Chapitre 4 : Regards

Chapitre 4 : Regards
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Chapitre 4 : Regards



Le prof d'anglais a presque dix minutes de retard et déjà plusieurs élèves ont arrêté de l'attendre. Je suis assis à coté de la porte, les jambes pliées, un peu écartées. Mes bras reposent nonchalamment dessus. A mes cotés, Klaus joue avec ses baguettes.
Il soupire et pose sa tête sur mon épaule. Je vais pour répliquer quand il me devance.

- Suis frustré à cause de toi alors tu te tais.

Je retourne à ma contemplation du sol. Pas que ce soit très passionnant mais je sens un regard sur moi depuis un bon moment. Même si je ne suis pas sûr de l'identité de la personne, j'ai ma petite idée. Et je n'ai vraiment pas envie de croiser son regard. Parce que depuis hier soir je me pose de nombreuses questions à son sujet.

Une fille s'assoit à ma gauche, devant la porte. Elle est brune avec des mèches blondes. Ses yeux bleu clair me fixent intensément.

- Tom, moi aussi je peux poser ma tête sur ton épaule ? Me demande t'elle en me caressant le bras.

Je ne lui adresse même pas un regard et retire mon bras d'un geste brusque.

- Non.
- C'est pas grave. Je voulais savoir si ça te dérangeait ... si je m'assois à coté de toi en cours.
- Oui
, je réponds sèchement.
- Pourquoi ?
- C'est la place de Klaus.
- Tu sais, moi je t'aime beaucoup. Et je suis beaucoup plus chaleureuse que ... que Klaus. Je pourrais t'aider en anglais. Je sais que c'est pas ton fort. Et puis ...
- Maïa !
L'interrompt une voix que je reconnais immédiatement.

L'interpellée lève la tête et sourit bêtement. Elle se relève, m'abandonnant pour Bill. J'ignore ce qu'ils se racontent mais vois bien le petit sourire en coin qu'il me lance. L'aurait-il appelée juste pour qu'elle me lâche ? Cette question trotte dans ma tête.
Finalement, le prof arrive et stoppe ma réflexion. Je rentre en classe et m'assois à ma place. Klaus fait de même. Et je sens toujours ses yeux posés sur moi. Est-ce qu'il va arrêter de me regarder ? Et en le voyant s'installer juste derrière moi, je comprends que non.
Depuis ce matin, j'ai envie de comprendre. J'ai moins peur de lui, de ce que je vois en lui. Cette sensation m'est étrange.
Un picotement dans la nuque qui descend le long de la colonne vertébrale et s'arrête subitement dans le creux des reins. Une sensation d'électricité ... une chaleur qui me fait frissonner. Contradiction.
Les muscles de mon dos se contractent pour finalement se relâcher et savourer cette impression de bien-être. Ça ne me gène plus. Au contraire j'apprécie.
Comme une étincelle se reflétant sur une lame, je sens une vague, douce et réconfortante, immerger en moi, se modifiant aux grès du vent. Son regard voyage, passant sur chaque partie de mon corps, s'attardant parfois sur les parcelles de peau nue.
J'essaye de ne pas trop y prêter attention ... parce que j'aimerais quand même comprendre ce que raconte le prof. Mais c'est plus fort que moi. Je m'imprègne de chaque caresse et les enferme dans mon c½ur. Je les garde pour moi seul ... pour me souvenir quand tout ça disparaîtra. Parce que je ne me fais pas d'illusion. Un jour ou l'autre il cessera de me regarder et les sensations qui me parcourent avec.

J'ai dû me perdre en cours de route parce que Klaus vient de me donner un coup de pied. Je le regarde perplexe et vois que c'est toute la classe qui me fixe ; y comprit le prof.

- Bien. Puisque tu sembles revenu parmi nous Tom, tu vas pouvoir venir au tableau pour corriger l'exercice cinq
, me dit le prof.

Je me lève et sens tous les regards sur moi.
Mais un seul est différent.
Un seul me donne ces sensations.
Un seul me fait sentir moins seul.
Un seul, pour moi.

Il ne m'a pas quitté des yeux de la matinée ; y comprit dans la cour. Je ne le voyais pas mais le sentais. Et dire que je vais le revoir cette après-midi. J'essaye de ne pas trop y penser.
De ne pas penser à ses deux prunelles noisettes sur ma nuque.
De ne pas penser à son regard perçant qui me transperce de toute part.
De ne pas penser à ses yeux qui me fixent et provoquent en moi des émotions que je ne contrôle pas.

Je rentre chez moi et trouve mon père avachi dans le canapé, regardant le base-ball. Je le salue rapidement et monte dans ma chambre. Klaus m'a laissé un cadeau ce matin mais je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir. Je le prend et enlève le papier noir qui l'entoure. Je me mets à sourire bêtement. Une simple petite boite blanche mais qui veut dire tant de choses. Il y a une lame de rasoir qui ne coupe pas et un petit mot dedans.
“Pour celle des beaux jours”.
Il me l'avait bien caché. C'est sa façon à lui de me dire merci. Je la range dans le tiroir de mon bureau, juste à coté de l'autre, sa soeur jumelle et pourtant à son opposé.
Ellana me crie de venir manger. Si elle a raté le repas comme la fois dernière, je sais pas trop. Mais une menace de me priver de nutella me fait descendre rapidement. Et, oh joie, le repas est mangeable. Même mon père n'en revient pas. Il n'arrête pas de complimenter ma s½ur qui ne se prive pas pour se lancer des fleurs dans la foulée.

Je fais la vaisselle en fredonnant un de mes derniers airs puis m'installe sur le tapis du salon, devant la table basse. Les feuilles de mon père sont mélangées et je peine à les classer. Une fois finit, je commence à les lire et y mêle mon grain de sel ... ou de musique plutôt.
Mon père compose beaucoup à ses heures perdues et il m'arrive régulièrement de modifier ses partitions. C'est lui qui veut mon avis, moi ça m'est égal. Je suis tellement absorbé par ma passion que je n'entends pas la sonnette d'entrée retentir dans toute la maison.

- Tu vas aller lui ouvrir ? S'exclame Ellana en m'arrachant les feuilles des mains.

Je l'interroge du regard.

- Oui, c'est la deuxième fois qu'il sonne. C'est à toi d'y aller, pas à moi.

Je regarde l'heure. Je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà 14h. Je me lève et ouvre la porte. J'ai un peu d'appréhension en le voyant me sourire. Je retourne à mon occupation, le laissant seul dans l'entrée. C'est lui qui voulait qu'on se voit donc c'est à lui de me dire ce qu'il veut.

Bill s'assoit dans le canapé et prend une des feuilles. Il ne doit rien comprendre à ce qui y a écrit. Mais contrairement à ce que je pense, il se met à siffloter et ... c'est juste.

- C'est très joli comme mélodie. C'est toi qui écris ça ?
- Non.
- Ah oui. J'avais pas vu que c'est signé par Owen Leurfman. C'est ton père ?
- Oui.


Je sais que je ne suis pas très bavard mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à parler même quand j'en ai envie. Depuis qu'il s'est assit non loin de moi, un désir de lui adresser la parole m'a prit mais impossible de le combler. Je sens son odeur, épicée comme toujours, emplir peu à peu le salon. Il ne me regarde pas. Il n'y a pas ces picotements en moi. Il fredonne juste la dernière ½uvre de mon père.
Il fait une fausse note et pour la première fois j'engage la conversation avec lui.

- T'as fait une fausse note, dis je en restant plongé dans mes feuilles.
- Ah ? Où ça ?

Je me relève et m'assois à ses cotés. Je lui montre sur la partition. Mais lui à l'air d'avoir oublié cette dernière. Il me fixe à nouveau. Je plonge alors mon regard dans le sien, cherchant des réponses à mes questions. Et je revois à nouveau tous ces sentiments qui m'effraient. Mais moins que la fois dernière parce que j'ai moins peur de lui. Mon c½ur s'emballe. J'ai envie de comprendre pourquoi avec lui c'est comme ça. C'est si différent de tout ce que je connais.

- Bon, on se met au travail. J'aime beaucoup lire ces partitions mais j'aimerais beaucoup comprendre les maths aussi.


Je reviens sur terre un peu brusquement. A présent il évite mon regard, comme gêné. Je ne le comprends pas.
Je monte à l'étage et Bill me suit. Au passage, je croise Ellana qui fait un clin d'½il. A moi ? A Bill ? Je l'ignore et ça m'est bien égal de toute manière.
Une fois dans ma chambre, je prends une chaise qui traîne dans la coin et la mets en face de mon bureau. Puis je m'assois sur la mienne et attends. Bill s'installe à coté de moi et commence à m'expliquer ce qu'il ne comprend pas. Coup de chance que moi j'ai comprit. Je lui explique donc en priant pour qu'il comprenne dès le premier coup.

