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Le prof d'anglais a presque dix minutes de retard et déjà plusieurs élèves ont arrêté de l'attendre. Je suis assis à coté de la porte, les jambes pliées, un peu écartées. Mes bras reposent nonchalamment dessus. A mes cotés, Klaus joue avec ses baguettes.
Il soupire et pose sa tête sur mon épaule. Je vais pour répliquer quand il me devance.
- Suis frustré à cause de toi alors tu te tais.
Je retourne à ma contemplation du sol. Pas que ce soit très passionnant mais je sens un regard sur moi depuis un bon moment. Même si je ne suis pas sûr de l'identité de la personne, j'ai ma petite idée. Et je n'ai vraiment pas envie de croiser son regard. Parce que depuis hier soir je me pose de nombreuses questions à son sujet.
Une fille s'assoit à ma gauche, devant la porte. Elle est brune avec des mèches blondes. Ses yeux bleu clair me fixent intensément.
- Tom, moi aussi je peux poser ma tête sur ton épaule ? Me demande t'elle en me caressant le bras.
Je ne lui adresse même pas un regard et retire mon bras d'un geste brusque.
- Non.
- C'est pas grave. Je voulais savoir si ça te dérangeait ... si je m'assois à coté de toi en cours.
- Oui, je réponds sèchement.
- Pourquoi ?
- C'est la place de Klaus.
- Tu sais, moi je t'aime beaucoup. Et je suis beaucoup plus chaleureuse que ... que Klaus. Je pourrais t'aider en anglais. Je sais que c'est pas ton fort. Et puis ...
- Maïa ! L'interrompt une voix que je reconnais immédiatement.
L'interpellée lève la tête et sourit bêtement. Elle se relève, m'abandonnant pour Bill. J'ignore ce qu'ils se racontent mais vois bien le petit sourire en coin qu'il me lance. L'aurait-il appelée juste pour qu'elle me lâche ? Cette question trotte dans ma tête.
Finalement, le prof arrive et stoppe ma réflexion. Je rentre en classe et m'assois à ma place. Klaus fait de même. Et je sens toujours ses yeux posés sur moi. Est-ce qu'il va arrêter de me regarder ? Et en le voyant s'installer juste derrière moi, je comprends que non.
Depuis ce matin, j'ai envie de comprendre. J'ai moins peur de lui, de ce que je vois en lui. Cette sensation m'est étrange.
Un picotement dans la nuque qui descend le long de la colonne vertébrale et s'arrête subitement dans le creux des reins. Une sensation d'électricité ... une chaleur qui me fait frissonner. Contradiction.
Les muscles de mon dos se contractent pour finalement se relâcher et savourer cette impression de bien-être. Ça ne me gène plus. Au contraire j'apprécie.
Comme une étincelle se reflétant sur une lame, je sens une vague, douce et réconfortante, immerger en moi, se modifiant aux grès du vent. Son regard voyage, passant sur chaque partie de mon corps, s'attardant parfois sur les parcelles de peau nue.
J'essaye de ne pas trop y prêter attention ... parce que j'aimerais quand même comprendre ce que raconte le prof. Mais c'est plus fort que moi. Je m'imprègne de chaque caresse et les enferme dans mon c½ur. Je les garde pour moi seul ... pour me souvenir quand tout ça disparaîtra. Parce que je ne me fais pas d'illusion. Un jour ou l'autre il cessera de me regarder et les sensations qui me parcourent avec.
J'ai dû me perdre en cours de route parce que Klaus vient de me donner un coup de pied. Je le regarde perplexe et vois que c'est toute la classe qui me fixe ; y comprit le prof.
- Bien. Puisque tu sembles revenu parmi nous Tom, tu vas pouvoir venir au tableau pour corriger l'exercice cinq, me dit le prof.
Je me lève et sens tous les regards sur moi.
Mais un seul est différent.
Un seul me donne ces sensations.
Un seul me fait sentir moins seul.
Un seul, pour moi.
Il ne m'a pas quitté des yeux de la matinée ; y comprit dans la cour. Je ne le voyais pas mais le sentais. Et dire que je vais le revoir cette après-midi. J'essaye de ne pas trop y penser.
De ne pas penser à ses deux prunelles noisettes sur ma nuque.
De ne pas penser à son regard perçant qui me transperce de toute part.
De ne pas penser à ses yeux qui me fixent et provoquent en moi des émotions que je ne contrôle pas.
Je rentre chez moi et trouve mon père avachi dans le canapé, regardant le base-ball. Je le salue rapidement et monte dans ma chambre. Klaus m'a laissé un cadeau ce matin mais je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir. Je le prend et enlève le papier noir qui l'entoure. Je me mets à sourire bêtement. Une simple petite boite blanche mais qui veut dire tant de choses. Il y a une lame de rasoir qui ne coupe pas et un petit mot dedans.
“Pour celle des beaux jours”.
Il me l'avait bien caché. C'est sa façon à lui de me dire merci. Je la range dans le tiroir de mon bureau, juste à coté de l'autre, sa soeur jumelle et pourtant à son opposé.
Ellana me crie de venir manger. Si elle a raté le repas comme la fois dernière, je sais pas trop. Mais une menace de me priver de nutella me fait descendre rapidement. Et, oh joie, le repas est mangeable. Même mon père n'en revient pas. Il n'arrête pas de complimenter ma s½ur qui ne se prive pas pour se lancer des fleurs dans la foulée.
