fait, dit quelque chose de mal ?
- Non.
- Alors quoi ?


J'avance vers ma maison tandis que mon ami continue de me poser des questions. Juste avant de rentrer, je me tourne vers lui et pose rapidement mes lèvres sur les siennes. Puis je ferme la porte d'entrée. Derrière Klaus tambourine.

- Tom ! J'exige des explications. Pourquoi ? Tu ne m'as pas embrassé comme ça depuis au moins six ans. Tu es désolé pour quoi ? De quoi tu t'excuses ?


Devant moi toute ma famille me fixe, ne comprenant pas ce qui se passe. J'hausse les épaules et monte dans ma chambre où je m'enferme dans ma salle de bain. Plongé dans le noir, je m'allonge sur le carrelage et me recroqueville.
Je vois encore et toujours la même scène.
Et je repense à mon comportement. J'étais comme hypnotisé et je n'arrivais pas à m'en détacher.
J'ai honte.
On dirait que je suis un voyeur. Mais j'avais le c½ur qui battait tellement vite et cette envie de m'avancer, d'en voir plus.
Je suis un voyeur.
Pourquoi je trouve ça beau alors que c'est un moment intime que je viens de violer ?
Mon corps entier tremble de nervosité. Je sens une chaleur malsaine monter en moi. Une chaleur corporelle, une tension dans le bas ventre. Précipitamment je me lève, allume la lumière et me déshabille. Puis je rentre dans la douche et ouvre le robinet d'eau froide. Les gouttes glacées me tombent sur la peau et j'ai l'impression qu'elles me transpercent la peau. Mon érection disparaît aussi vite qu'elle est venue. Mais je reste encore sous l'eau pour me remettre les idées en place. Ce n'est que quelques minutes après que je stoppe l'arrivée d'eau. Ma peau est bleue et je grelotte comme jamais. Les bras tremblants j'attrape mon peignoir et m'emmitoufle dedans. Je claque des dents et je crois que je suis enfin arrivé au pôle nord ... sud même, il y fait encore plus froid.
Ce n'est qu'une demi heure plus tard que je sors de mon cocon et décide de m'habiller. Pour ne plus penser à ce que j'ai vu, je me plonge dans mes devoirs et décide de ne plus en sortir avant très longtemps. Mais à peine ai-je mis le nez dans mes cours de français que l'on toque à ma porte.
Je grogne :

- Mouai ?
- Euh ... Tom, c'est Bill.


Je crispe mes mains sur le bord de mon bureau et secoue la tête pour chasser les pensées qui m'envahissent.

- Tom ?
- Quoi !?
Je m'énerve tout seul.
- Excuse moi, marmonne Bill. Je ...je crois que je te dérange. Je ... Pardon.

J'entends des bruits de pas et puis plus rien. Il est parti, je l'ai carrément jeté. Mon poing s'abat violemment sur la table dans un bruit sourd. Ma tête tombe lourdement entre mes bras et je soupire. Encore et toujours la même scène.
Si érotique, si sensuelle. Comme un jour d'hiver où la neige tombe sur les lèvres de la personne que l'on aime. Comme un jour d'été où les gouttes d'eau de la mer perlent sur le corps de celui qu'on désire. Je sens à nouveau mon sexe réagir à mes pensées et je me tape la tête contre mes livres. Ne voulant pas prendre une autre douche froide, ni en venir aux mains, je calme ma respiration et visualise une scène horrible. Et je ne sais pas par quel miracle mais ça marche. Mais ce que je viens de m'imaginer est tellement horrible que mon c½ur se serre et je sens que je vais vomir. Je me précipite dans ma salle de bain où je vide le contenu de mon estomac. M'imaginer un accident de la route n'est pas la meilleure solution pour débander.

Je retourne à mes cours et passe le reste de la journée dessus. Envie de voir personne. Juste d'être seul.



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