Après une heure d'explications, je soupire de soulagement. Non pas parce que j'aime pas lui expliquer les cours, mais parce qu'à chaque instant j'ai cherché son regard sur moi. Je voulais que ses yeux ne me quittent plus. Sentir ces picotements sur ma peau ... cette impression d'aller mieux. J'ai eu peur qu'il le remarque et me prenne pour un fou ... et pour la première fois cette perspective m'a effrayé.
Je commence à voir Bill comme une personne ... pas comme un animal doté d'une intelligence supérieure. Si lui arrêtait de me regarder, j'en souffrirais probablement.
Je redoutais cet après-midi. Mais finalement, je ne la regrette pas. Bill ressemble un peu à Klaus ... en moins détraqué. Il ne me force pas à parler, me laisse le temps de réfléchir et surtout ... ne me touche pas.
J'ai une envie soudaine qui me prend alors j'ose.

- Ça ... ça te dirais ... qu'on sorte un peu ? Dehors.
- Avec plaisir Tom. On peut aller au parc qui est pas loin de chez toi si tu veux. Tu pourras dire bonjour à ton orchis vanille.


Je le regarde perplexe. Je ne sais plus trop quoi penser là. Il est au courant de tant de choses à mon sujet. Et moi ... moi je ne sais rien de lui. Les gens ont tendance à trop se dévoiler mais lui c'est tout l'inverse. Il ne parle jamais de lui. Jamais. Comme si sa vie était un secret.

Alors que l'on marche tranquillement vers mon parc, je n'arrête pas de penser à ça. De multiples questions à son sujet se bousculent dans ma tête. Mais je ne sais pas comment on pose ces questions. Je ne sais même pas si ça se fait. Alors je me tais.
Lorsqu'on arrive au square, je me dirige vers ma perfection. Je m'excuse de ne pas être venu la veille et l'embrasse délicatement. J'entends derrière moi le bruit caractéristique de la balançoire. Bill s'est assit dessus. Je me pose donc dans l'herbe et chuchote mes doutes sur Bill à ma fleur rouge. Lui, il ne cesse de me regarder ... et ça me plait.

- C'est dingue comment une telle fleur peut dégager un tel parfum de vanille, murmure Bill en s'asseyant en face de moi.

Je sursaute, ne l'ayant pas entendu arriver. Il me sourit. J'ai de nouveau envie d'en savoir plus. Je retourne dans ma tête les questions. Mes yeux le détaillent sous toutes les coutures et lorsqu'ils arrivent aux siens, je ne peux plus m'en détacher.

- T'es qui ? Je lui demande.
- Hein ?

J'aurais peut-être pas dû poser la question comme ça. Je suis vraiment nul quand il s'agit de parler. Je me sens gêné. Les mots ne sont pas les bons.

- Je ... je veux dire, comment t'es arrivé ici ? Ton déménagement ...
- Ah ! Je suis venu retrouver une personne que je n'ai pas vue depuis très longtemps et qui me manque énormément. J'habitais Leipzig avant. Mais c'est vraiment trop loin d'ici.
- Tu l'as trouvée ?
- Pas vraiment. Un peu. Mais je pense que je vais y arriver ... cette fois.
- Cette fois ?
- Oublie
, me dit il en s'allongeant dans les herbes hautes.

Je fais de même et ferme les yeux. L'odeur autour de moi est si étrange. Ce mélange épicé et de vanille. J'inspire profondément pour la graver à tout jamais en moi.

Le temps passe. Je ne cherche pas à le retenir. Comme tout ce qui m'entoure il est éphémère. Il s'écoule, glisse entre mes doigts.
Bill se relève et me regarde à nouveau. Et comme à chaque fois, mon corps tout entier frissonne. Mais j'ai apprit à aimer ça.

- Tom, je peux te poser une question ? Me questionne Bill.
- C'est ce que tu viens de faire mais je t'en accorde une autre.
- Pourquoi je te fais peur ?
Me demande t'il en détournant les yeux.

Je ne me suis jamais posé la question. Et maintenant que lui l'a fait, je ne sais pas quoi répondre.
Je réfléchis, cherche au plus profond de moi. Et subitement, la réponse s'impose en moi. En fait je la connaissais depuis le début mais je ne l'avais pas vue.
Je vais pour la formuler mais m'aperçois qu'il ne me regarde pas. Ça me fait mal de voir qu'il fuit mon regard.

- S'il te plait, regarde moi.

Il tourne lentement la tête, plongeant ses deux yeux noisette dans les miens.

- Peut-être ... peut-être parce que c'est de moi que j'ai peur, dis je dans un murmure.

J'ignore si ça lui suffira mais je ne peux lui donner que ça comme réponse. Et ça à l'air car il me sourit et ses yeux brillent à nouveau.
Il se lève. Il doit rentrer chez lui. Et alors qu'il disparaît, je me surprends à parler tout haut.

- A demain.

C'est presque surréaliste ce que je viens de dire. Je n'ai jamais pensé à demain. C'est à peine si je le faisais pour le jour même. J'ai l'impression qu'avec lui il y a un après.
Je repense à sa question et à ce que j'ai comprit. Lorsque ses yeux se sont posés sur moi la première fois, je me suis vu comme dans un miroir ... et ça m'a effrayé.
Tout comme moi on l'a jugé sur son image et non sur son âme. Il n'avait rien demandé et pourtant on a fait de lui la star du lycée. La vie des autres lui importe peu. Tout comme moi, je lis en lui ce vide qu'il essaye de combler par tous les moyens. Ce sont toutes ces choses et d'autres encore qui m'ont pétrifié. J'ai vu pour la première fois mon reflet dans ses yeux ... reflet bien trop réel ... et bien plus peut-être.
Je crois que de me voir tel que je suis réellement m'a choqué.

Une brise douce et glaciale se lève. J'ai la chair de poule. Ça me fait un peu mal au niveau de mes dernières cicatrices. Je vois la nuit commencer à tomber. Je me dépêche donc de rentrer.
J'ouvre la porte d'entrée. C'est si calme. S'en est même effrayant. D'habitude mon père s'énerve tout seul devant la télé, ma mère chante dans la cuisine et Ellana me saute dessus en me harcelant de questions auxquelles je ne réponds pas. Mais là, pas un bruit. Tout est silencieux. J'avance prudemment dans la maison et les vois tous les trois dans le salon, un grand sourire collé sur leurs visages. La situation m'effraie quelque peu. Je leur lance des regards interrogateurs, cherchant à comprendre la cause de leur comportement, mais pour toute réponse j'ai les larmes de ma mère. J'hausse les épaules et vais à la cuisine prendre mon pot de nutella. J'entends des chuchotements provenant du salon. Vraiment pas discret. Je ne sais pas ce qu'ils mijotent mais ça doit me concerner car en repassant devant eux, la discussion s'arrête net.

- Pas de surprise. Je déteste ça.
- Pourquoi tu dis ça ?
Me demande mon père.
- Z'êtes vraiment pas discret, dis je avant de monter dans ma chambre.

J'ai à peine refermé la porte que mon portable sonne. J'ai un message. C'est Klaus. Je regarde par ma fenêtre et le vois allongé dans son jardin avec pour simple tenue un caleçon. Je sors de la maison en courant et passe le muret de chez lui. Il me sourit bêtement mais je vois bien dans ses yeux qu'il a honte. Je le prends dans mes bras et le rentre chez lui. En me voyant, c'est à peine si son père réagit. A se demander si il nous a réellement vu.
Je dépose le corps froid et raide de mon ami sur son lit. Il détourne la tête pour que je ne vois pas ses larmes.

- Je reste ou je pars ? Je lui demande.
- Reste s'il te plait. Je ... j'ai peur.
- Je suis là. Ça va passer.


Je m'allonge à coté de lui. Il me prend la main et la serre. Les contacts me répugnent toujours autant mais il en a vraiment besoin en ce moment alors je fais abstraction de ma gène.

- Je sais pas, murmure t'il. J'ai un peu trop dosé là. Je ... Et si ça passe pas ? Je pourrais pas vivre. Tu me tues si ça passe pas hein ?
- Dis pas de conneries.

Ses pleurs redoublent d'intensité. Je vois toute sa détresse dans ses yeux. Je n'aime pas le voir comme ça. C'est si rare en plus. Dans ces moments, on dirait un enfant ... comme moi qu'en y a de l'orage.
Soudain, la porte de sa chambre claque. Je sursaute. Son père vient de rentrer dans la pièce et s'avance vers lui. Il le gifle et dépose par la suite un bisou sur sa joue devenue rouge.

- T'aurais mieux fait de crever avec ta mère !!


Puis il s'en va. Je soupire. C'est toujours comme ça chez lui. Son père est difficile à cerner. Je ne sais jamais comment être avec lui.