Je fais la vaisselle en fredonnant un de mes derniers airs puis m'installe sur le tapis du salon, devant la table basse. Les feuilles de mon père sont mélangées et je peine à les classer. Une fois finit, je commence à les lire et y mêle mon grain de sel ... ou de musique plutôt.
Mon père compose beaucoup à ses heures perdues et il m'arrive régulièrement de modifier ses partitions. C'est lui qui veut mon avis, moi ça m'est égal. Je suis tellement absorbé par ma passion que je n'entends pas la sonnette d'entrée retentir dans toute la maison.
- Tu vas aller lui ouvrir ? S'exclame Ellana en m'arrachant les feuilles des mains.
Je l'interroge du regard.
- Oui, c'est la deuxième fois qu'il sonne. C'est à toi d'y aller, pas à moi.
Je regarde l'heure. Je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà 14h. Je me lève et ouvre la porte. J'ai un peu d'appréhension en le voyant me sourire. Je retourne à mon occupation, le laissant seul dans l'entrée. C'est lui qui voulait qu'on se voit donc c'est à lui de me dire ce qu'il veut.
Bill s'assoit dans le canapé et prend une des feuilles. Il ne doit rien comprendre à ce qui y a écrit. Mais contrairement à ce que je pense, il se met à siffloter et ... c'est juste.
- C'est très joli comme mélodie. C'est toi qui écris ça ?
- Non.
- Ah oui. J'avais pas vu que c'est signé par Owen Leurfman. C'est ton père ?
- Oui.
Je sais que je ne suis pas très bavard mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à parler même quand j'en ai envie. Depuis qu'il s'est assit non loin de moi, un désir de lui adresser la parole m'a prit mais impossible de le combler. Je sens son odeur, épicée comme toujours, emplir peu à peu le salon. Il ne me regarde pas. Il n'y a pas ces picotements en moi. Il fredonne juste la dernière ½uvre de mon père.
Il fait une fausse note et pour la première fois j'engage la conversation avec lui.
- T'as fait une fausse note, dis je en restant plongé dans mes feuilles.
- Ah ? Où ça ?
Je me relève et m'assois à ses cotés. Je lui montre sur la partition. Mais lui à l'air d'avoir oublié cette dernière. Il me fixe à nouveau. Je plonge alors mon regard dans le sien, cherchant des réponses à mes questions. Et je revois à nouveau tous ces sentiments qui m'effraient. Mais moins que la fois dernière parce que j'ai moins peur de lui. Mon c½ur s'emballe. J'ai envie de comprendre pourquoi avec lui c'est comme ça. C'est si différent de tout ce que je connais.
- Bon, on se met au travail. J'aime beaucoup lire ces partitions mais j'aimerais beaucoup comprendre les maths aussi.
Je reviens sur terre un peu brusquement. A présent il évite mon regard, comme gêné. Je ne le comprends pas.
Je monte à l'étage et Bill me suit. Au passage, je croise Ellana qui fait un clin d'½il. A moi ? A Bill ? Je l'ignore et ça m'est bien égal de toute manière.
Une fois dans ma chambre, je prends une chaise qui traîne dans la coin et la mets en face de mon bureau. Puis je m'assois sur la mienne et attends. Bill s'installe à coté de moi et commence à m'expliquer ce qu'il ne comprend pas. Coup de chance que moi j'ai comprit. Je lui explique donc en priant pour qu'il comprenne dès le premier coup.
Après une heure d'explications, je soupire de soulagement. Non pas parce que j'aime pas lui expliquer les cours, mais parce qu'à chaque instant j'ai cherché son regard sur moi. Je voulais que ses yeux ne me quittent plus. Sentir ces picotements sur ma peau ... cette impression d'aller mieux. J'ai eu peur qu'il le remarque et me prenne pour un fou ... et pour la première fois cette perspective m'a effrayé.
Je commence à voir Bill comme une personne ... pas comme un animal doté d'une intelligence supérieure. Si lui arrêtait de me regarder, j'en souffrirais probablement.
Je redoutais cet après-midi. Mais finalement, je ne la regrette pas. Bill ressemble un peu à Klaus ... en moins détraqué. Il ne me force pas à parler, me laisse le temps de réfléchir et surtout ... ne me touche pas.
J'ai une envie soudaine qui me prend alors j'ose.
- Ça ... ça te dirais ... qu'on sorte un peu ? Dehors.
- Avec plaisir Tom. On peut aller au parc qui est pas loin de chez toi si tu veux. Tu pourras dire bonjour à ton orchis vanille.
Je le regarde perplexe. Je ne sais plus trop quoi penser là. Il est au courant de tant de choses à mon sujet. Et moi ... moi je ne sais rien de lui. Les gens ont tendance à trop se dévoiler mais lui c'est tout l'inverse. Il ne parle jamais de lui. Jamais. Comme si sa vie était un secret.
Alors que l'on marche tranquillement vers mon parc, je n'arrête pas de penser à ça. De multiples questions à son sujet se bousculent dans ma tête. Mais je ne sais pas comment on pose ces questions. Je ne sais même pas si ça se fait. Alors je me tais.
Lorsqu'on arrive au square, je me dirige vers ma perfection. Je m'excuse de ne pas être venu la veille et l'embrasse délicatement. J'entends derrière moi le bruit caractéristique de la balançoire. Bill s'est assit dessus. Je me pose donc dans l'herbe et chuchote mes doutes sur Bill à ma fleur rouge. Lui, il ne cesse de me regarder ... et ça me plait.
