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Chapitre 2 : Trop de fois

Chapitre 2 : Trop de fois
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Chapitre 2 : Trop de fois



Ma respiration se fait saccadée. Je n'arrive plus à respirer. Et ma main, si proche de l'objet de ma libération, qui tremble. Je panique complètement.
Qu'est-ce qu'il fait ? Pourquoi il se lève ?

- Ça va pas ? Me demande t'il en s'avançant vers moi.

Question conne, réponse conne. Il se rapproche d'avantage. Est-ce que tout est noir ici ? La vie m'a-t-elle abandonnée ? Je ne vois plus que lui.
Lui s'avançant dangereusement vers moi. Lui, me parlant alors que je n'entends plus rien. Lui et ses yeux remplis d'étranges sentiments.

- Qu'est-ce ...qu'est-ce que tu fais là ? Je réussi à prononcer.
- Je suis venu chercher les cours, me répond il comme si ça coulait de source.
- Pourquoi t'étais dans ma chambre ?

Je commence petit à petit à reprendre le contrôle sur moi. Oh, mon envie ne s'est pas dissipée. Elle est toujours aussi présente mais j'arrive à la contrôler ... enfin un petit peu.

- Ta mère m'a dit que je pouvais t'attendre ici, dit il d'un air innocent.
- Vas t'en.

Il ne réagit pas, sûrement surprit de mes paroles.

- Vas t'en !! Je cris un peu plus fort.
- Tom ...tente t'il.
- Vas t'en !!!!! J'hurle pour de bon cette fois, joignant les gestes à la parole.

Je le pousse violemment en dehors de ma chambre que je verrouille. Une fois seul, je me rue sur mon tiroir. Je sors la boite blanche précipitamment et m'inflige la plus belle des tortures.
La lame glisse avec volupté sur mes bras et mes jambes, redessinant un monde parfait ... un monde blanc. Pourtant la seule couleur que je vois est rouge. Au fur et à mesure que ma peau prend cette magnifique teinte écarlate, je soupire de soulagement. Je n'ai plus mal, je ne me sens plus mal. Je vole, enfin. Je m'allonge sur le carrelage si froid de ma chambre et écoute les faibles battements de mon c½ur. C'est si reposant, si apaisant. Ce rythme, presque inaudible, régulier. Doucement, je plonge dans mon monde blanc et parfait. J'avance et souris parce que tout y beau. Et soudain, je le vois. Il contraste trop avec mon univers. Ses cheveux noirs, ses yeux noirs, ses vêtements noirs. Mais que fait Bill dans mon monde ?
Ma main retrouve directement la lame et reprend son travail d'artiste, traçant d'autres arabesques plus folles les unes que les autres. Et au fur à mesure, le corps en face de moi s'évanoui. Ce n'est qu'une fois qu'il a complètement disparu que je me sens soulagé.
Machinalement, je vais sous la douche et lave mon corps. Ce n'est qu'une demi heure plus tard que je me décide à sortir de sous l'eau. Je regarde l'heure. Ma s½ur est sortit de ses cours depuis un quart d'heure. Elle ne devrait plus tarder à arriver.
J'ai toujours un peu l'espoir qu'elle ne s'en rendra pas compte.
J'ai un peu faim alors je descends à la cuisine. Apparemment, Ellana est déjà arrivée et parle avec maman.

- Ce n'était peut-être pas une bonne idée, dit ma mère.
- On a accepté. On savait qu'il y avait des risques, répond Ellana.
- Mais il aurait quand même pu attendre ... un peu.
- Comprends le. Ça fait dix ans quand même. C'est long pour lui.
- Tu as raison. Mais va falloir surveiller Tom. J'ai peur pour lui.
- T'inquiète. Je lui ai promis.


Qu'est-ce que j'ai fais ? Pourquoi me surveiller ? Est-ce qu'Ellana aurait tout dit à maman ? Tout sauf ça. Pitié, je ne supporterais pas de la voir se faire du souci pour moi.
Je débarque comme un fou dans la cuisine et attrape ma s½ur par le bras. Je la tire jusque dans le salon où je me plante devant elle. Mon regard est noir, rempli de colère.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Rien sur ce que tu crois. On parlait d'autre chose.
- Et de quoi parliez vous ?
- Un truc sur tes études
, me répond elle sur un ton évasif.

Je ne la crois pas mais sais qu'elle ne dira rien alors autant laisser tomber. Mon énervement retombe aussi vite qu'il est venu. Je retourne dans la cuisine où ma mère m'attend, un peu surprise. Je lui fais mon plus beau sourire et prends un morceau de pain.