- Tu peux m'aider ? Me questionne mon ami.

Je l'assoit sur le bord de son lit et le tire pour l'aider à se mettre debout. Il a l'air de tenir. Je le lâche. Ses yeux pétillent de joie. Sa crise est passée et il a retrouvé l'usage de ses jambes. Ses yeux expriment tant à ce moment là ... et c'est si vrai en plus. J'en profite, lui rendant son regard rempli de gratitude. Il me sourit et se rassoit.

- Huit mois. Je crois mal. Et en plus mes conneries ne m'aide pas. Mais c'est plus fort que moi.
- Je sais
, dis je en lui tendant un mouchoir.
- Mon père a raison. C'est de ma faute.

Il baisse la tête, se la prenant entre ses mains. Il essuie les quelques larmes qui coulent sur ses joues. Comme à chacune de ses crises, j'ai mal pour lui. Ses pupilles vertes se plongent dans les miennes. Il a honte de ce qu'il est ... de ce qu'il a ... ça se voit. Il voudrait ne pas être ce qu'il est. Il parait si fragile lors de ces moments. Ses yeux brillent à cause des larmes qu'il retient. Je ne sais pas ce que ça fait d'avoir sa vie ... comme lui ne sait pas ce que c'est d'avoir la mienne. J'ignore si l'une est meilleure que l'autre. Mais ce dont je suis sûr c'est que lui ne l'aime pas. Et il n'y a que quand sa maladie se déclenche qu'il va mal ... qu'il le montre ... dans son regard.

Je reste toute la soirée avec lui, essayant de lui faire changer les idées mais en vain. Il me sourit, fait l'idiot, essaye de paraître lui, mais je vois bien au fond de ses yeux que la petite étincelle qui fait de lui Klaus Tritschler n'est pas.
Je le quitte une fois qu'il est endormi. Il doit être dans les 23h, peut-être plus même. Chez moi, ma mère me fait signe que mon père et Ellana sont déjà couchés. Je lui souhaite bonne nuit et monte me coucher à mon tour.
J'enfile un boxer et me glisse sous la chaude couette. J'ai à peine fermé les yeux que je m'endors.
Cette nuit là, je refais le même rêve qu'il y a deux jours. Et en me réveillant, impossible de me rappeler des images ... sauf une. Deux yeux noirs brillant dans l'obscurité. Et bien sûr, toujours ce sentiment. Ce ressenti qui m'effraie une fois de plus. Et ces yeux qui le reflètent finissent pas hanter mes pensées et m'empêchent de me rendormir. Je finis la nuit assis sur le rebord de ma fenêtre à me laisser bercer par le chant du vent ... chant dédié à sa blancheur, ronde et parfaite.



OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Oula comme j'ai galéré pour ce chapitre !! Et du coup je sais pas trop quoi en penser.
Il
me faut votre avis à tout prix là.
Vous l'a
imez ou pas ?
Vou
s en pensez quoi ?
Vous av
ez comprit quoi ? (parce qu'un chapitre où le lecteur comprend l'inverse de ce qu'à voulu faire passer l'auteur est un chapitre raté)

Au chap
itre prochain qui s'intitule Maestro.

Je me
ts la barre plus haut ou pas ? J'hésite ... Allez, on va dire ... 60 ... ? Pour le fun de vous faire enrager, hein.

EDIT : C'est pas parce que j'ai mis la barre à 60 qui faut se précipiter pour mettre des coms. C'est vrai que ça me fait chaud au coeur de voir que vous aimez ma fic et voulez la suite le plus vite possible mais ... laissez moi quand même le temps de l'écrire. Le chapitre 5 est commencé mais loin d'être fini.
Merci à
tous pour vos coms qui me touchent énormément.
Vous
naimeuuuuhhhh !!!!!!
Re ED
IT : Il y a les 60 coms mais je n'ai pas finit d'écrire le chapitre 5. J'ai pas mal avancer aujourd'hui. Peut-être que je continuerais ce soir ou demain. Enfin, je vous tiens au courant et poste la suite dès que j'ai finit. Promis.

Gros bi
zouxxx à vous tous



Sinièn


Pix : Yeux
Musique en écoutance : Warmness On The Soul - Avenged Sevenfold
# Posté le mardi 23 octobre 2007 12:00
Modifié le jeudi 24 janvier 2008 04:22

Pour ...

Pour ...
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(_.` (_. . ..`
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Hallo


Buryme : Et oui je monte lol. On refait pas les auteurs sadiques. Merci pour tes coms. je suis contente que ça te plaise toujours autant.

Lili : Non, Tom n'a pas arrêter de se mutiler ...

Imane : Et SIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, 60 coms. Mais t'as vu ils mettent pas longtemps à arriver. j'ai même pas eu le temps d'écrire le chapitre 5 en entier.

Poison-yaoi-twins-love : Je suis contente que ça te plaise.

Elwing : Oh, tu m'as mis un com. merci beaucoup. On avance peu dans l'histoire parce que j'aime bien faire durer les choses. Tu me connais là dessus ... faire languir le lecteur, j'adore ça.

X-nais-x6 : Ravie que tu iames. Les larmes aux yeux ?? C'est trop gentil ... enfin pleure pas pour moi quand même mais ça me touche.


BopToTheTop : Ça me rassure quand tu dis qu'on se croirait avec les personnages. Au moins je me dis que j'arrive à faire ressentir ce que je veux.
Les parents de Tom et Ellana parlent d'une chose très importante mais je ne dirais pas quoi parce que je dévoilerais alors toute l'histoire.
Tu apprendras ce qui est arrivé à la mère de Klaus dans la chapitre prochain.


Tokio-drive : T'as vu j'ai trouvé un titre pour mon prochain chapitre Xd.

Hilf-miir-leben : Pas grave si t'as pas le temps de m'en mettre plusieurs. Tant que tu m'en mets un, je suis heureuse. Merci.


TH-demon-interieur-fic : 14. Tu m'as mit 14 coms. TRICHEUSE !!!!!! T'es vraiment impatiente d'avoir la suite mdr. Mais je vais te faire MIJOTER (lol) un peu.

Marine : Klaus est frusté parce que la veile il n'a pas vu son amant puisqu'il est resté chez Tom. Au fait il en manque un ... Vilaine fille.

Tite-dreameuzz : Pour te rassurer, tu as bien tout comprit. Certaines de tes suppositions sont un peu erronées mais tu verras bien par la suite.


Yaoi-bill-tom-rine06 : Merci beaucoup d'être là à chaque fois.


Th-drey2 : Merci pour ton com, ça me fait super plaisir.

X-blah-x : KYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Encore une nouvelle !!! Je suis trop contente. Bienvenue à toi. Merci pour tes coms, ça me touche énormément.

Lola : Je voulais changer du Bill pleurnichard et du Tom macho. J'ai un peu inversé les rôles mais pas vraiment non plus. Parce que Tom ne chiale pas toutes les 30 secondes et Bill reste simple.
En effet, Klaus a quelque chose à voir avec la mort de sa mère. Tu verras dans la chapitre prochain.
Bill et la famille de Tom sont bien au courant de la jumélité.
Tom a bien oublié Bill après un accident. Il n'a plus aucun souvenir (amnésie rétrograde).


Cécilia : Je ne pourrais pas te dire où je trouve mon inspiration. Elle me vient en écrivant. Je ne sais même pas ce qui va se passer dans le chapitre quand je me mets devant mon ordi. Tu ne me mets pas la pression. Tu me fais rire en fait. T'habites où ? (juste de la curiosité)


Nat-Jun : T'as fumé quoi ?



Merci à tous pour vos coms.


-----> Juste une question. Il vous fait penser à quoi le titre du prochain chapitre (Maestro) ?
Merci d'y répondre SVP.


EDIT : Demain, le chapitre 5 arrive.

Vous naimeeeeeeeee !!!!!!!!


Sinièn
# Posté le jeudi 25 octobre 2007 17:29
Modifié le jeudi 24 janvier 2008 04:23

Chapitre 5 : Maestro

Chapitre 5 : Maestro
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Chapitre 5 : Maestro



Je me prépare ce matin avec la sensation étrange que tout va bien. Je souris à mes parents et ne cesse de fredonner un air joyeux depuis que le jour s'est levé. Étrangement, je ne ressens pas la fatigue de ma nuit quasi-blanche. J'ai même l'impression que le café a meilleur goût ce matin. Tout me semble mieux ... y comprit les grognements du matin d'Ellana.

Klaus vient me chercher. Je suis content qu'il aille mieux. En fait ... je crois que ... je suis content ... tout court.

- Bonjour beau blond, me dit il lorsque j'ouvre la porte.
- Hallo toi !
- T'es bien trop souriant ce matin. Qu'est-ce qui s'est passé ce matin ? T'as prit quoi ?
- ... Rien
, dis je en haussant les épaules.