- C'est dingue comment une telle fleur peut dégager un tel parfum de vanille, murmure Bill en s'asseyant en face de moi.
Je sursaute, ne l'ayant pas entendu arriver. Il me sourit. J'ai de nouveau envie d'en savoir plus. Je retourne dans ma tête les questions. Mes yeux le détaillent sous toutes les coutures et lorsqu'ils arrivent aux siens, je ne peux plus m'en détacher.
- T'es qui ? Je lui demande.
- Hein ?
J'aurais peut-être pas dû poser la question comme ça. Je suis vraiment nul quand il s'agit de parler. Je me sens gêné. Les mots ne sont pas les bons.
- Je ... je veux dire, comment t'es arrivé ici ? Ton déménagement ...
- Ah ! Je suis venu retrouver une personne que je n'ai pas vue depuis très longtemps et qui me manque énormément. J'habitais Leipzig avant. Mais c'est vraiment trop loin d'ici.
- Tu l'as trouvée ?
- Pas vraiment. Un peu. Mais je pense que je vais y arriver ... cette fois.
- Cette fois ?
- Oublie, me dit il en s'allongeant dans les herbes hautes.
Je fais de même et ferme les yeux. L'odeur autour de moi est si étrange. Ce mélange épicé et de vanille. J'inspire profondément pour la graver à tout jamais en moi.
Le temps passe. Je ne cherche pas à le retenir. Comme tout ce qui m'entoure il est éphémère. Il s'écoule, glisse entre mes doigts.
Bill se relève et me regarde à nouveau. Et comme à chaque fois, mon corps tout entier frissonne. Mais j'ai apprit à aimer ça.
- Tom, je peux te poser une question ? Me questionne Bill.
- C'est ce que tu viens de faire mais je t'en accorde une autre.
- Pourquoi je te fais peur ? Me demande t'il en détournant les yeux.
Je ne me suis jamais posé la question. Et maintenant que lui l'a fait, je ne sais pas quoi répondre.
Je réfléchis, cherche au plus profond de moi. Et subitement, la réponse s'impose en moi. En fait je la connaissais depuis le début mais je ne l'avais pas vue.
Je vais pour la formuler mais m'aperçois qu'il ne me regarde pas. Ça me fait mal de voir qu'il fuit mon regard.
- S'il te plait, regarde moi.
Il tourne lentement la tête, plongeant ses deux yeux noisette dans les miens.
- Peut-être ... peut-être parce que c'est de moi que j'ai peur, dis je dans un murmure.
J'ignore si ça lui suffira mais je ne peux lui donner que ça comme réponse. Et ça à l'air car il me sourit et ses yeux brillent à nouveau.
Il se lève. Il doit rentrer chez lui. Et alors qu'il disparaît, je me surprends à parler tout haut.
- A demain.
C'est presque surréaliste ce que je viens de dire. Je n'ai jamais pensé à demain. C'est à peine si je le faisais pour le jour même. J'ai l'impression qu'avec lui il y a un après.
Je repense à sa question et à ce que j'ai comprit. Lorsque ses yeux se sont posés sur moi la première fois, je me suis vu comme dans un miroir ... et ça m'a effrayé.
Tout comme moi on l'a jugé sur son image et non sur son âme. Il n'avait rien demandé et pourtant on a fait de lui la star du lycée. La vie des autres lui importe peu. Tout comme moi, je lis en lui ce vide qu'il essaye de combler par tous les moyens. Ce sont toutes ces choses et d'autres encore qui m'ont pétrifié. J'ai vu pour la première fois mon reflet dans ses yeux ... reflet bien trop réel ... et bien plus peut-être.
Je crois que de me voir tel que je suis réellement m'a choqué.
Une brise douce et glaciale se lève. J'ai la chair de poule. Ça me fait un peu mal au niveau de mes dernières cicatrices. Je vois la nuit commencer à tomber. Je me dépêche donc de rentrer.
J'ouvre la porte d'entrée. C'est si calme. S'en est même effrayant. D'habitude mon père s'énerve tout seul devant la télé, ma mère chante dans la cuisine et Ellana me saute dessus en me harcelant de questions auxquelles je ne réponds pas. Mais là, pas un bruit. Tout est silencieux. J'avance prudemment dans la maison et les vois tous les trois dans le salon, un grand sourire collé sur leurs visages. La situation m'effraie quelque peu. Je leur lance des regards interrogateurs, cherchant à comprendre la cause de leur comportement, mais pour toute réponse j'ai les larmes de ma mère. J'hausse les épaules et vais à la cuisine prendre mon pot de nutella. J'entends des chuchotements provenant du salon. Vraiment pas discret. Je ne sais pas ce qu'ils mijotent mais ça doit me concerner car en repassant devant eux, la discussion s'arrête net.
- Pas de surprise. Je déteste ça.
- Pourquoi tu dis ça ? Me demande mon père.
- Z'êtes vraiment pas discret, dis je avant de monter dans ma chambre.
J'ai à peine refermé la porte que mon portable sonne. J'ai un message. C'est Klaus. Je regarde par ma fenêtre et le vois allongé dans son jardin avec pour simple tenue un caleçon. Je sors de la maison en courant et passe le muret de chez lui. Il me sourit bêtement mais je vois bien dans ses yeux qu'il a honte. Je le prends dans mes bras et le rentre chez lui. En me voyant, c'est à peine si son père réagit. A se demander si il nous a réellement vu.