- Excuse moi de ne pas t'avoir prévenu, me dit elle.
- C'est rien maman. C'est juste que je l'aime pas ce gars. C'est pour ça que je l'ai fait partir.
- Tu ... tu ne l'aimes pas ?
Me demande t'elle, les larmes aux yeux.

J'ai l'impression que c'est à elle que je viens de dire que je l'aimais pas. Je sais plus trop quoi répondre là. Je ne m'attendais vraiment pas à ça. Une engueulade parce qu'il ne faut pas juger les gens avant de les connaître, mais ça ...Alors je préfère être franc avec elle.

- Ben oui. Il ... je sais pas trop mais sa présence me dérange. En plus il me colle et je déteste ça. C'est con, mais c'est comme ça.
- Je ... je comprends
, renifle t'elle.

En tant normal, tout bon fils qui se respecte aurait embrassé sa mère pour la réconforter mais moi non. Elle a eu du mal au début, que je sois si peu enclin à la démonstration affective. Et puis elle s'est faite une raison, tout comme mon père. Il n'y a qu'Ellana qui n'en a fait qu'à sa tête. Et c'est moi qui ai finit par céder ... comme quoi.
Je n'ai pas trop envie de travailler après tout ça mais les études c'est important alors je remonte dans ma chambre. Je ne suis pas surprit de trouver ma grande s½ur assise sur mon lit, un livre en main.

- Il a été méchant ?
- Pardon ?
- Oui, ton ami ... enfin le mec qui était là. Pour que tu te scarifies ...
- Non. Mais c'est pas à cause de lui.
- Tom, tu arrives peut être à tromper tout le monde, mais moi non. Y c'est passé quoi ?
- Rien, c'est ça le pire. Quand je le vois ... je supporte pas. C'est tout.
- Hum. Bon, montre.


J'ai parfois l'impression de vivre un rituel. J'ai mal, je me fais mal, elle regarde que je n'ai plus mal. C'est plutôt ironique comme situation.

Il est presque 22h lorsque je termine enfin mes devoirs. Heureusement parce que je sens que je vais m'endormir sur mes cahiers si ça continue. Je me déshabille et m'enroule dans ma couette.
Mais alors que je viens juste de fermer les yeux, mon portable sonne. Un numéro inconnu. Je décroche quand même, on ne sait jamais.

- Allo ? Dis je d'une voix ensommeillée.
- ...
- Allo. Allo.


Je déteste quand les gens font ça. Ce n'est même pas marrant comme blague. Je vais pour raccrocher lorsque j'entends des sanglots étouffés. J'écoute un petit moment. En effet, la personne qui m'a appelé pleure et essaye de ne pas le faire paraître. Puis elle raccroche. Vraiment bizarre. Mais ses pleurs m'ont atteint. Je sais ce que c'est d'aller mal et ça me fait de la peine. Je me demande bien qui c'est et pourquoi elle pleurait ?
Et lentement, d'une manière vicieuse, invisible, le froid m'envahit ... une fois de plus. Je me recroqueville dans mon lit. Je ne veux pas ... pas encore. Pourtant ça allait un peu mieux ces derniers temps. Qu'est-ce qui se passe ? C'est trop souvent. Je ne tiendrais pas à ce rythme. Je ne veux pas aller plus loin. Mais en même temps ça fait tant de bien que c'est impossible d'y résister.