J'attrape mon sac et sors. Le soleil vient poser ses rayons sur mon visage. Il me réchauffe et je souris ... un peu bêtement je l'avoue. Le vent souffle doucement, soulevant les quelques feuilles qui tombent des arbres. Il est, certes, glacial, mais le sentir m'envelopper me fait le plus grand bien.
Quand on commence à partir, je remarque que Klaus boîte un peu. Décidément le sort s'acharne sur lui. Je me demande bien comment il fait pour vivre avec ses démons. Lui, il les connaît ... trop même. Tandis que moi, non. C'est ça qui fait toute la différence entre nous.
Mais aujourd'hui, je n'ai pas envie d'y penser, de me poser toutes ces questions d'existence.
On arrive au lycée déjà rempli de monde. Et alors que j'ai à peine posé un pied dans la cour, je sais qu'il est là. Je sens son regard posé sur moi. Je m'arrête pour mieux le sentir ... mieux le ressentir.

- Tom t'es chelou ce matin. Ça va ? T'es sûr ? Me questionne Klaus qui ne comprend rien à mon attitude.
- On ne peut mieux, dis je en rigolant légèrement.

Il hausse les épaules. La cloche sonne. On doit aller en cours de musique ... un de mes cours préférés, comme Klaus. Je me demande si Bill y sera aussi.
On avance tranquillement dans les couloirs grouillant d'élèves. Les classes de musique sont au fond du bâtiment. Plus on s'avance, et moins il y a de bruit. Les premières notes de ceux qui sont déjà là retentissent faiblement contre les parois. Mais il y a quelque chose d'inhabituel ... une chose nouvelle qui m'intrigue. Une voix s'est élevée parmi le mélange plus ou moins harmonieux de musique. Elle est un peu grave mais si douce. Je m'arrête brusquement et Klaus me rentre dedans.

- Eh !


Mais je ne prête pas attention à ses protestations. J'écoute juste la voix. Elle me semble familière comme un vieux rêve oublié ... un souvenir enfoui. Mon sac tombe lourdement sur le carrelage écrasant au passage les pieds de mon ami. Je suis comme hypnotisé. Et c'est alors que le sentiment qui hante mes rêves revient et m'enserre le c½ur. Je revois ces deux yeux noirs perçants me fixer. C'est douloureux ... beaucoup trop. Des larmes coulent le long de mes joues. Je tombe à genoux, désarmé, vidé. Mais qu'est-ce qui m'arrive ?

Je sens une violente douleur sur ma joue. J'écarquille les yeux, revenant à la réalité. C'est Klaus qui m'a giflé. Je remarque que ma respiration est erratique. Je porte ma main à mon front ruisselant. La voix a cessé. Je relève la tête pour me retrouver face à mon ami qui me fixe. Je lis en lui de l'inquiétude.
Que s'est il passé ? Ai-je rêvé ... encore ?

- Tom ... tu veux aller à l'infirmerie ?
- Non c'est bon
, dis je en me relevant.

Je ramasse mes affaires et souris. Ou du moins me force ... pour paraître. Parce que j'ai encore ce sentiment en moi qui continue de me faire peur.
On arrive dans la classe. Il y a un attroupement. Encore un de ces petits prétentieux qui se la joue.
Avec Klaus on va s'asseoir dans le fond de la classe. Lorsque le prof arrive, chaque personne retourne à sa place. Moi j'ai le nez plongé dans mes partitions. Et c'est alors que mon c½ur ratte un battement. Mais je reprends vite le contrôle. Je souris même. Je viens de sentir son regard sur moi. Bill est dans cette classe et comme à chaque fois, il me regarde. Mais je ne relève pas la tête, feintant l'ignorance.

- Bien, commence le prof. J'ai eu vent ce matin que nous avions un nouveau avec un certain talent. Où est-ce qu'il est ?

Toutes les têtes se tournent vers Bill qui se tasse sur sa chaise. Il à l'air gêné ... comme à chaque fois qu'il est le centre des attentions.

- Bien, viens ... Bill, c'est ça ? Demande le prof.
- Oui monsieur, répond il en avançant vers lui.
- On m'a dit que tu avais une magnifique voix. J'aimerais beaucoup t'entendre ... pour voir. Ça te dérange ?
- Euh ... non.
- Bien. Dans ce cas, je vais demander à mon meilleur élève de venir t'accompagner. Tom !


Je sursaute en entendant mon nom. Que me veut le prof ? Je n'ai absolument pas écouté ce qui vient de se passer. Tiens, il y a Bill à coté de lui.

- Euh oui ? Je demande un peu mal à l'aise.
- J'ai besoin de tes talents en guitare.

Je me lève et les rejoins. J'aime bien d'habitude jouer, même devant la classe. Mais là, j'ai une horrible boule dans le ventre. Je sens que je vais vomir si ça continue. Je fixe le plancher et me tiens comme je peux au bureau.
Je crois que mon malaise n'est pas passé inaperçu car le prof me demande si je veux aller prendre l'air. J'acquiesce de la tête et sors en courant. Je me précipite aux toilettes où je vide mon petit déjeuner.
Finalement, cette journée avait trop bien commencé pour que ça continue.
Je me passe un peu d'eau et décide quand même à retourner en cours.

- Tu n'es pas obligé de l'accompagner. Je comprendrais Tom. Mais bon sans toi ce sera pas pareil.
- Vais le faire
, dis je entre deux hauts le c½ur.

Je m'assois sur la chaise et prends la guitare. La sentir sous mes doigts, les cordes vibrer faiblement me redonne des forces.
Je tourne la tête vers Bill et l'interroge du regard. Il me tend une partition. Je commence à la lire. Mes mains tremblent. Comment l'a-t-il eu ? C'est ... c'est ma première, vielle, un peu ratée ... mais première. Ma première composition. Elle doit avoir sept ans. Je la pose sur le pupitre devant moi. L'air me revient instinctivement.
Je me moque bien de ce que Bill veut faire. Moi, je joue, c'est tout ... tout pour moi.
Mes doigts trouvent les cordes et commencent à glisser dessus. Les premiers accords s'élèvent doucement dans la classe. Tout le monde nous fixe. Il n'y a plus aucun bruit. Puis la voix de Bill se fait entendre ... douce, mélodieuse et envoûtante. Je ne l'entends pas vraiment, me concentrant sur la mélodie. Je dirais même que je l'entends pas du tout. Seules les notes me parviennent. Deux ... trois minutes peut-être s'écoulent pendant lesquelles je suis coupé du reste du monde.

Lentement je reviens à la réalité, mes doigts finissant de gratter les cordes. Je relève la tête et me retrouve face à une classe à moitié en pleurs. Il n'y a que Klaus qui me fait un immense sourire, les pouces levés en signe de victoire. Je retourne vite à ma place et replonge dans mes partitions. Je ne veux pas savoir pourquoi tout le monde est comme ça. J'entends des reniflements et des soupirs.
Bill se rassoit aussi à sa place et continue ce qu'il aime tant faire ... me regarder. Un silence angoissant s'est installé dans la classe et personne n'ose le rompre.
Personne ... sauf Klaus. Mais Klaus n'est pas personne. Il se lève d'un bond et s'installe devant la batterie.

- Moi aussi j'ai une compo à vous faire écouter ! S'exclame t'il.

Le prof ne l'interrompt pas. Tout d'abord parce que ce que crée Klaus vaut le coup et ensuite parce que la seule fois où il l'a fait, il s'est prit une baguette dans la figure et a eu deux points de suture.

Mon ami se met à jouer tranquillement puis au fur et à mesure, se déchaîne totalement. L'émotion qui avait gagnée les élèves se volatilise pour laisser place à une euphorie grandissante. Certains tapent sur leur table, d'autres des mains ... enfin tout le monde tape sur quelque chose pour accompagner notre batteur.
Tout le monde sauf deux personnes. L'une est assise sur son bureau et fixe sans gène l'autre. L'autre, c'est moi. Et l'autre commence à en avoir un peu marre d'être dévisagé de la sorte.
Je tourne la tête et plante mes yeux dans les siens, cherchant à les faire baisser. Mais rien, il continue à fixer mon regard. Et finalement, c'est moi qui le détourne. Je n'aime pas me battre, même dans un regard.

Je ne sais pas combien de temps a duré le show de Klaus mais vu l'état de transpiration avancé, je dirais dans les dix minutes ... dis minutes de défouloir.
Il pose ses baguettes et va pour se lever. Mais il reste assis contre toute attente. Je le vois qui me lance des regards apeurés Je comprends immédiatement ce qui se passe. Ça n'était jamais arrivé en classe. De toute façon, personne n'est au courant de ses problèmes. Je ne sais pas trop quoi faire. Je dois l'emmener à l'infirmerie mais il est incapable d'y aller.
Je me lève et m'approche de lui. Il a envie de pleurer.