Je dépose le corps froid et raide de mon ami sur son lit. Il détourne la tête pour que je ne vois pas ses larmes.
- Je reste ou je pars ? Je lui demande.
- Reste s'il te plait. Je ... j'ai peur.
- Je suis là. Ça va passer.
Je m'allonge à coté de lui. Il me prend la main et la serre. Les contacts me répugnent toujours autant mais il en a vraiment besoin en ce moment alors je fais abstraction de ma gène.
- Je sais pas, murmure t'il. J'ai un peu trop dosé là. Je ... Et si ça passe pas ? Je pourrais pas vivre. Tu me tues si ça passe pas hein ?
- Dis pas de conneries.
Ses pleurs redoublent d'intensité. Je vois toute sa détresse dans ses yeux. Je n'aime pas le voir comme ça. C'est si rare en plus. Dans ces moments, on dirait un enfant ... comme moi qu'en y a de l'orage.
Soudain, la porte de sa chambre claque. Je sursaute. Son père vient de rentrer dans la pièce et s'avance vers lui. Il le gifle et dépose par la suite un bisou sur sa joue devenue rouge.
- T'aurais mieux fait de crever avec ta mère !!
Puis il s'en va. Je soupire. C'est toujours comme ça chez lui. Son père est difficile à cerner. Je ne sais jamais comment être avec lui.
- Tu peux m'aider ? Me questionne mon ami.
Je l'assoit sur le bord de son lit et le tire pour l'aider à se mettre debout. Il a l'air de tenir. Je le lâche. Ses yeux pétillent de joie. Sa crise est passée et il a retrouvé l'usage de ses jambes. Ses yeux expriment tant à ce moment là ... et c'est si vrai en plus. J'en profite, lui rendant son regard rempli de gratitude. Il me sourit et se rassoit.
- Huit mois. Je crois mal. Et en plus mes conneries ne m'aide pas. Mais c'est plus fort que moi.
- Je sais, dis je en lui tendant un mouchoir.
- Mon père a raison. C'est de ma faute.
Il baisse la tête, se la prenant entre ses mains. Il essuie les quelques larmes qui coulent sur ses joues. Comme à chacune de ses crises, j'ai mal pour lui. Ses pupilles vertes se plongent dans les miennes. Il a honte de ce qu'il est ... de ce qu'il a ... ça se voit. Il voudrait ne pas être ce qu'il est. Il parait si fragile lors de ces moments. Ses yeux brillent à cause des larmes qu'il retient. Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir sa vie ... comme lui ne sait pas ce que c'est d'avoir la mienne. J'ignore si l'une est meilleure que l'autre. Mais ce dont je suis sûr c'est que lui ne l'aime pas. Et il n'y a que quand sa maladie se déclenche qu'il va mal ... qu'il le montre ... dans son regard.
Je reste toute la soirée avec lui, essayant de lui faire changer les idées mais en vain. Il me sourit, fait l'idiot, essaye de paraître lui, mais je vois bien au fond de ses yeux que la petite étincelle qui fait de lui Klaus Tritschler n'est pas.
Je le quitte une fois qu'il est endormi. Il doit être dans les 23h, peut-être plus même. Chez moi, ma mère me fait signe que mon père et Ellana sont déjà couchés. Je lui souhaite bonne nuit et monte me coucher à mon tour.
J'enfile un boxer et me glisse sous la chaude couette. J'ai à peine fermé les yeux que je m'endors.
Cette nuit là, je refais le même rêve qu'il y a deux jours. Et en me réveillant, impossible de me rappeler des images ... sauf une. Deux yeux noirs brillant dans l'obscurité. Et bien sûr, toujours ce sentiment. Ce ressenti qui m'effraie une fois de plus. Et ces yeux qui le reflètent finissent pas hanter mes pensées et m'empêchent de me rendormir. Je finis la nuit assis sur le rebord de ma fenêtre à me laisser bercer par le chant du vent ... chant dédié à sa blancheur, ronde et parfaite.
Oula comme j'ai galéré pour ce chapitre !! Et du coup je sais pas trop quoi en penser.
Il me faut votre avis à tout prix là.
Vous l'aimez ou pas ?
Vous en pensez quoi ?
Vous avez comprit quoi ? (parce qu'un chapitre où le lecteur comprend l'inverse de ce qu'à voulu faire passer l'auteur est un chapitre raté)
Au chapitre prochain qui s'intitule Maestro.
Je mets la barre plus haut ou pas ? J'hésite ... Allez, on va dire ... 60 ... ? Pour le fun de vous faire enrager, hein.
EDIT : C'est pas parce que j'ai mis la barre à 60 qui faut se précipiter pour mettre des coms. C'est vrai que ça me fait chaud au coeur de voir que vous aimez ma fic et voulez la suite le plus vite possible mais ... laissez moi quand même le temps de l'écrire. Le chapitre 5 est commencé mais loin d'être fini.
Merci à tous pour vos coms qui me touchent énormément.
Vous naimeuuuuhhhh !!!!!!
Re EDIT : Il y a les 60 coms mais je n'ai pas finit d'écrire le chapitre 5. J'ai pas mal avancer aujourd'hui. Peut-être que je continuerais ce soir ou demain. Enfin, je vous tiens au courant et poste la suite dès que j'ai finit. Promis.