Je tremble devant mon bureau. C'est si tentant, si proche. Je peux presque l'effleurer du bout des doigts ... ce rêve si blanc. Je tends la main vers la lame posée sur une feuille. Et au lieu de la prendre, j'attrape ma trousse et la jette de toutes mes forces au travers de ma chambre.
Je m'habille rapidement et ouvre la fenêtre. Je saute et tombe lourdement dans le jardin. J'étouffe mes cris en me mordant la main. La douleur calme un peu mon désarroi.
Je me mets à courir vers le seul endroit où je me sens chez moi. Le parc, si beau et que tout le monde trouve moche. Un seul réverbère éclaire le lieu mais c'est suffisant. Je vais directement voir ma fleur. Dès que mes yeux se posent dessus, je me sens moins seul. Ce rouge est vraiment beau. J'attrape un chardon à pleine main et lui découpe une épine. Ce sera parfait.
Mon corps s'allonge lourdement à coté de la plus belle chose qui vit ici. L'épine a trouvé sa place sur ma peau et s'amuse comme une folle. Pas longtemps, juste le temps de me faire quelques traces. J'approche mon bras de la fleur. Quelques gouttes de sang tombent sur ses pétales.
La même couleur.
Je souris face à ce spectacle. Tout en continuant de faire couler mon sang sur son corps parfait, je lui parle de tout et de rien. Je n'écoute même pas ce que je lui dis. Je l'ignore moi-même. Je parle, c'est tout. Mon liquide rouge s'est arrêté de couler. Je stoppe donc mon monologue et souhaite une bonne nuit à la perfection de ma vie.
Et comme à chaque fois où je viens ici, je m'assois sur la vielle balançoire qui grince une fois de plus.
Je me mets à me balancer et le vent me rejoint. Il est heureux ce soir. Son souffle est calme et paisible, presque reposant. C'est la pleine lune. Moi aussi j'aimerais bien avoir quelqu'un rien que pour moi. Quelqu'un qui m'ai fait promesse d'éternité. Malheureusement, seul l'astre blanc et le vent connaissent cette joie. Ils vont si bien ensemble.
Mon portable sonne une fois de plus. C'est Ellana. Elle sait que je suis dehors. Et elle veut que je rentre.
Je lui obéis car je sais que si je ne le fais pas ça va chauffer pour mon grade après. Elle m'attend devant la maison, une cigarette à la bouche.

- Dire que je me ruine la santé pour toi, me lance t'elle.
- Trop aimable.
- Comment veux tu que j'arrête si tu continues tes escapades nocturnes ?
- Je sais pas. Désolé
, dis je dans un murmure avant de rentrer.

Pour pas que ma mère découvre mes sorties, ma s½ur prétexte qu'elle va fumer et que je sors avec elle pour discuter. J'ai honte de ça. Elle veut arrêter et par ma faute elle ne peut pas. Si elle attrapait un cancer des poumons je ne me le pardonnerais jamais. Mais j'ai tant besoin d'aller là-bas. C'est presque aussi puissant que mes lames.
Je vais me coucher et m'endors directement.

Il fait chaud. Je transpire. Mon souffle me manque. J'étouffe. Je me réveille en sursaut, le c½ur battant. C'est horrible. Ce rêve ... je ne me souviens pas des images. Mais les sentiments sont si forts ... comme vécus. Et je n'arrive même pas à mettre de nom dessus.
Ma respiration se calme doucement. Et toujours ce sentiment, ce ressenti en moi qui m'effraie. En même temps j'ai l'impression que c'est stupide d'en avoir peur et qu'au contraire je devrais me laisser envahir et en profiter. Mais je ne le fais pas et me recouche, priant pour ne plus jamais ressentir ça.

Il pleut depuis ce matin et ça n'a pas l'air de vouloir s'arrêter. Je n'aime pas la pluie. Ça mouille ... logique, les vêtements collent à la peau et les chiens puent. J'ai réussi à épargner mes habits qui ne sont quasiment pas trempés. Mais je n'en dirais pas autant d'un autre qui dégouline de la tête aux pieds. Bill n'a pas prit de parapluie apparemment et est arrivé en cours tout mouillé. Toutes les filles se sont mises à baver et depuis le début du cours, Klaus ne l'a pas quitté des yeux.

- Arrête de baver, lui dis je.
- C'est ça où je joui dans mon pantalon.
- T'en que tu fais pas de bruit.
- Je risque de gémir son prénom.
- Alors bave.


Et il retourne à sa contemplation. J'ai l'habitude avec lui. Le peu de gens qui surprennent nos conversations prennent souvent peur et croient qu'on est fou. Peut-être qu'on l'est ... pour être encore ici.
Les gouttes d'eau martèlent les vitres. La pluie s'intensifie. Puis un bruit sourd, un grondement suivi d'un éclair.
Je sursaute. J'ai peur. J'ai toujours eu peur de l'orage. Pas du bruit, pas de la foudre. C'est quelque chose d'autre, de plus effrayant, d'invisible mais qui m'enserre le c½ur et l'étouffe.
Ma main trouve refuge sur la cuisse de Klaus et se crispe. Mon ami pose la sienne juste à coté. Savoir sa main non loin de la mienne me rassure un peu. Je pourrais toujours la serrer si ça ne va vraiment pas.
Par chance, la colère du ciel se dissout et laisse place à un timide soleil.
Je soupire de soulagement, mes muscles se relâchant lentement. Mais je sens que quelque chose ne va pas. L'air autour de moi est tendu, comme si l'orage n'était pas passé. Je tourne la tête vers ce qui semble être l'origine de la tension et mon regard tombe net sur Bill qui me fixe.
On dirait qu'il s'inquiète pour moi. Est-ce que j'étais si crispé que ça ? A-t-on vu que j'avais peur ?
Il me sourit et baisse les yeux en se mordant la lèvre inférieure, comme en enfant prit en flagrant délit de vol de bonbons. Pourquoi j'ai l'impression qu'il ne me voit pas comme les autres ? J'ai besoin d'explications.