- Les deux ? Je demande dans un murmure.
- Oui, chuchote t'il.
- Je dois te porter.
- Pourquoi Tom ? Pourquoi moi ? J'ai rien fait.


Tout le monde nous regarde, cherchant à comprendre ce qui se passe. Le prof s'approche de nous.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? Demande t'il.
- Je ne peux plus me lever monsieur. C'est rien. Ça va passer. Mais je dois aller à l'infirmerie et ... enfin faut me porter, explique Klaus au bord des larmes.
- Je vais t'aider Tom, dit une voix derrière moi.

Je me retourne et me retrouve nez à nez avec Bill. Je jette un coup d'½il à mon ami qui accepte à contre c½ur.
Je me charge de le prendre du coté gauche, tandis que Bill le prend de l'autre coté. Je sais que tout le monde nous dévisage, plus particulièrement Klaus. Ce doit être dur pour lui. Je sais ce qui va suivre et ce ne sera pas beau à voir. Alors qu'on quitte la classe, il enfoui sa tête dans mon cou pour cacher sa honte.
Arrivé à l'infirmerie, Bill et moi le déposons sur un des lits.

- Merci, murmure t'il à l'adresse de Bill.

Ce dernier lui sourit et lui donne son sac de cours. Si il savait qu'il aurait mieux fait de le laisser dans la salle de musique. Je soupire et m'assois sur une chaise.
Klaus fouille déjà comme un forcené dans son sac. Je ne veux pas que Bill voit ça. Pas pour lui, mais pour mon ami. Il aurait des problèmes après ... et il en a déjà assez comme ça. Je prétexte donc une envie de lui parler, l'attirant dans le couloir.

- Qu'est-ce que tu veux me dire alors ? Me questionne Bill.

C'est malin, je ne sais pas quoi dire maintenant. Je réfléchis un peu puis me souviens de ce qui s'est passé en cours.

- Où tu l'as eu ? Je demande méchamment
- De quoi ?
- La partition.
- Ah ça ! C'est ta s½ur qui me l'a montré l'autre jour et j'ai trouvé la musique vraiment très belle. Alors je lui ai demandé si je pouvais la recopier. Elle m'a dit oui. Je ... je pensais pas que ... enfin je te la rends si tu veux. C'est juste que je l'aime vraiment beaucoup. Tellement que j'ai écris une chanson.


Je soupire. Il à l'air vraiment embarrassé.

- Garde.

Après tout, ce n'est qu'une partition, rien de plus ... et tellement plus pourtant.
Je retourne dans la pièce où se trouve Klaus, claquant la porte au nez de Bill. Il n'a pas le droit se savoir ce qui se passe.
Je vois le corps étendu, les bras écartés de l'homme qui prend une place énorme dans mon c½ur. Je l'aime tant. Pas comme un amant ... mais presque. Et le voir si souffrant me peine. Il vient juste de prendre une dose. Il est complètement déconnecté. Et c'est pas comme ça que sa crise va passer en plus. Heureusement que c'est le jour de repos de l'infirmière car il aurait eu de gros problèmes dans ce cas.
Je me rassois sur la chaise et fixe le mur blanc d'en face. Ce qui vient de se passer en classe ressemble trait pour trait à la première fois que je l'ai vu faire une de ses crises.

Il était devant sa batterie en train de me faire un petit spectacle quand il s'est arrêté brusquement. Je voyais de la peur en lui et une incroyable honte. Je me suis avancé vers lui et l'ai questionné du regard. Et c'est là qu'il a éclaté en sanglots. Il a tendu ses deux bras vers moi. Je l'ai enlacé, même si l'acte en lui-même me répugnait. Puis la tristesse s'est transformée en rage et il a attrapé tout ce qu'il pouvait et l'a lancé un peu partout dans la chambre. J'ai dû voir une dizaine de baguette voler dans tous les sens ainsi que pas mal de feuilles. C'est quand il s'est attaqué à la batterie que j'ai commencé à avoir peur. Alors je l'ai attrapé et l'ai éloigné de tout objet susceptible de nous blesser.
Il m'a hurlé dessus, m'a insulté de tous les noms. D'ailleurs, j'en ai apprit beaucoup de jour là. Ce n'est qu'un quart d'heure plus tard qu'il a finit par se calmer. Mais sa crise, elle, ne s'était pas calmée.
Il s'est alors mit à me raconter ce qui lui arrivait. Je savais que sa mère était morte en le mettant au monde mais je ne savais pas pourquoi. En fait elle avait la même maladie que lui. Une espèce de dégénérescence des nerfs. Et l'effort fourni pour accoucher a provoqué une crise plus grosse que les autres qui l'a finalement tuée.
Klaus a hérité de cette maladie et, de temps en temps, ses jambes se paralysent. C'est très aléatoire. Il peut rester des mois sans avoir de crise, comme les cumuler les une après les autres.
Mais le pire dans tout ça, c'est qu'a chaque crise, c'est pire. Parce que à chaque fois, il est mal. Il se sent responsable de la mort de sa mère et les crises le lui rappellent. Alors pour oublier, il se drogue. Mais cette échappatoire lui accentue les crises. Au final, elles sont plus longues, plus dangereuses et plus mortelles.

Un gémissement me fait sortir de mes songes. Klaus marmonne des phrases incompréhensibles. Il délire. Je ne prête pas vraiment attention à ses paroles qui sont de toute façon incohérentes.
Et c'est alors qu'il se met à fredonner un air qui m'est familier. C'est l'air que j'ai joué en cours. Je me souviens l'avoir écrit le jour de mes huit ans. Il pleuvait dehors. Pas de tonnerre, pas d'éclair mais une pluie torrentielle.
Dix mois. Je vivais depuis dix mois. Même pas un an et j'en avais déjà assez de la vie. Dix mois que je cherchais mes souvenirs en vain. Et ce jour, ce premier septembre était encore plus noir que les autres. Pendant la fête organisé en mon honneur, il y avait tout ce dont peu rêver un enfant. Papa, maman, la grande s½ur, le meilleur ami, le gâteau au chocolat fait avec amour, les cadeaux bien emballés, la musique joyeuse en boucle mais ... mais il me manquait quelque chose. Quelque chose d'encore plus important que tout ça ... quelque chose de vital. Je m'étais alors enfermé dans ma chambre et après m'être coupé pour la première fois, j'ai composé sans réfléchir cette mélodie en pensant à cette chose qui visiblement ne viendrait pas en ce jour ci important.

L'air se fait plus fort et plus net dans ma tête.
Et c'est alors que ça me tombe dessus sans prévenir. J'entends la voix de Bill qui chante. C'est l'air de tout à l'heure. Pourtant je n'avais pas entendu les paroles de Bill, étant déconnecté du monde.
Mes mains tremblent, ma vision se brouille. Je sens un froid brûlant me parcourir l'échine et s'immobiliser dans la bas du dos. Je frissonne.
La voix de Bill se fait plus forte dans ma tête.
Ça cogne.
J'ai mal ... trop mal.

Je sors de l'infirmerie en courant, les mains sur mes oreilles. Mais je continue toujours d'entendre cette musique et cette voix. J'arrête ma course dans un couloir. Je suis juste à coté des toilettes. Je m'y précipite et m'enferme dans une des cabines.
Je laisse alors éclater mes sanglots. Lorsque je rouvre les yeux, elle est dans ma main. Je n'ai même pas réalisé que je l'ai prise. Je n'ai pas senti ma main se diriger dans la poche de mon baggy et fouiller pour la trouver.
Elle est belle comme toujours.
Comme toujours, j'entends ses murmures.
Comme toujours je souris rien qu'à sa vue.
Comme toujours je n'arrive pas à lui résister.
J'ouvre ma boite blanche et en sors la lame qui y règne en maître. Elle brille de mille feux sous la lumière du néon, m'invitant à la rejoindre dans son monde.
Ma main tremble toujours et le chant de Bill continue de m'assourdir. La lame glaciale rencontre ma peau si chaude. Le contraste me fait soupirer d'extase.
Elle s'insinue lentement dans ma chair. Les premières gouttes de sang coulent et tombent sur le carrelage dans un silence rassurant. J'appuie un peu plus ... un peu plus loin ... toujours plus loin. Je n'écoute plus la chanson. Je me concentre sur l'objet de ma délivrance qui me charcute le bras. Se charcuter de l'extérieur et se ronger de l'intérieur. Toujours le même refrain si doux et si brut. J'ai appris avec le temps à ne plus ressentir la douleur des coupures ... et même si je les sens, c'est toujours moins douloureux que celle qui me comprime le c½ur.
Mes marques se redessinent lentement alors que j'en crée de nouvelles pour parfaire le dessin de mon démon.
Peut-être verrais-je son visage à la fin.
Peut-être pourrais je comprendre enfin qui il est et ce qu'il me veut.
Peut-être saurais-je enfin quelle est cette chose qui chaque premier septembre me manque.
Alors je continue mon ½uvre, laissant l'inspiration m'envelopper. Plus rien ne compte à part cette fresque à même la peau. Tout le reste a disparu. Pour peu ... mais s'est quand même évanoui. Je souris, narguant le sang qui coule le long de mon bras. Je le domine d'en haut. Je suis enfin le maître C'est moi qui décide pour ça.
Pas ma mère.
Pas mon père.
Pas ma s½ur.
Pas mon passé vide.
Pas mon futur vide.
Moi.



OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Est ce que ça vous plait toujours autant ?
D
es questions ? Surtout n'hésitez pas.
D
es remarques ?

Au chapitre prochain qui s'intitule Tramontane

Pou
r ce chapitre je ne mets aucun minimum de coms. C'est à vous de juger combien vous pensez qu'il mérite. Je vous laisse le libre choix. A vous de voir si vous n'en mettez qu'un ou plusieurs. Et moi je verrais bien alors quand je vous mettrais la suite.

EDIT : Il n'y aura pas de suite avant le week-end prochain. Faudra patienter. Désolé.

Bizouxxx à vous.



Sinièn

Pix : Clé de sol
Musique en écoutance : Fade To Black - Sonata Arctica
# Posté le jeudi 25 octobre 2007 17:58
Modifié le jeudi 24 janvier 2008 04:24

Pour ...

Pour ...
*`¯) *`¯)
.`¯ .`¯) .*`¯)
(_.` (_. . ..`
. . . . . . . .(_.*`¯`*.->



Hallo

Buryme : J'aime bien entretenir le mystère sur ce qui s'est passé.

Lili : Merci de toujours laisser un p'tit mot.


Hilf-miir-leben : En effet j'en ai 6. Merdique ton ordi ... En tout cas, je suis contente que ça te plaise et te fasse rire. Pour la pub, tu peux mais je crois déjà te l'avoir dit.

X-nais-x6 : J'espère que je t'ai pas fait pleurer au moins.


TH-demon-interieur-fic : Alors tu m'a laissé combien de coms là ? Attends, je vais compter. 7. T'es dans ta moyenne, ça va, lol. Je vais te faire une révélation. Je crois pas que j'suis pas une humaine. J'ai des doutes ... mais chut, c'est un secret. Bah, tu vas rien manquer puisque je mets la suite que ce week-end. Tu seras revenue.

Tite-dreameuzz : Pour tes questions, je peux pas te répondre parce que je dévoilerais toute l'histoire dans ce cas.

BopToTheTop : Waou !! Je pensais pas que ce que j'écrivais était si fort au point que tu vives les choses en même temps que Tom. ça me touche beaucoup.

Blackmarketworld : Merci d'être toujours là et de laisser un petit quelque chose ... même si là c'est un peu court. Mais merci quand même.


Laura : Tu n'es pas nulle pour laisser des coms. Tu peux en laisser autant que tu veux et même avec juste écrit "j'adore" ou encore "trop bien" ... enfin tu vois le genre.

Coco : C'est ta préférée ?? C'est trop gentil de ta part, ça me touche vachement trop.


Poison-yaoi-twins-love : Ravie que ça te plaise toujours autant.

Billxtom-Stille : Désolé que t'ai pleuré pour Klaus mais c'est pas finit pour lui, loin de là. En tout cas, merci de me laisser des coms.

Bountyaoi : Tu sais pas quoi dire ?? tu dis ce que tu veux. Tout et n'importe quoi. Moi ça me fera toujours plaisir.

Célia : Je ne sais pas si une telle maladie existe. Mais comme je l'ai dit dans le chapitre 5, c'est une sorte de dégénérescence des nerfs.


X-fur-miich-x : Klaus, c'est bien Gustav mais juste pour le physique ... et encore j'ai fait quelques modifications je crois. Merci d'avoir laissé un com. Je suis contente que tu ai été captivée par ma fic.

Tokio-drive : De rien, si ça peut t'aider à comprendre des proches qui se mutilent.

Th-drey2 : Merci de me laisser un com à chaque fois. je suis contente que ça te plaise toujours autant.

Yaoi-bill-tom-rine06 : Merci de me lire à chaque fois. Tu arrives quand même à dire quelque chose puisque tu m'a laissé plusieurs coms. c'est déjà bien.

Titilover19 : Encore une nouvelle !!!!!!!!!! Bienvenue à toi. Merci de me laisser un com. C'est pas grave si tu ne sais pas quoi mettre tant que tu me laisses un com, moi ça me vas.

Naunau13 : Nouvelle aussi ?? Trop happy !! Merci d'avoir laissé un com.


TwinZest-de-citron : C'es l'invasion des nouveaux lecteurs sur ce chapitre O_o ?? T'es au moins la 3ième si c'est pas plus. T'inquiètes pas on va lui dire à Tom que Bill c'est son jumeaux ...
dans quelques chapitres ...


Miily : Merci pour ton com, ça fait toujours plaisir.


Nina : Merci beaucoup pour ton immense commentaire qui m'a fait chaud au coeur. Quand je te lisais, je souriais bêtement et j'avais quelques larmes qui coulaient sur mes joues, tellement ce que tu m'as dit m'a émue.


Merci à tous pour vos coms.

Vous naimeeeeeeeee !!!!!!!!

Ce soir je poste la suite. Si c'est pas gentil tout ça.


Sinièn
# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:36
Modifié le jeudi 24 janvier 2008 04:25

Chapitre 6 : Tramontane

Chapitre 6 : Tramontane
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Chapitre 6 : Tramontane



J'ouvre la fenêtre et laisse l'air s'engouffrer dans les toilettes. J'inspire un grand coup. D'un geste rapide, je baisse les manches de mon sweat. Puis je vois que mes mains sont tachées de sang. Je vais devant les lavabos et les passe sous l'eau. Je fais face à mon reflet. Une lueur brille dans mes yeux et me fait honte. Je reste quelques secondes à la contempler. Je ne l'aime pas. Elle ne devrait pas être là. Alors je détourne vivement le regard et reporte mon attention sur mes mains.
C'est étrange. Je ne me sens pas comme les autres fois. Je n'ai pas ce sentiment d'évasion qui envahit chaque parcelle de mon corps. Et je crois savoir pourquoi. Parce que pour la première fois j'ai un semblant de raison à mon acte. Aujourd'hui, je sais à cause de qui je viens de faire ça. Je ne sais toujours pas pourquoi, mais la cause m'est évidente.
Bill.
Rien que d'y repenser, mes mains tremblent. Je me ressaisis et le chasse de mes pensées.

Je frissonne. L'hiver arrive à grands pas et l'air de dehors se fait de plus en plus glacial. Je referme la fenêtre. Au passage, je jette un coup d'½il dans la cour. Il n'y a personne. C'est parfait.
Avant de sortir, j'effectue un détour par l'infirmerie pour voir comment va Klaus. Il s'est endormi. Je lui laisse un mot pour qu'il ne s'inquiète pas de ma disparition.

Je cours vers la salle de sport. Elle se trouve au fond de la cour, un peu à l'écart. Elle est entourée de grands arbres qui la cachent un peu. Mais ils cachent autre chose aussi. Je crois que très peu d'élèves le savent. Je me demande même si il y en a, à part Klaus et moi.
Juste à coté du gymnase, le mur qui délimite l'école est un peu défoncé. Quelques pierres ressortent et permettent une escalade assez facile. Il faut juste faire attention aux ronces et orties qui poussent sans retenue. Ce coin de la cour est en fait laissé à l'abandon. Les élèves n'y viennent jamais, l'entrée du gymnase se faisant à l'opposé même. C'est Klaus qui a découvert ce passage l'année dernière. Il cherchait un coin tranquille et a trouvé bien mieux au final.

Je grimpe le long de la paroi, évitant soigneusement les plantes qui s'agrippent à la pierre qui s'effrite par endroit. J'enjambe le mur et saute de l'autre coté. J'atterris dans une ruelle qui pue. Je sors rapidement de cet endroit immonde pour me retrouver dans la rue principale. Il n'y a pas trop de monde à cette heure-ci.
Je me dirige vers le parc du centre ville. Quelques enfants qui ne vont pas encore à l'école jouent. Je les évite du regard, ne voulant pas voir leurs mines réjouies. Moi je ne sais pas ce que ça fait d'être un petit enfant. J'ai oublié ... tout oublié depuis ce jour ... depuis cet accident.
Je m'allonge dans l'herbe parmi les premières feuilles rouges, signe de l'automne, callant mes mains sous ma tête. Le ciel est blanc aujourd'hui. Un blanc pur et parfait. Un blanc à faire rêver.
Une légère brise se lève et un sourire naît sur mes lèvres. Je ne ressens pas le froid, m'étant emmitouflé dans un épais manteau. J'écoute le bruit du vent dans le feuillage des érables et des platanes. Il est mélodieux, un peu grave.