Gros bizouxxx à vous tous
Pix : Yeux
Musique en écoutance : Warmness On The Soul - Avenged Sevenfold
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(_.•` (_.• . ..•`
. . . . . . . .(_.•*`¯`*•.->
Chapitre 4 : Regards
Le prof d'anglais a presque dix minutes de retard et déjà plusieurs élèves ont arrêté de l'attendre. Je suis assis à coté de la porte, les jambes pliées, un peu écartées. Mes bras reposent nonchalamment dessus. A mes cotés, Klaus joue avec ses baguettes.
Il soupire et pose sa tête sur mon épaule. Je vais pour répliquer quand il me devance.
- Suis frustré à cause de toi alors tu te tais.
Je retourne à ma contemplation du sol. Pas que ce soit très passionnant mais je sens un regard sur moi depuis un bon moment. Même si je ne suis pas sûr de l'identité de la personne, j'ai ma petite idée. Et je n'ai vraiment pas envie de croiser son regard. Parce que depuis hier soir je me pose de nombreuses questions à son sujet.
Une fille s'assoit à ma gauche, devant la porte. Elle est brune avec des mèches blondes. Ses yeux bleu clair me fixent intensément.
- Tom, moi aussi je peux poser ma tête sur ton épaule ? Me demande t'elle en me caressant le bras.
Je ne lui adresse même pas un regard et retire mon bras d'un geste brusque.
- Non.
- C'est pas grave. Je voulais savoir si ça te dérangeait ... si je m'assois à coté de toi en cours.
- Oui, je réponds sèchement.
- Pourquoi ?
- C'est la place de Klaus.
- Tu sais, moi je t'aime beaucoup. Et je suis beaucoup plus chaleureuse que ... que Klaus. Je pourrais t'aider en anglais. Je sais que c'est pas ton fort. Et puis ...
- Maïa ! L'interrompt une voix que je reconnais immédiatement.
L'interpellée lève la tête et sourit bêtement. Elle se relève, m'abandonnant pour Bill. J'ignore ce qu'ils se racontent mais vois bien le petit sourire en coin qu'il me lance. L'aurait-il appelée juste pour qu'elle me lâche ? Cette question trotte dans ma tête.
Finalement, le prof arrive et stoppe ma réflexion. Je rentre en classe et m'assois à ma place. Klaus fait de même. Et je sens toujours ses yeux posés sur moi. Est-ce qu'il va arrêter de me regarder ? Et en le voyant s'installer juste derrière moi, je comprends que non.
Depuis ce matin, j'ai envie de comprendre. J'ai moins peur de lui, de ce que je vois en lui. Cette sensation m'est étrange.
Un picotement dans la nuque qui descend le long de la colonne vertébrale et s'arrête subitement dans le creux des reins. Une sensation d'électricité ... une chaleur qui me fait frissonner. Contradiction.
Les muscles de mon dos se contractent pour finalement se relâcher et savourer cette impression de bien-être. Ça ne me gène plus. Au contraire j'apprécie.
Comme une étincelle se reflétant sur une lame, je sens une vague, douce et réconfortante, immerger en moi, se modifiant aux grès du vent. Son regard voyage, passant sur chaque partie de mon corps, s'attardant parfois sur les parcelles de peau nue.
J'essaye de ne pas trop y prêter attention ... parce que j'aimerais quand même comprendre ce que raconte le prof. Mais c'est plus fort que moi. Je m'imprègne de chaque caresse et les enferme dans mon c½ur. Je les garde pour moi seul ... pour me souvenir quand tout ça disparaîtra. Parce que je ne me fais pas d'illusion. Un jour ou l'autre il cessera de me regarder et les sensations qui me parcourent avec.
J'ai dû me perdre en cours de route parce que Klaus vient de me donner un coup de pied. Je le regarde perplexe et vois que c'est toute la classe qui me fixe ; y comprit le prof.
- Bien. Puisque tu sembles revenu parmi nous Tom, tu vas pouvoir venir au tableau pour corriger l'exercice cinq, me dit le prof.
Je me lève et sens tous les regards sur moi.
Mais un seul est différent.
Un seul me donne ces sensations.
Un seul me fait sentir moins seul.
Un seul, pour moi.
Il ne m'a pas quitté des yeux de la matinée ; y comprit dans la cour. Je ne le voyais pas mais le sentais. Et dire que je vais le revoir cette après-midi. J'essaye de ne pas trop y penser.
De ne pas penser à ses deux prunelles noisettes sur ma nuque.
De ne pas penser à son regard perçant qui me transperce de toute part.
De ne pas penser à ses yeux qui me fixent et provoquent en moi des émotions que je ne contrôle pas.
Je rentre chez moi et trouve mon père avachi dans le canapé, regardant le base-ball. Je le salue rapidement et monte dans ma chambre. Klaus m'a laissé un cadeau ce matin mais je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir. Je le prend et enlève le papier noir qui l'entoure. Je me mets à sourire bêtement. Une simple petite boite blanche mais qui veut dire tant de choses. Il y a une lame de rasoir qui ne coupe pas et un petit mot dedans.
“Pour celle des beaux jours”.
Il me l'avait bien caché. C'est sa façon à lui de me dire merci. Je la range dans le tiroir de mon bureau, juste à coté de l'autre, sa soeur jumelle et pourtant à son opposé.
Ellana me crie de venir manger. Si elle a raté le repas comme la fois dernière, je sais pas trop. Mais une menace de me priver de nutella me fait descendre rapidement. Et, oh joie, le repas est mangeable. Même mon père n'en revient pas. Il n'arrête pas de complimenter ma s½ur qui ne se prive pas pour se lancer des fleurs dans la foulée.