Lorsque la récrée sonne, je me précipite sur lui, l'attrape par le bras et l'emmène dans un coin de la cour tranquille.

- Tu veux les cours ? Tu les auras ! Je m'énerve tout seul. Mais après tu m'oublies !! Comprit ?
- Non
, me répond il d'un ton calme.

J'ai pas prévu qu'il me réponde ça. Je sais pas quoi répliquer. J'aime déjà pas parler alors pour ce qui est des réponses cinglantes, je suis pas le champion.
Je le regarde, ahuris et ne trouve pas meilleur moyen que de m'enfuir en courant. Je ne sais pas comment être avec lui. D'habitude c'est si simple. Je suis froid, distant, un peu méchant pour les vrais pots de colle et on finit par m'oublier. Mais lui ... avec lui, ça fait tout l'effet inverse. Plus j'essaye de mettre de distance entre nous et plus il s'accroche à moi. Que me veut il ?

Je cours dans la cour et cherche Klaus du regard. Il est dans un coin tout seul, une cigarette à la bouche. Je me rapproche de lui aussi vite que je peux et ce n'est qu'une fois que nos regards se croisent que je me sens mieux.

- Tu lui as tapé dans l'½il on dirait, rigole t'il. Dommage que ce soit pas moi. Parce que c'est pas avec toi qu'il va grimper aux rideaux.
- Je le hais
, dis je en reprenant ma respiration.
- Moi aussi.

Il tire comme un acharné sur sa clope, comme si ça vie en dépendait. Je sais pourquoi. Il n'a pas prit sa dose ce matin et le manque se fait ressentir. Il aime bien ressentir le manque, être dans cet état de désarroi total. Parfois il arrive à tenir la matinée. Mais là, j'en doute. Et je pari qu'il n'a même pas prit de drogue sur lui.
Il va pour prendre une autre cigarette quand je le stoppe.

- Tu peux sortir je te couvrirais.
- Gné ?
Me dit il avec son air d'idiot.
- Je te connais Klaus. Plus que tu ne le crois. Alors va dehors et prend ... une bonne bouffée d'air frais.

Il me regarde perplexe. Je ne lui ai jamais montré que je savais pour la drogue. Mais ces derniers temps, il a augmenté les doses et son envie se fait plus dur. Si il ne va pas en prendre une maintenant, il fera une crise en cours et je n'ai pas envie de voir ça. Je sais très bien que faire des insinuations nous poussera sûrement à en parler mais ce n'est peut-être pas plus mal.
Je lui souris chaleureusement et le pousse gentiment pour qu'il réagisse.

- On va devoir parler ? Me demande t'il, les yeux tristes.
- J'aime pas parler. Tu devrais le savoir.
- ... Merci
, chuchote t'il avant de sortir en douce du lycée.

C'est déjà la fin de la pose. J'ai deux heures de français. Qu'est-ce qui m'a prit de prendre littéraire ? Je déteste le français mais c'est vrai que je suis bon ...
Je rentre en classe et retourne à mon habituelle place. L'emplacement vide à coté de moi m'inquiète un peu. J'espère qu'il ne fera pas trop de conneries. Je vais pour poser mon sac sur la chaise quand une personne prend sa place et pose ses fesses dessus. Je relève la tête pour voir le visage de cet intrus et n'est qu'à moitié surprit en croisant deux yeux cernés de noirs. Il s'assoit et sort ses affaires. Je ressens cette tension comme à chaque fois qu'il est trop prêt. Vais-je tenir pendant deux heures ? J'espère.

Il est vraiment trop prêt de moi. Je sens son parfum épicé, vois chacun de ses gestes, chacune de ses expressions, entends le moindre de ses soupirs. Et à chaque fois c'est une torture, une écorchure à vif. Mais celle là ne me soulage pas. Au contraire, c'est un appel à la lacération libératrice.
Au bout d'une demi heure je n'en peux plus. J'ai presque envie d'en pleurer tant ma souffrance est grande.

- Pourquoi ? Je soupire.
- Pourquoi quoi ? Me demande t'il.