- Bonjour toi. Comment tu vas ? Je demande dans un murmure inaudible.

Une bourrasque plus forte vient me caresser le visage.

- Moi aussi je suis content de te revoir. ... Tu m'as manqué aussi. ... Comment je vais ? Comme les autres jours je dirais. ... Dis, je t'ai vu cette nuit avec ton âme-s½ur. Vous étiez beau. ... Je sais. J'espère juste qu'elle, elle me vera. ... Oui. Toujours. ... Un peu plus fort je dirais ... et en même temps moins. Je sais pas c'est si étrange ce qui m'arrive ces derniers temps. ... Oh non, je ne veux pas t'embêter avec ça. ... Pourquoi tu es le seul à m'écouter comme je le veux ? ... Oui, probablement. ... Je sais pas. C'est lui. Tout en lui. J'ai peur tu sais. ... Peur de ce que je vois. C'est moi sans être moi. Et je suis lui sans être lui. J'ai parfois l'impression de tout savoir de lui. Alors qu'en fait je ne sais rien. ... Je ne connais pas ce sentiment. ... Tu crois ? ... Comme Klaus ? ... Je n'aime pas le nouveau. Je l'ai trop vu. Il m'effraie maintenant. ... Je sais pas. C'est si soudain. Je ne suis pas prêt. ... Tu me rassures vachement là. ... Bien. ... Au revoir.

Le vent qui s'était levé, disparaît. Un rayon de soleil perce les nuages qui recouvrent le ciel. Je reste là, à contempler la magie qui s'opère au dessus de moi.

- Il est presque midi Otilie. Tu viens. On rentre.

La jeune femme qui vient de parler se lève et tend la main qu'une petite fille rousse s'empresse de prendre. Sa menotte accrochée à celle de celle qu'elle appelle maman, la petite fille me sourit timidement en passant devant moi.
Je me relève. J'ai raté tous les cours de la matinée et je vais devoir rattraper mais maintenant je me sens d'attaque pour retourner en classe. Avec un peu de chance, Klaus ne sera pas parti. Je retourne devant le lycée. Les deux grandes portes s'ouvrent et une foule de jeunes affamés et hystériques sortent dans un brouhaha assourdissant.
Je m'adosse contre le mur, juste à coté de l'entrée. Quelques minutes plus tard, une personne s'installe de la même manière que moi, mais de l'autre coté. J'arrive à sentir son odeur jusque là.
Épicée.

- J'ai faim !!!!!!!!!!! Me crie Klaus qui vient de se planter devant moi.

Je me redresse et attrape mon sac qu'il me tend.

- Fais pas ton molasson, dit il en sautant sur place. Je crève la dalle moi !!! Tu comprends ça me creuse toutes ces histoires. Mais t'es bien lent ce midi. T'as fait quoi dehors pour être si mou ?

J'ajuste mon sac sur mon dos et commence à avancer. Si je prends autant mon temps c'est parce qu'il me regarde. Et je l'avoue, ça m'a manqué. Alors la moindre seconde supplémentaire est accueillie avec bonheur.
Je marche lentement, prétextant une foulure à la cheville. Mais finalement je n'ai pas besoin de faire semblant puisque je me la tors vraiment quelques mètres plus loin alors que je ne regarde pas où je marche. Tout ça parce que je préfère me concentrer sur ce regard posé sur moi.
Mon c½ur bat la chamade dans ma poitrine. Mais j'ignore si c'est dû à la douleur qui envahit ma cheville ou à ce regard qui me transperce. Et je ne cherche pas à savoir car seule la sensation m'importe. Je m'arrête quelques instants contre le mur du lycée pour me reposer ... et aussi pour profiter de ces instants avec lui.

- Non mais quel con !! Je te jure quel con !! Il se foule une fois la cheville et il trouve pas mieux que de se la refouler !! S'exclame mon ami en faisant de grands gestes. Tu y crois toi hein !? Il l'a fait exprès, c'est sûr !? Hein il l'a fait exprès !! Attrape t'il un élève de seconde qui n'avait rien demandé.

Le pauvre garçon acquiesce de la tête et s'enfuit en courant, terrorisé par la tête que fait Klaus.

- J'ai faim !!!!!! Hurle t'il dans toute la rue.

Les quelques élèves encore présents devant le lycée se retournent et nous dévisagent. Pour moi, ce sont des regards admirateurs de la part des filles et pour Klaus se sont des regards de dédains. Mais tous ces yeux rivés sur moi ne m'intéressent pas. Seul celui de Bill compte.
Je tourne la tête vers lui et croise deux prunelles presque noires. Je n'arrive plus à m'en détacher. Je sais qu'à coté de moi, Klaus crie et trépigne mais je ne peux plus reporter mon attention sur lui ... c'est Bill qui l'a maintenant.
Le vent se lève doucement et fait virevolter ses longs cheveux devant son visage. C'est d'une beauté à couper le souffle. Je me surprends à l'admirer.

- Je sais qu'il est beau mais arrête de le reluquer comme ça. Je suis jaloux, me dit Klaus en se mettant devant moi, rompant le contact visuel avec Bill.
- Gné ?
- Ben oui, tu regardes un autre garçon que moi. Je suis jaloux.


Je rigole. Celui là, toujours des conneries à dire. Je reprends appui sur mes deux jambes. La blessure n'est pas bien grave. Je peux marcher aisément. On se met en route vers notre snack habituel. Là-bas, Klaus prend trois sandwichs et une part de tarte à la fraise. Moi, je grignote un peu dans ce qu'il a prit. Je n'ai pas très faim. Notre heure de pose se termine et l'on retourne en cours.
Tant mieux, parce que ma cheville n'aurait pas pu - ne serait ce qu'une minute - suivre Klaus dans sa découverte des ruelles sordides. Au moins en cours, je peux la reposer.

Cette après midi, j'ai une heure de maths, heure à laquelle je vais digérer et ne rien faire car je comprends tout ; deux heures d'anglais, là, je sens que je vais m'énerver tout seul contre mon cahier ; et enfin une heure d'histoire, l'Ère Showa et son économie ... enfin je crois. Un programme haut en couleurs !!!!
Mais au moins pendant tout ce temps, quand mon esprit est occupé à déchiffrer des mots qui ne signifient rien, il ne pense pas à ce doute qui s'insinue en moi. ... Enfin il essaye car c'est plutôt difficile quand il sent le regard de Bill. Je me demande ce qu'il cherche comme ça. Qu'est-ce que me fixer lui apporte ?

J'ai bien vu à la récrée qu'il aurait aimé venir me parler mais le regard que lui lançait Klaus l'en a dissuadé. Il me l'a dit ; il le hait même si il est fou de son corps. Moi je sais pas. Je suis sûr que je ne le hais pas. Mais je ne peux pas dire que je l'aime parce que j'ignore ce que ça veut dire. Je crois que je l'apprécie ... un peu.

La journée est enfin finit. Et elle s'est terminée dans de très mauvaises conditions. Une fille, horrible en plus, s'est jetée sur moi dans l'escalier me criant dans les tympans qu'elle m'aimait ou je ne sais trop quoi. Pour ne pas tomber, j'ai dû me rattraper sur mon pied gauche qui me faisait déjà mal. Du coup ma foulure s'est aggravée et transformée en entorse. La fille en question a, par chance, été emportée par la foule des autres élèves pressés de sortir.
Et pour la première fois, je regrette que Klaus ne rentre pas en même temps que moi. Il aurait pu m'aider au moins.

Je clopine donc dans la cour, avançant moins vite que ne le ferait un escargot. Mon sac me gêne, manquant de me faire chuter à diverses reprises.
Ça y est je suis dans la rue. J'ai bien dû mettre cinq minutes pour traverser la cour qui se fait en temps normal en trente secondes. J'inspire un grand coup et lève la tête vers le ciel.

- Souffle dans le bon sens s'il te plait. J'en ai vraiment besoin ce soir, je supplie le vent.

Je reprends ma marche qui ressemble plus à celle d'un ivrogne qu'à celle d'un ado. Je suis tellement concentré sur ma démarche que je ne me rends pas compte que quelqu'un me suit. Ce n'est que quand cette personne se met à me parler que je réagis.

- Tu veux de l'aide ?

Je sursaute et me retourne. Je ne suis qu'à moitié étonné de me retrouver face à Bill. Il ne me lâchera donc jamais.
Je reprends mon avancée laborieuse, feintant l'ignorance.

- Je t'ai prit les cours de ce matin. Comme ça t'aura pas à demander à quelqu'un pour les rattraper. La prof de français a rendu les devoirs sur Proust de lundi. Elle m'a dit de te dire qu'elle était pas très contente ... que ... qu'elle attendait plus de toi. Enfin, tu verras ça avec elle.