Je fais la vaisselle en fredonnant un de mes derniers airs puis m'installe sur le tapis du salon, devant la table basse. Les feuilles de mon père sont mélangées et je peine à les classer. Une fois finit, je commence à les lire et y mêle mon grain de sel ... ou de musique plutôt.
Mon père compose beaucoup à ses heures perdues et il m'arrive régulièrement de modifier ses partitions. C'est lui qui veut mon avis, moi ça m'est égal. Je suis tellement absorbé par ma passion que je n'entends pas la sonnette d'entrée retentir dans toute la maison.
- Tu vas aller lui ouvrir ? S'exclame Ellana en m'arrachant les feuilles des mains.
Je l'interroge du regard.
- Oui, c'est la deuxième fois qu'il sonne. C'est à toi d'y aller, pas à moi.
Je regarde l'heure. Je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà 14h. Je me lève et ouvre la porte. J'ai un peu d'appréhension en le voyant me sourire. Je retourne à mon occupation, le laissant seul dans l'entrée. C'est lui qui voulait qu'on se voit donc c'est à lui de me dire ce qu'il veut.
Bill s'assoit dans le canapé et prend une des feuilles. Il ne doit rien comprendre à ce qui y a écrit. Mais contrairement à ce que je pense, il se met à siffloter et ... c'est juste.
- C'est très joli comme mélodie. C'est toi qui écris ça ?
- Non.
- Ah oui. J'avais pas vu que c'est signé par Owen Leurfman. C'est ton père ?
- Oui.
Je sais que je ne suis pas très bavard mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à parler même quand j'en ai envie. Depuis qu'il s'est assit non loin de moi, un désir de lui adresser la parole m'a prit mais impossible de le combler. Je sens son odeur, épicée comme toujours, emplir peu à peu le salon. Il ne me regarde pas. Il n'y a pas ces picotements en moi. Il fredonne juste la dernière ½uvre de mon père.
Il fait une fausse note et pour la première fois j'engage la conversation avec lui.
- T'as fait une fausse note, dis je en restant plongé dans mes feuilles.
- Ah ? Où ça ?
Je me relève et m'assois à ses cotés. Je lui montre sur la partition. Mais lui à l'air d'avoir oublié cette dernière. Il me fixe à nouveau. Je plonge alors mon regard dans le sien, cherchant des réponses à mes questions. Et je revois à nouveau tous ces sentiments qui m'effraient. Mais moins que la fois dernière parce que j'ai moins peur de lui. Mon c½ur s'emballe. J'ai envie de comprendre pourquoi avec lui c'est comme ça. C'est si différent de tout ce que je connais.
- Bon, on se met au travail. J'aime beaucoup lire ces partitions mais j'aimerais beaucoup comprendre les maths aussi.
Je reviens sur terre un peu brusquement. A présent il évite mon regard, comme gêné. Je ne le comprends pas.
Je monte à l'étage et Bill me suit. Au passage, je croise Ellana qui fait un clin d'½il. A moi ? A Bill ? Je l'ignore et ça m'est bien égal de toute manière.
Une fois dans ma chambre, je prends une chaise qui traîne dans la coin et la mets en face de mon bureau. Puis je m'assois sur la mienne et attends. Bill s'installe à coté de moi et commence à m'expliquer ce qu'il ne comprend pas. Coup de chance que moi j'ai comprit. Je lui explique donc en priant pour qu'il comprenne dès le premier coup.
Après une heure d'explications, je soupire de soulagement. Non pas parce que j'aime pas lui expliquer les cours, mais parce qu'à chaque instant j'ai cherché son regard sur moi. Je voulais que ses yeux ne me quittent plus. Sentir ces picotements sur ma peau ... cette impression d'aller mieux. J'ai eu peur qu'il le remarque et me prenne pour un fou ... et pour la première fois cette perspective m'a effrayé.
Je commence à voir Bill comme une personne ... pas comme un animal doté d'une intelligence supérieure. Si lui arrêtait de me regarder, j'en souffrirais probablement.
Je redoutais cet après-midi. Mais finalement, je ne la regrette pas. Bill ressemble un peu à Klaus ... en moins détraqué. Il ne me force pas à parler, me laisse le temps de réfléchir et surtout ... ne me touche pas.
J'ai une envie soudaine qui me prend alors j'ose.
- Ça ... ça te dirais ... qu'on sorte un peu ? Dehors.
- Avec plaisir Tom. On peut aller au parc qui est pas loin de chez toi si tu veux. Tu pourras dire bonjour à ton orchis vanille.
Je le regarde perplexe. Je ne sais plus trop quoi penser là. Il est au courant de tant de choses à mon sujet. Et moi ... moi je ne sais rien de lui. Les gens ont tendance à trop se dévoiler mais lui c'est tout l'inverse. Il ne parle jamais de lui. Jamais. Comme si sa vie était un secret.
Alors que l'on marche tranquillement vers mon parc, je n'arrête pas de penser à ça. De multiples questions à son sujet se bousculent dans ma tête. Mais je ne sais pas comment on pose ces questions. Je ne sais même pas si ça se fait. Alors je me tais.
Lorsqu'on arrive au square, je me dirige vers ma perfection. Je m'excuse de ne pas être venu la veille et l'embrasse délicatement. J'entends derrière moi le bruit caractéristique de la balançoire. Bill s'est assit dessus. Je me pose donc dans l'herbe et chuchote mes doutes sur Bill à ma fleur rouge. Lui, il ne cesse de me regarder ... et ça me plait.