J'ai parlé tout haut ? Oh non. Il va vouloir engager la conversation. Pas ça. Si il me parle, je n'arriverais pas à me retenir. Et j'ai peur que les résultats ne soient pas beaux à voir.

- Pourquoi quoi ? Répète t'il en me fixant.

Son regard me transperce de toute part. Un haut le c½ur me prend. Ma vue se brouille. Il fait si froid. Je ne retiens plus mes larmes. On parle autour de moi mais je ne comprends pas. Je sens juste deux mains, douces et chaleureuses m'aider à me relever.
Quand je commence à reprendre conscience de ce qui m'entoure, je m'aperçois que je suis assis par terre dans les toilettes. En face de moi, deux pieds et deux jambes m'indique que je ne suis pas seul. Mais je sais déjà qui est l'autre. Il y a son odeur tout autour de moi qui m'empêche de respirer correctement.
Il s'accroupit et plonge son regard dans le mien. Je détourne rapidement les yeux.

- Je sais que tu ne m'aimes pas vraiment mais je suis là si tu as besoin.

Un rire nerveux me prend. Je n'arrive même pas à le contrôler

- Pourquoi tu ris ?
- Pas vraiment ? Je te hais, oui
, dis je d'un ton rempli de colère.
- Et pourquoi ?

Il m'exaspère. Je viens de lui dire que je le hais et lui se contente de me demander pourquoi sur un ton gentil. A croire que quoi que je lui dise, il ne s'énervera jamais. Je pourrais même l'insulter qu'il continuerait à être gentil. Mais pourquoi est il comme ça avec moi ? Rien qu'avec moi ... Parce qu'il a déjà crié, engueulé des élèves de la classe. Il s'est imposé et a montré qu'il pouvait se faire respecter. Mais moi ... avec moi, il est tout autre.

- Pourquoi moi ? Qu'est-ce que je t'ai fais ? Dis je dans un murmure.
- Parce que j'ai envie de te connaître ... d'être ami peut-être.
- Non
, dis je en me relevant. Je te hais, même si tu ne m'as rien fait. C'est comme ça. Jamais. Toi ... moi ... c'est impossible.

J'ouvre le robinet d'eau pour m'en passer sur le visage. Je vois un petit bout de verre à coté du lavabo. Je le fixe, il m'appelle. Je ne peux pas résister à l'envie de le prendre et de me couper avec. Alors toute en subtilité, ma main dérive et le rencontre. La coupure est immédiate. Sa chaleur m'envahit doucement. Je regarde ma paume et l'entaille en son centre. Elle est petite et saigne à peine. Ce n'est pas grand chose mais toujours mieux que rien. J'en ai même oublié la présence de Bill. Ce n'est que lorsqu'il parle que je me rappelle.

- Tu peux dire ce que tu veux ... mais je ne baisserais pas les bras. Pas cette fois
, finit il dans un murmure. Quoi que tu me fasses, que tu me dises, je serais toujours là. Faudra t'y faire. Et puis ... mais tu saignes !!! S'exclame t'il.

Non sans blague ? J'avais pas vu.
Je vois sa main s'approcher de la mienne, sûrement pour regarder, voire soigner. Mais, d'un geste vif, je la rapproche de mon torse, mettant mon autre main par-dessus comme pour la protéger. Qu'il me parle, me regarde mais ne m'enlève pas mon monde. Mes yeux sont suppliants.
Mon geste l'a stoppé et probablement surprit. Il hésite, surtout après avoir plongé son regard dans le mien.

- Nous deux ça commence juste, me dit il avant de sortir des toilettes.

Je soupire de soulagement. Je reporte mon attention sur ma plaie, la caressant du bout des doigts. Les frissons qu'elle me procure me soulagent progressivement. Un sourire naît sur mes lèvres. Je décolle.



OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Rah, je sais pas trop comment vous allez le prendre ce chapitre. Je sais pas trop si j'ai réussi à décrire Tom, Bill et Klaus comme je les vois.
V
ous en pensez quoi ?
Vous les voyez comment vous ?
De
s remarques ?

Au chapitre prochain qui s'intitule Klaus (je l'aime trop mon Klaus !!!)

EDIT : Si lecteurs laisser beaucoup commentaires, auteur être très gentille et poster suite. Auteur veut beaucoup com. Auteur sadique veut 30 commentaires ... niark niark niark.



Sinièn


Pix : Orchis vanille
Musique en écoutance : Me Vendre Aux Diables - Julien Lamassonne
# Posté le lundi 15 octobre 2007 08:14
Modifié le jeudi 24 janvier 2008 04:20

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