Le devoir. Tu parles, c'est pas moi qui l'ai fait. C'est normal. Mais en même temps si je l'avais vraiment rédigé, j'aurais sûrement eu une note plus désastreuse ... tout ça parce que j'ai oublié.

- Cette fille était un vrai monstre.

Hein ? Il me parle de quoi là. J'hausse un sourcil interrogateur.

- Celle qui s'est jetée sur toi dans l'escalier. Elle était folle.

Mais il m'observe tout le temps ou quoi !!?? Personne n'a remarqué ce qui s'est passé sauf lui. Il passe sa vie à me regarder. Il fait une fixation sur moi ? J'ai un admirateur ? Ce serait bien ma veine ça.

- Elle t'a bien amoché. Ta cheville doit être dans un sale état. Et tu n'arranges rien en prenant appui dessus.
- Et je fais comment pour avancer ?


C'est vrai ça. J'ai pas trop le choix. Faut bien que je rentre chez moi. J'attends une réponse de sa part. Il baisse les yeux, fixant ses doigts qui s'entremêlent. On dirait qu'il n'ose pas donner sa réponse.

- Euh ... ben ... puisque je suis là ... enfin ... tu ... j'aurais ... j'aurais pu ... euh ... j'aurais pu ... te porter, finit il sa phrase difficilement.
- Pardon ?
- Oui je veux bien t'aider. Je t'aurais bien épaulé mais je pense que ça ne t'aiderait pas vraiment. Il faudrait quand même que tu prennes appui sur ta cheville. Et là, il ne faut surtout pas. Sinon tu auras une atèle, des béquilles pendant longtemps et puis sûrement de la rééducation avec un kiné
, débite t'il d'une traite.

Je le regarde avec de grands yeux. Porter ? J'ai mal entendu ça doit être ça. Le vent n'arrête pas de souffler depuis tout à l'heure. Il m'a à moitié bouché les oreilles. Ça doit être ça. C'est ça même !!! Je reprends mon avancée, bien laborieuse, faut l'avouer.
Oh non !! C'est vraiment pas ma soirée. Voilà que le vent me fait face. J'ai dis dans le dos, pas dans la gueule. Ça ne m'aide absolument pas là.
Je lutte comme je peux pour avancer mais ce n'est vraiment pas facile avec ces bourrasques.
Soudain je sens deux bras m'emprisonner. Un dans mon dos et l'autre sous mes jambes. Et hop ! Me voilà dans les bras de Bill.
Je me mets à me débattre et à crier.

- Lâche moi !!! Non !!! Repose moi !!!!
- Tom !!!
Dit il d'un ton sec.

Je me tais et cesse tout mouvement. Il me fait peur là. Il a dit mon nom d'une manière si autoritaire. Je baisse la tête. J'ai envie de pleurer.

- Je ... excuse moi d'avoir crier, me chuchote t'il. Mais si je ne fais rien, je vais me faire passer un savon et j'ai pas trop envie. Tu veux bien alors ?

Sa voix est si douce et si gentille. Ça contraste trop avec celle d'il y a quelques instants. On ne dirait pas la même personne. J'acquiesce de la tête mais la garde baissée.
Il me positionne un peu mieux dans ses bras et avance.

Je suis contre son torse. Son c½ur bat vite. Mais c'est une belle mélodie. Elle me berce presque. Je sens sa chaleur m'envelopper. Et son odeur qui se colle à ma peau. J'inspire pour la mémoriser une fois de plus. Épicée.

Le vent continu de souffler de plus en plus fort, nous faisant toujours face. Mais je ne peste plus contre lui. Je le remercie même. Car à cause, ou plutôt grâce à lui, Bill a du mal à avancer. Il va donc très lentement. Et même si ce n'est que quelques minutes en plus, je les accueille avec joie.
Je ne sais pas pourquoi mais je me sens bien, là contre lui. Pourtant je hais les contacts. Mais avec lui c'est différent. Et la tramontane qui nous entoure m'apaise encore plus. Une sphère d'air chaud et froid, doux et violent, montagneux et marin nous enveloppe, créant une bulle où nous ne sommes que deux ... Bill et moi.
Je ferme les yeux et me surprends même à me blottir d'avantage contre lui.

- Qui ça ? Je le questionne.
- De quoi qui ça ?
- Qui va te passer un savon ?
Je demande en relevant la tête et en plongeant mon regard dans le sien.

Il me sourit tendrement et passe sa main sur ma joue pour écarter un dread qui venait de se poser sur mon visage.

- Un ange qui veille sur nous, me répond il avec un petit air mystérieux.

Je ne cherche pas en savoir plus. Je m'en fou. Je vis le moment présent. Oui, c'est tout ce compte. Là, maintenant ... dans ses bras, contre lui.
Je finis par voir les murs de ma maison et déjà mon c½ur s'alourdit. Je ne veux pas que ça s'arrête.

- Souffle. Souffle, dis je dans un murmure inaudible.

Une énorme bourrasque se met à souffler, exauçant mon v½u. Tellement violente, qu'elle repousse Bill qui tombe à la renverse. Je me retrouve assis sur ses genoux, lui à moitié allongé sur le trottoir. Il se redresse immédiatement, encadrant mon visage dans ses mains.

- Tu n'as rien ? Tu t'es fait mal ? Me demande t'il inquiet.

Ses ... mains ... sur mon visage. Elles sont si chaudes. J'esquisse un léger sourire. Ses yeux s'agrandissent et se remplissent de milliers d'étoiles. Il me rend mon geste en dix fois plus grand. Je crois qu'il aimerait bien me prendre dans ses bras mais il se retient et c'est bien mieux comme ça.
Il se relève et m'aide à me lever.
Je ne suis vraiment plus très loin de chez moi. Une fois debout, je me mets à avancer en me tenant aux murets de nos voisins. Bill reste derrière moi. Je sens son regard posé sur moi qui analyse le moindre de mes gestes. Je crois qu'il a peur que je tombe.
J'arrive enfin chez moi et rentre dans l'allée. Là, ça se corse car je n'ai plus rien pour me tenir. Je pourrais demander à Bill mais je ne le fais pas. Il en a déjà trop fait pour moi.
Finalement, après avoir bien souffert à la cheville, j'atteins la porte. Je la pousse et rentre chez moi sans un regard pour la personne qui se trouve derrière moi. Un courant d'air m'évite à avoir à fermer la porte.
Je m'écroule dans l'entrée, poussant un soupir qui résonne dans toute la maison. Enfin arrivé.

- Ben qu'est-ce qui y a Tom ? Me demande ma mère en me voyant vautré devant la porte.
- Entorse à la cheville.
- Oh mon dieu !! T'aurais dû m'appeler. Je serais venue te chercher. Comment t'as fais pour rentrer ? T'étais tout seul ?
- Non. Le ... Bill ... Bill m'a aidé.
- Et il où maintenant ?


J'hausse les épaules. Ma mère se dirige vers la fenêtre et tire un peu le rideau. Puis elle ouvre la porte. Une énorme rafale pénètre dans la maison et me glace le sang.

- Bill !!! Crie ma mère. Bill !! Viens.

Hein ? Viens ? Mais pourquoi ? Je veux pas moi. Il va tout leur dire. Qu'il m'a porté et tout. Et après ils vont vouloir faire pareil. Me toucher ... je veux pas. Et maman sera peinée que j'accepte qu'inconnu me touche et pas elle. Pas voir. Je refuse de voir tout ça.
Je me mets à quatre pattes et me dirige vers ma chambre. Pas très pratique pour se déplacer mais c'est la méthode la plus rapide avec une entorse. Je suis dans l'escalier quand j'entends la porte d'entrée se refermer et la voix de Bill.
Vite !!! Ma chambre !!!



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On avance un peu là non ?
Vous e
n pensez quoi ?
Vous pensez qui va se passer quoi dans la suite ?
Des
remarques ?
Des
questions ?

Au
chapitre prochain qui s'intitule Passé épicé.
V
ous pensez qui va se passer quoi dans la suite ? Le titre n'est pas choisi au hasard.

Pour ce chapitre, je vais mettre un minimum de coms. Et c'est ... 70. C'est vrai que c'est beaucoup mais je trouve que ce chapitre les mérite amplement. En plus j'ai de nouvelles lectrices donc elles se feront un plaisir de vous aidez (vous mes anciennes llectrices) à atteindre ce chiffre.
P
ar ailleurs, ne vous précipitez pas pour me mettre des coms, car je n'ai même pas écrit un seul mot pour l'instant. Donc laissez moi un peu le temps d'écrire le chapitre 7. Mettre les 70 coms en deux jours ne servirait pas à grand chose car la suite ne serait pas finit.

Biyo
uxxx à vous toutes.
Vous