- C'est dingue comment une telle fleur peut dégager un tel parfum de vanille, murmure Bill en s'asseyant en face de moi.
Je sursaute, ne l'ayant pas entendu arriver. Il me sourit. J'ai de nouveau envie d'en savoir plus. Je retourne dans ma tête les questions. Mes yeux le détaillent sous toutes les coutures et lorsqu'ils arrivent aux siens, je ne peux plus m'en détacher.
- T'es qui ? Je lui demande.
- Hein ?
J'aurais peut-être pas dû poser la question comme ça. Je suis vraiment nul quand il s'agit de parler. Je me sens gêné. Les mots ne sont pas les bons.
- Je ... je veux dire, comment t'es arrivé ici ? Ton déménagement ...
- Ah ! Je suis venu retrouver une personne que je n'ai pas vue depuis très longtemps et qui me manque énormément. J'habitais Leipzig avant. Mais c'est vraiment trop loin d'ici.
- Tu l'as trouvée ?
- Pas vraiment. Un peu. Mais je pense que je vais y arriver ... cette fois.
- Cette fois ?
- Oublie, me dit il en s'allongeant dans les herbes hautes.
Je fais de même et ferme les yeux. L'odeur autour de moi est si étrange. Ce mélange épicé et de vanille. J'inspire profondément pour la graver à tout jamais en moi.
Le temps passe. Je ne cherche pas à le retenir. Comme tout ce qui m'entoure il est éphémère. Il s'écoule, glisse entre mes doigts.
Bill se relève et me regarde à nouveau. Et comme à chaque fois, mon corps tout entier frissonne. Mais j'ai apprit à aimer ça.
- Tom, je peux te poser une question ? Me questionne Bill.
- C'est ce que tu viens de faire mais je t'en accorde une autre.
- Pourquoi je te fais peur ? Me demande t'il en détournant les yeux.
Je ne me suis jamais posé la question. Et maintenant que lui l'a fait, je ne sais pas quoi répondre.
Je réfléchis, cherche au plus profond de moi. Et subitement, la réponse s'impose en moi. En fait je la connaissais depuis le début mais je ne l'avais pas vue.
Je vais pour la formuler mais m'aperçois qu'il ne me regarde pas. Ça me fait mal de voir qu'il fuit mon regard.
- S'il te plait, regarde moi.
Il tourne lentement la tête, plongeant ses deux yeux noisette dans les miens.
- Peut-être ... peut-être parce que c'est de moi que j'ai peur, dis je dans un murmure.
J'ignore si ça lui suffira mais je ne peux lui donner que ça comme réponse. Et ça à l'air car il me sourit et ses yeux brillent à nouveau.
Il se lève. Il doit rentrer chez lui. Et alors qu'il disparaît, je me surprends à parler tout haut.
- A demain.
C'est presque surréaliste ce que je viens de dire. Je n'ai jamais pensé à demain. C'est à peine si je le faisais pour le jour même. J'ai l'impression qu'avec lui il y a un après.
Je repense à sa question et à ce que j'ai comprit. Lorsque ses yeux se sont posés sur moi la première fois, je me suis vu comme dans un miroir ... et ça m'a effrayé.
Tout comme moi on l'a jugé sur son image et non sur son âme. Il n'avait rien demandé et pourtant on a fait de lui la star du lycée. La vie des autres lui importe peu. Tout comme moi, je lis en lui ce vide qu'il essaye de combler par tous les moyens. Ce sont toutes ces choses et d'autres encore qui m'ont pétrifié. J'ai vu pour la première fois mon reflet dans ses yeux ... reflet bien trop réel ... et bien plus peut-être.
Je crois que de me voir tel que je suis réellement m'a choqué.
Une brise douce et glaciale se lève. J'ai la chair de poule. Ça me fait un peu mal au niveau de mes dernières cicatrices. Je vois la nuit commencer à tomber. Je me dépêche donc de rentrer.
J'ouvre la porte d'entrée. C'est si calme. S'en est même effrayant. D'habitude mon père s'énerve tout seul devant la télé, ma mère chante dans la cuisine et Ellana me saute dessus en me harcelant de questions auxquelles je ne réponds pas. Mais là, pas un bruit. Tout est silencieux. J'avance prudemment dans la maison et les vois tous les trois dans le salon, un grand sourire collé sur leurs visages. La situation m'effraie quelque peu. Je leur lance des regards interrogateurs, cherchant à comprendre la cause de leur comportement, mais pour toute réponse j'ai les larmes de ma mère. J'hausse les épaules et vais à la cuisine prendre mon pot de nutella. J'entends des chuchotements provenant du salon. Vraiment pas discret. Je ne sais pas ce qu'ils mijotent mais ça doit me concerner car en repassant devant eux, la discussion s'arrête net.
- Pas de surprise. Je déteste ça.
- Pourquoi tu dis ça ? Me demande mon père.
- Z'êtes vraiment pas discret, dis je avant de monter dans ma chambre.
J'ai à peine refermé la porte que mon portable sonne. J'ai un message. C'est Klaus. Je regarde par ma fenêtre et le vois allongé dans son jardin avec pour simple tenue un caleçon. Je sors de la maison en courant et passe le muret de chez lui. Il me sourit bêtement mais je vois bien dans ses yeux qu'il a honte. Je le prends dans mes bras et le rentre chez lui. En me voyant, c'est à peine si son père réagit. A se demander si il nous a réellement vu.
Je dépose le corps froid et raide de mon ami sur son lit. Il détourne la tête pour que je ne vois pas ses larmes.
- Je reste ou je pars ? Je lui demande.
- Reste s'il te plait. Je ... j'ai peur.
- Je suis là. Ça va passer.
Je m'allonge à coté de lui. Il me prend la main et la serre. Les contacts me répugnent toujours autant mais il en a vraiment besoin en ce moment alors je fais abstraction de ma gène.
- Je sais pas, murmure t'il. J'ai un peu trop dosé là. Je ... Et si ça passe pas ? Je pourrais pas vivre. Tu me tues si ça passe pas hein ?
- Dis pas de conneries.
Ses pleurs redoublent d'intensité. Je vois toute sa détresse dans ses yeux. Je n'aime pas le voir comme ça. C'est si rare en plus. Dans ces moments, on dirait un enfant ... comme moi qu'en y a de l'orage.
Soudain, la porte de sa chambre claque. Je sursaute. Son père vient de rentrer dans la pièce et s'avance vers lui. Il le gifle et dépose par la suite un bisou sur sa joue devenue rouge.
- T'aurais mieux fait de crever avec ta mère !!
Puis il s'en va. Je soupire. C'est toujours comme ça chez lui. Son père est difficile à cerner. Je ne sais jamais comment être avec lui.
- Tu peux m'aider ? Me questionne mon ami.
Je l'assoit sur le bord de son lit et le tire pour l'aider à se mettre debout. Il a l'air de tenir. Je le lâche. Ses yeux pétillent de joie. Sa crise est passée et il a retrouvé l'usage de ses jambes. Ses yeux expriment tant à ce moment là ... et c'est si vrai en plus. J'en profite, lui rendant son regard rempli de gratitude. Il me sourit et se rassoit.
- Huit mois. Je crois mal. Et en plus mes conneries ne m'aide pas. Mais c'est plus fort que moi.
- Je sais, dis je en lui tendant un mouchoir.
- Mon père a raison. C'est de ma faute.
Il baisse la tête, se la prenant entre ses mains. Il essuie les quelques larmes qui coulent sur ses joues. Comme à chacune de ses crises, j'ai mal pour lui. Ses pupilles vertes se plongent dans les miennes. Il a honte de ce qu'il est ... de ce qu'il a ... ça se voit. Il voudrait ne pas être ce qu'il est. Il parait si fragile lors de ces moments. Ses yeux brillent à cause des larmes qu'il retient. Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir sa vie ... comme lui ne sait pas ce que c'est d'avoir la mienne. J'ignore si l'une est meilleure que l'autre. Mais ce dont je suis sûr c'est que lui ne l'aime pas. Et il n'y a que quand sa maladie se déclenche qu'il va mal ... qu'il le montre ... dans son regard.
Je reste toute la soirée avec lui, essayant de lui faire changer les idées mais en vain. Il me sourit, fait l'idiot, essaye de paraître lui, mais je vois bien au fond de ses yeux que la petite étincelle qui fait de lui Klaus Tritschler n'est pas.
Je le quitte une fois qu'il est endormi. Il doit être dans les 23h, peut-être plus même. Chez moi, ma mère me fait signe que mon père et Ellana sont déjà couchés. Je lui souhaite bonne nuit et monte me coucher à mon tour.
J'enfile un boxer et me glisse sous la chaude couette. J'ai à peine fermé les yeux que je m'endors.
Cette nuit là, je refais le même rêve qu'il y a deux jours. Et en me réveillant, impossible de me rappeler des images ... sauf une. Deux yeux noirs brillant dans l'obscurité. Et bien sûr, toujours ce sentiment. Ce ressenti qui m'effraie une fois de plus. Et ces yeux qui le reflètent finissent pas hanter mes pensées et m'empêchent de me rendormir. Je finis la nuit assis sur le rebord de ma fenêtre à me laisser bercer par le chant du vent ... chant dédié à sa blancheur, ronde et parfaite.
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Oula comme j'ai galéré pour ce chapitre !! Et du coup je sais pas trop quoi en penser.
Il me faut votre avis à tout prix là.
Vous l'aimez ou pas ?
Vous en pensez quoi ?
Vous avez comprit quoi ? (parce qu'un chapitre où le lecteur comprend l'inverse de ce qu'à voulu faire passer l'auteur est un chapitre raté)
Au chapitre prochain qui s'intitule Maestro.
Je mets la barre plus haut ou pas ? J'hésite ... Allez, on va dire ... 60 ... ? Pour le fun de vous faire enrager, hein.
EDIT : C'est pas parce que j'ai mis la barre à 60 qui faut se précipiter pour mettre des coms. C'est vrai que ça me fait chaud au coeur de voir que vous aimez ma fic et voulez la suite le plus vite possible mais ... laissez moi quand même le temps de l'écrire. Le chapitre 5 est commencé mais loin d'être fini.
Merci à tous pour vos coms qui me touchent énormément.
Vous naimeuuuuhhhh !!!!!!
Re EDIT : Il y a les 60 coms mais je n'ai pas finit d'écrire le chapitre 5. J'ai pas mal avancer aujourd'hui. Peut-être que je continuerais ce soir ou demain. Enfin, je vous tiens au courant et poste la suite dès que j'ai finit. Promis.
Gros bizouxxx à vous tous
Sinièn
Pix : Yeux
Musique en écoutance : Warmness On The Soul - Avenged Sevenfold


